"Il faut obtenir la séparation de la mosquée et de l'État"
Posté : 18 février 2011 21:50
Pas loupé, juste après l'annonce faite par Jean-François Copé d'un débat en avril sur l'exercice des cultes en France - notamment l'islam - et sa compatibilité avec les lois laïques de la République, Marine Le Pen rapplique aussitôt dans une interview au Point.fr avec une formule choc, la signature Le Pen, "Il faut obtenir la séparation de la mosquée et de l'État".
L'entretien en lui-même n'apporte pas grand-chose de nouveau, toujours les mêmes antiennes, psalmodiées inlassablement par la nouvelle patronne du FN, deux exemples résument parfaitement l'idée de MLP sur l'islam :
Les mots de Marine Le Pen
1) La prière dans la rue : ".. à la demande de l'imam de la rue Myrha à Paris, des musulmans de toute l'Ile-de-France se donnent rendez-vous pour faire croire qu'il n'y a pas assez de place dans les mosquées ! Au même moment, la grande mosquée de Paris est vide ! "
2) Les imams : "Ce n'est pas à la République française de s'occuper de la formation des imams, pas plus que de celle des curés. En revanche, l'État est là pour s'assurer que tous respectent les lois de la République. Aujourd'hui, des imams prêchent la haine et la violence. D'autres marient une deuxième fois des personnes déjà unies par les liens du mariage. Et cela sans aucune sanction."
Est-ce que ces affirmations sont totalement fausses ? Non, pas forcément, c'est l'amalgame qui est inadmissible et contre-productif, pour quelques faits relevés, on dénonce des millions de personnes, les anti-cléricaux ne procèdent pas autrement, au moindre problème avec l'Eglise, tous les prêtres sont des salauds, les antisémites fonctionnent de la même façon, le procédé est connu, disséqué et pourtant il fonctionne encore, et fonctionnera toujours, ça aussi on le sait, à commencer par le boss de l'UMP.
Le calcul de Jean-François Copé
En présentant ce débat islam/laïcité comme prioritaire, le patron de l'UMP place le FN au centre du débat, le combat contre l'islam, c'est celui du Front National, Copé vient d'inventer la démarginalisation du FN, un plan savamment calculé, même s'il risque de communautariser et d'opposer un peu plus le pays.
Le patron de l'UMP a fait ses comptes, et a décidé de centrer le débat politique sur les thèmes droitiers, l'immigration, l'islam, l'identité nationale et la sécurité, des terrains que Nicolas Sarkozy connaît bien et sur lesquels son seul adversaire est une adversaire, Marine Le Pen, qui malgré une certaine habileté sera laminée en face de Sarkozy.
Alors restera un PS qui, par nature, répugne à envisager ces thèmes et ne les maitrise absolument pas. Si, comme c'est trop souvent le cas, les socialistes nient en bloc l'existence de ces problèmes ou les imputent comme à leur habitude à la société française entre flagéllation et repentance, alors, peut-être que Nicolas Sarkozy pourra espérer s'en sortir et l'emporter, malgré un début d'année assez catastrophique, c'est le calcul de Jean-François Copé. Cynique et dangereux.