La nomination du proche d’Emmanuel Macron à la tête du Conseil constitutionnel a été approuvée à une voix près par les commissions des lois du Parlement le 19 février. La patronne du RN justifie le choix de son parti avec des arguments surprenants.
On peut souvent mesurer la force d’une conviction à la qualité de son argumentaire. Voyons donc un peu la ligne de Marine Le Pen concernant le Conseil constitutionnel et la nomination de Richard Ferrand à la présidence de cette prestigieuse institution. Sur CNews ce jeudi 13 mars, la cheffe des députés RN évoque l’abstention de ses ouailles, fin février, lors de la validation par les parlementaires de la nomination de Ferrand. Pourquoi un tel choix alors que la nomination s’est jouée à une voix près ? On sait que Ferrand a fait passer des messages apaisants pour la leader de l’extrême droite. «Son entourage au RN confirme avoir été contacté par quelques émissaires se disant proches de Ferrand, assurant qu’il ne voulait pas la guerre», écrit en effet Libé.
Sur CNews, Le Pen confirme indirectement des échanges : «Nous avons posé la question à Richard Ferrand : quelle est votre vision du Conseil constitutionnel ? […] Il nous a répondu : “Je considère que le Conseil constitutionnel ne doit être ni un législateur, ni un constituant.”» Mais elle l’assure : elle n’a passé aucun accord avec Ferrand alors que le premier dossier sur lequel pourraient se pencher les «sages» serait l’éventuelle inéligibilité de Le Pen en cas de condamnation, le 31 mars, dans l’affaire des assistants parlementaires FN. «D’ailleurs, je ne passe jamais aucun accord et particulièrement quand cet accord aurait vocation à me concerner, jure Le Pen. Ce n’est pas ma morale, ce n’est pas ma philosophie. Donc je laisse l’extrême gauche à son complotisme. Et quand je dis extrême gauche, j’inclus Libération, le Monde, etc.»
Balle perdue
En l’espèce, on est loin d’un argumentaire fourni. Mais heureusement, Le Pen a une carte en main pour expliquer pourquoi son camp n’a pas bloqué Ferrand. «Compte tenu du fait qu’Emmanuel Macron a parfois des idées folles, on aurait pu avoir Aya Nakamura présidente du Conseil constitutionnel, madame Taubira ou je ne sais qui d’autre», avance-t-elle. Une balle perdue pour la chanteuse sortie de nulle part. On se demande bien pourquoi…
Cette attaque avait déjà été usée par la fille Le Pen la semaine dernière, auprès du Figaro. «L’abstention du RN tient au fait que, quand Emmanuel Macron a proposé ce nom, j’ai presque été soulagée, car je m’attendais à Aya Nakamura, ou je ne sais quelle autre idée folle, détaillait-elle au quotidien. Si Richard Ferrand avait été retoqué, le Président aurait ensuite choisi un candidat compatible avec la gauche et l’extrême gauche. Nous avons donc choisi la “moins pire” des options.» Elle n’évoquait pas la question posée à Ferrand, comme elle l’a admis sur CNews ce matin. Il y a donc de l’évolution dans l’argumentation. Coïncidence ? Les révélations de Libé sur les échanges entre les deux camps sont survenues deux jours après l’interview au Fig.
https://www.liberation.fr/politique/pou ... RHHNHGTZI/
Merci à Marine le Pen de m'apprendre que Libération Le Monde etc...sont des médias d'extrême gauche.
