Présidence de LR : entre Retailleau et Wauquiez, la chasse est ouverte

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Corvo
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Présidence de LR : entre Retailleau et Wauquiez, la chasse est ouverte

Message par Corvo »

Moi si j'étais un âne de ces chasseurs qui tirent sur tout ce qui bouge je me méfierai. :siffle:

Tandis que le ministre de l’Intérieur, profitant de sa popularité, engrange les soutiens en vue du congrès du parti Les Républicains en mai, son adversaire, à la tête du groupe, se prépare à «un combat à mort».

Il s’en amuse encore. Novembre 2012, en pleine campagne pour la présidence de l’UMP, l’ancêtre du parti Les Républicains (LR). Téléphone vissé à l’oreille, Jérôme Lavrilleux déambule dans les couloirs du siège, code électoral et dossiers rouge pétant sous le bras, annotés de l’inscription «Nice 06». Le manège, purement factice, alimente les fantasmes de la presse et les soupçons de fraudes dans les Alpes-Maritimes. Il vise le Niçois Eric Ciotti, alors directeur de campagne de François Fillon. Lavrilleux, lui, pilote celle de Jean-François Copé. «Il n’y avait strictement rien dedans, racontera plus tard Lavrilleux dans la Haine (éd. Fayard, 2019) de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Que des papiers pris dans ma poubelle pour le tri sélectif !»

La guerre des ténors chez LR, c’est ça : bluff, gloriole et trahison. Une marque de fabrique. La droite a l’âme bonapartiste. Sans chef, elle erre. Depuis le ralliement d’Eric Ciotti, l’ex-patron du parti, à Marine Le Pen en juin 2024, la formation gaulliste navigue à vue. En mai, quand les adhérents seront appelés aux urnes, le parti fêtera les dix ans de l’appellation LR… Une décennie de dégringolade électorale, de flottement idéologique, d’absence d’incarnation. Abonné aux scores confidentiels depuis la défaite de Fillon en 2017, le parti a pourtant retrouvé un peu d’air avec l’éphémère passage de Michel Barnier, l’un des leurs, à Matignon. Rabougri, le gâteau LR est aujourd’hui convoité par Laurent Wauquiez, qui a replongé dans le bain de la politique nationale après son élection, en juin, comme député de la Haute-Loire. Et par Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, figure la plus en vue du gouvernement Bayrou.

Publiquement, les deux écuries décorrèlent ce scrutin interne du choix du candidat pour 2027. La campagne tourne pourtant autour de cette tradition à droite : celui qui s’empare de la machine partisane porte le brassard pour la présidentielle. «Autour d’une figure comme Bruno, on peut refaire l’UMP», rêve un lieutenant du Vendéen. Quant à Wauquiez, longtemps vendu comme le candidat «naturel» de son camp, «il joue sa survie», estime un ancien député LR : «Pour lui, c’est un combat à mort.» Résumé de l’affiche par un conseiller de droite : «Deux personnalités qui n’ont pas le droit de perdre : Retailleau est en pleine ascension ; Wauquiez est très abîmé.»

«La duplicité et le mensonge»
Entre les deux hommes, le début de campagne est abrasif. En cause, notamment, une prétendue garantie donnée à Wauquiez par Retailleau il y a quelques mois. «Je te soutiendrai pour la présidence des Républicains.» C’est la phrase qu’aurait glissée le ministre de l’Intérieur au patron des députés LR, selon l’entourage de ce dernier, en marge d’un déplacement en Haute-Loire en novembre. L’annonce de candidature de Retailleau, mi-février, sonne Wauquiez. «Il n’imagine pas que le mec puisse être à ce point dans la duplicité et le mensonge», rembobine son entourage. Feinte, «l’amitié» surjouée devant les caméras cet automne se fracasse. «Depuis Balladur, tout le monde sait que les pactes, ça ne tient pas…» rapporte Lavrilleux. A droite, la mémoire de la lutte fratricide entre l’ex-Premier ministre et Jacques Chirac pour la présidentielle de 1995 est vivace. Une même histoire de répartition à l’amiable des responsabilités, entre Matignon et l’Elysée, de sondages flatteurs et d’une popularité grandissante pour Balladur. «Wauquiez voulait un vote par acclamation à la romaine, note aujourd’hui un cadre LR. C’est autant un match pro-Retailleau qu’un front anti-Wauquiez.»

De fait, l’ancien sénateur de Vendée emmagasine les soutiens des barons (Xavier Bertrand, Jean-François Copé, David Lisnard, Gérard Larcher), tous plus intéressés les uns que les autres. «Retailleau joue l’opinion, relève-t-on autour de Wauquiez. Laurent va faire une campagne de cantonales.» L’équipée wauquiézyste prévoit entre 120 et 140 réunions publiques. «Il va chercher les militants un par un, vend un stratège de sa campagne. Il ne va faire que ça du matin au soir. C’est ça, son côté bête féroce.» «Wauquiez est aimé des militants», reconnaît le patron d’une grosse fédération.

