Depuis début mars, des militaires français s’entraînent à « l’atterrissage sur glace » sur le territoire danois convoité par Trump. Ça pourrait jeter un froid.
Forsvaret, le journal des forces armées danoises, ne fait pas partie de mes lectures favorites mais ça pourrait changer parce qu’on y apprend des trucs dont personne ne parle ailleurs : depuis le 4 mars dernier, des pilotes français du « Centre d'expertise aérienne militaire » de Mont-de-Marsan s’entraînent à « l’atterrissage sur glace » depuis une base militaire du nord du Groenland.
En principe sans rapport avec la récente proposition de Jean-Noël Barrot de « déployer des troupes européennes » sur le territoire menacé d’annexion par les Etats-Unis, ces exercices visent essentiellement à « certifier » les Airbus A400M tricolores dans les environnements extrêmes de ce type. Mais ils doivent également permettre à nos pilotes de bénéficier de « la grande expérience de leurs homologues danois en matière d’atterrissage et de décollage dans les endroits les plus inaccessibles ».
« Les Français sont habitués aux opérations en terrain accidenté, comme sur les pistes de terre en Afrique par exemple, mais n’ont pas la même pratique des "patinoires" que sont les pistes de neige et de glace, explique d’ailleurs le major-formateur Ifølge Bof. Le sable ou la glace, c’est fondamentalement la même chose mais il faut tenir compte de certains facteurs particuliers lorsque vous opérez sur un site à -30 degrés, voire -40. Les joints deviennent poreux, des fuites se produisent et les batteries résistent mal ».
Chargés de quantités de fret différentes à chaque trajet, cinq aller-retours de ravitaillement ont déjà été effectués sur les 900 kilomètres qui séparent les bases de Station Nord et de Mestersvig, au sud de l’île, l'A400M ayant une capacité d'emport deux fois supérieure à celle des C-130J Super Hercules américains de l’armée de l’air danoise.
Entre ça et la présence fort remarquée ce weekend d’un sous-marin d’attaque français dans le port de Halifax au Canada, autre région du monde dont Donald Trump aimerait bien faire son quatre-heures, le « si vis pacem para bellum » macronien monte manifestement en régime. A l'occasion, j'irai jeter un coup d'oeil au journal des forces armées panaméennes : il y a peut-être des infos intéressantes à glaner...
https://atlantico.fr/article/rdv/au-gro ... ues-serraf