les CPI sont surchargés et manquent de crédit
Posté : 19 février 2011 13:51
La député socialiste George Pau-Langevin(vice-présidente du groupe socialiste à l'Assemblée chargée des questions de justice) a rencontré à l'Assemblée nationale des conseillers d'insertion et de probation en colère.
Quelles conclusions tirez-vous de votre rencontre avec des conseillers d'insertion et de probation?
Ils m'ont expliqué en quoi la pénurie de personnel a des conséquences très néfastes sur la qualité de leur travail. Quand les condamnés sont réticents aux mesures de suivi qui leur sont imposées, les conseillers d'insertion et de probation [CIP] peuvent prendre le temps de les convaincre, l'autre possibilité étant de retournent rapidement le dossier au juge en signalant l'échec de leur mission [ce qui peut entraîner une (ré-)incarcération NDLR]. Il faut du temps pour réussir une réinsertion. Or les CIP sont aujourd'hui surchargés. On considère souvent que ces personnels ne sont pas assez motivés, mais au contraire, j'ai rencontré des gens qui aiment leur métier et voudraient pouvoir le faire bien.
Cette rencontre vous a-t-elle éclairé sur ce qui s'est passé dans le cas de Tony Meilhon?
Les personnels des services d'insertion et de probation ont insisté sur un point: même si un condamné est suivi, il peut commettre un nouvel acte de délinquance. Il n'y a pas de risque zéro.
Qu'en concluez-vous?
Les services d'insertion et de probation tentent depuis longtemps d'attirer l'attention sur leurs problèmes et cette situation est bien connue. La loi pénitentiaire de 2009 aurait pu être une avancée en matière de réinsertion, mais pas sans les crédits nécessaires à son application. Les politiques de la majorité exploitent des faits divers. Mais ce sont les mêmes, actuellement au pouvoir, qui ne donnent pas les moyens nécessaires aux équipes de réinsertion.