relations "tièdes" entre la Turquie et le président du G20
Posté : 25 février 2011 15:56
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est très remonté contre Nicolas Sarkozy face à son refus de voir entrer la Turquie dans l'UE et à l'extrême briéveté de sa visite, qui se déroule ce vendredi après-midi.
Nicolas Sarkozy a été accueilli ce vendredi à son arrivée à Ankara par un coup de colère du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, déterminé à lui demander des explications sur son refus d'une adhésion de son pays à l'Union européenne.
Nicolas Sarkozy est en visite à Ankara en tant que président du G20, ce que regrettent les hautes autorités turques, qui auraient préféré une visite officielle du président de la République française.
Cette visite n'est "pas à la hauteur de l'amitié franco-turque", avait déclaré M. Erdogan. "La Turquie et les relations franco-turques méritent bien plus que cela", avait-il protesté.
Autre sujet qui fâche: la candidature turque à l'Union européenne, à laquelle Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, chancelière allemande, sont fermement opposés.
Des relations étroites, mais pas d'intégration
"J'ai mis de nombreuses fois en garde M. Sarkozy sur cette question. Nous lui avons dit que son attitude concernant la Turquie est totalement erronée et nous allons l'interroger sur ce point", a déclaré M. Erdogan, lors d'une interview à la télévision turque ATV, ce jeudi tard dans la soirée.
"Si les choses continuent comme ça, alors prenez une décision et annoncez: "nous ne voulons pas de la Turquie" dans l'Europe, a-t-il ajouté, à l'adresse du président français.
Dans une interview au journal turc Posta, publiée ce vendredi, le président français déclare notamment: "je reste convaincu que la Turquie et l'UE doivent entretenir des relations aussi étroites que possible, sans aller jusqu'à l'intégration, qui ne profiterait en réalité ni à la Turquie, ni à l'Union européenne".
Des négociations au point mort
Les négociations entre la Turquie et l'Union européenne, qui ont commencé en 2005, sont au point mort, du fait de la question de Chypre et de l'opposition de plusieurs pays européennes à une adhésion turque.
Nicolas Sarkozy considère que la Turquie ne fait, géographiquement, pas partie de l'Europe et estime que ce pays devrait former "un partenariat privilégié" avec l'UE.
Selon l'Elysée, cette visite (la première d'un président français depuis celle de François Mitterrand en 1992) est avant tout "dédiée aux dossiers du G20", dont la Turquie, 17e puissance mondiale, fait partie.