La bactérie "Xylella Fastidiosa", véritable fléau pour les producteurs d'olives, a été détectée en Corse. C'est ce qu'a annoncé le ministère de l'Agriculture, confirmant une information de la préfecture.
Le pire cauchemar des producteurs d'olives arrive en France. Un premier cas de Xylella Fastidiosa, la bactérie tueuse d'olivier qui frappe en Italie notamment, a été détecté à Propriano en Corse du Sud sur des feuilles de myrte, a annoncé jeudi le ministère de l'Agriculture d'après des informations de la Préfecture. La présence de la bactérie a été décelée sur une haie en bordure d'une zone artisanale de Propriano, a précisé le ministère, ajoutant que les autorités sanitaires devraient arrêter un plan de lutte dans la journée.
Comme l'explique Le Monde, les agriculteurs ont de quoi s'inquiéter. Au-delà des olives, cette bactérie s'attaque aussi au clémentines ou encore aux châtaignes. Une fois la plante contaminée, il n'y a plus aucun moyen de la sauver.
De son côté, la préfecture a déclenché un plan d'urgence, relaie ce jeudi le quotidien Corse matin. Il s'agit dans un premier temps de procéder à l'arrachage des plans contaminés, de désinfecter la zone touchée, et de "lancer une étude épidémiologique".
De nouvelles annonces attendues
Jusqu'à maintenant, la France n'avait été confrontée à la bactérie qu'au marché de Rungis, où elle avait été détectée sur un caféier. Les plants contaminés provenaient d'Amérique du Sud et avaient été importés en provenance des Pays-Bas.Les efforts promis en avril dernier par Stéphane Le Foll n'ont donc pas permis d'éviter la contamination sur le sol français. Il avait à l'époque annoncé l'interdiction d'importer des végétaux sensibles à la bactérie, en provenance des zones touchées.
Dans ce cadre, des prélèvements sont régulièrement effectués. Ils se sont jusqu'alors révélés négatifs. Celui du 20 juillet, réalisé par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON) et transmis au laboratoire de référence de l'ANSES, "s'est révélé aujourd'hui positif", indique la préfecture. L'enquête devra déterminer si ces mesures de précaution, critiquées par l'Italie, ont bel et bien été respectées. Il faudra pour cela définir la provenance de la souche contaminée.
Le Conseil régional d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CROPSAV) doit faire le point de la situation vendredi et arrêter des mesures.