Son clan a chargé des «prescripteurs» – cadres, élus locaux ou parlementaires – de gonfler les adhésions au maximum d’ici au 17 avril, date limite pour pouvoir prendre sa carte et voter le 17 mai. «C’est une campagne de cartes», convient une élue. Le nerf de la guerre ? Le fichier des adhérents, document le plus sensible et le plus protégé du parti, plus encore depuis les irrégularités dévoilées par Libération en 2022, après la primaire pour la présidentielle. Déjà candidat face à Ciotti pour ce scrutin, Retailleau l’a gardé bien au chaud. S’y ajoute celui de son microparti, Force républicaine, hérité de Fillon. Autour du Vendéen, personne n’est dupe : Wauquiez dispose, lui aussi, des tableurs Excel comportant noms et adresses des potentiels électeurs LR. Un familier de l’appareil ajoute : «C’est un scrutin électronique. Celui qui tient le parti tient le scrutin. Il connaît le prestataire, etc.» Au siège, la haute autorité, une instance du parti présidée par Henri de Beauregard, veille aux fraudes.

«Le militant vote pour un sentiment»
Omniprésent médiatiquement, Retailleau s’appuie, lui, sur sa soudaine popularité pour dorloter le cœur des militants. Lui-même s’étonne de ces sondages séduisants. «Est-ce que c’est moi qui ai changé ?» demande-t-il à un proche en janvier. Si son entourage vante lui aussi un travail de «dentelle» auprès des électeurs LR, à coups de phoning et mailing XXL, le candidat-ministre abat la carte de l’action et du bilan – comme Sarkozy en son temps – à la tête de son ministère. Algérie, immigration, arrestation de délinquants… A Beauvau, Retailleau carbure à l’actualité. «Quand il y a une volonté, il peut y avoir des résultats», lançait-il jeudi 27 février au soir dans une salle comble, à Lille, balançant des chiffres sur les titres de séjour ou les expulsions. «Le militant vote pour un sentiment, pose Philippe Juvin, député des Hauts-de-Seine. Qui a la possibilité d’incarner l’action politique ?» «Retailleau donne aux militants le sentiment de pouvoir gagner un jour une élection, complète l’ancien député Pierre-Henri Dumont. C’est l’odeur de la victoire.»

Favori de ce début de campagne, le Vendéen sait que son maroquin ministériel est à la fois un atout et un angle d’attaque pour le camp Wauquiez. Il prend la lumière des caméras, mais doit composer avec les macronistes, sous la houlette d’un Premier ministre sans majorité à l’Assemblée. Le Rassemblement national donne du grain à moudre à son rival, en le dépeignant «condamné à être le ministre de la parole», selon la formule de Jordan Bardella. «Retailleau s’assoit tous les mercredis en Conseil des ministres avec d’anciens socialistes comme Elisabeth Borne, François Rebsamen, et il fait campagne soutenu par la sphère Bolloré. Les adhérents LR veulent savoir où on habite», plante un soutien de son adversaire. L’entourage de l’ancien sénateur veut y voir au contraire un potentiel salutaire pour élargir son socle, à l’heure où la nécessité d’une candidature unique de la droite et du centre en 2027 s’impose chaque jour un peu plus dans les esprits.

Son adversaire d’Auvergne-Rhône-Alpes, lui, se traîne toujours une vieille image d’insincérité. «Il sait qu’on ne lui pardonne rien, et c’est vrai, rapporte une proche. Mais il passe outre le fait d’être aimé. Il est dans son couloir et il avance.» Un couloir qui, lui non plus, n’est pas si clairement défini. Car pour l’heure, les deux candidats s’affrontent moins sur le fond que dans leur style, leur méthode, et leur relation à l’exécutif. Une donnée cruciale, qui ne dépend que de l’avenir de Retailleau à Beauvau. Et sur laquelle il n’a pas forcément la main. «Il a intérêt à tout donner tant qu’il est là, insiste un visiteur du soir du président de la République, parce qu’à la fin, c’est Marine Le Pen qui va trancher, surtout en cas d’issue défavorable à son procès le 31 mars. Elle ne va pas le laisser engranger éternellement sans rien dire.»

https://www.liberation.fr/politique/pre ... ZAWLXOGMM/
vivarais
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Re: Présidence de LR : entre Retailleau et Wauquiez, la chasse est ouverte

Message par vivarais »

C'est une affaire qui concerne les adhérents LR et non vous et moi
Sauf s'ils ont une fos de plus d'ouvrir la primaire à tout le monde avec une carte d'adhésion à 2 € comme pour fillon et que le gagnant parte avec le pactole
Là il faut dire ; ils avaient fait fort comme piège à cons :mdr3:
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Mesoke
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Re: Présidence de LR : entre Retailleau et Wauquiez, la chasse est ouverte

Message par Mesoke »

"La guerre des ténors chez LR" ... 'tain y'a des anciens politiciens qui se retourneraient dans leur tombe s'ils voyaient la gueule de ce qu'on appelle des ténors de LR en 2025 ...
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