Liberté: le premier mot, de notre célèbre devise nationale. L’actualité du moment nous offre une magnifique tribune. Tout y est : liberté d’expression, droit à la vie privée, droit à la vie... A choisir, j’aurais préféré ne pas avoir à consacrer mon premier article à ce sujet. Mais si nous parlons actu ce mois ci, alors nous parlons automatiquement : « spectacle annulé de Dieudonné. » C’est de la que vient le grand débat. Quel débat ? Le débat sur la liberté d’expression bien sûr. J’écris un journal, qui très probablement, ne sera lu par personne. Au mieux quelques âmes perdues sur le web tomberont par le plus grand des hasards sur ces pages et ils auront probablement cessé de lire avant d’être arrivé jusqu’ici. Donc, si quelqu’un est en train de me lire, je l’en remercie. N’empêche que, si par bonheur, ce journal était lu, alors je dois me poser les questions suivantes : Qu’ai-je vraiment le droit de dire et à qui ? La liberté d’expression totale, est une utopie. Nous jouissons donc d’une « certaine liberté d’expression mesurée ». Et là est bien toute la question, quelle est l’unité de mesure ??? Une chose est sûre, c’est que s’il n'y a plus de liberté d’expression en France, la France que nous aimons n’est plus. Elle laisse place petit à petit, à une bande de prophètes du dimanche, que nous chargeons à chaque élection, de nous dire ce qu’il faut ou ne faut pas faire. Ils prennent notre argent, jouent et font n’importe quoi avec. Mais plus grave encore, décident de ce qu’il ne faut pas dire, sous peine d’amende, voire de prison. Invraisemblable dans une démocratie et pourtant.
Personnellement, je pense que Dieudonné a glissé. Mais pour avoir vu ses spectacles, (on ne parle d’un sujet, que si on l’a étudié un minimum), ils ne sont pas tellement choquants, à part la fameuse chanson. Là où il a franchement manqué d’intelligence, c’est en s’entourant de gens qui l’ont entrainé dans un délire conspirationiste très à la mode et lui on fait dévier de sujet. Au départ, son message était visiblement, de dénoncer deux choses bien précises : d’abord, la colonisation de la Palestine par Israël, soit, et le fait que la France ne s’intéresserait qu’à la Shoa. C’est oublier la loi sur la négation du génocide arménien, malgré la réaction très hostile de la Turquie. A titre personnel, je défends la liberté d’expression bec et ongle, elle est l’un des droits humains le plus fondamental, à tous les niveaux et pour tous les sujets. Mais admettons qu’il y ait bien une limite. Rien n’existe sans limite, si ce n’est l’existence elle-même. Vieil adage bien connu : « La liberté des uns s’arrête, là où commence celle des autres. » C’est tellement beau, tellement intelligent, pourquoi ne pas appliquer universellement cette loi sublime ?
Je sais bien qu’il ne faut pas trop prendre ses rêves pour des réalités. Prenons de gauche et rêvons. Qu‘est ce qu’un monde idéal ? Un système idéal ? Une vie idéale ? Le monde est complexe, notre civilisation si riche en histoire l’est encore plus. Il est complètement fou de croire qu’il puisse exister une solution miracle pour une quantité astronomique de problèmes à résoudre. Il faut trouver ensemble, un équilibre de vie pour avancer vers une paix durable. Il y’a suffisamment d’hommes, de femmes, de talents, d’intelligences et de courage, pour que l’homo-sapiens inverse la tendance et reparte d’un pied meilleur. Il faut changer radicalement le monde et nos modes de vie politico, socio, économiques. La tâche parait si immense qu’elle a de quoi effrayer, je l’entends. Mais vous savez, c’est un peu comme apprendre à écrire. Si un analphabète regarde un livre dans son ensemble, il le jette et passe son chemin. Maintenant, apprenez lui chaque lettre, puis chaque syllabe et enfin chaque mot, alors il déchiffrera le code et cela lui paraitra facile. Sauver le monde, c’est un peu pareil, mais en plus dur et surtout, plus long !
Il faut prendre les problèmes les uns après les autres, en partant d’ici, chez nous. Comme un avocat de la défense démonte chaque accusation les unes après les autres. Je tenais à traiter le problème de la liberté d’expression, parce qu’elle est un point essentiel, quant à la qualité de ce que sera, l’avenir qui nous attend. Il est en effet crucial, d’améliorer notre capacité à nous écouter et à nous comprendre. Il s’agit de s’exprimer bien sûr, mais il est primordial d’apprendre à supporter l’avis des autres, surtout s’il est contraire au nôtre ! La toile pullule de forums, de discussions et de batailles rangées d’arguments contradictoires, mais je ne vois quasiment personne étudier l’avis des autres. Figées dans une structure psychologique creusée au fils du temps et des événements, il semble que nos opinions personnelles soient devenues les seules et uniques vérités possibles. Drame absolu de l’ignorance, nous voila enfermés en nous-même, prisonniers de nos propres consciences, ou plutôt de ce que la vie en a fait !
Maladie mentale collective ? Peut-on vraiment s’habituer à l’asservissement ? Même l’homme le plus libre se cherche un dieu à qui obéir. Pour d’autres ce sera : leurs patries, leurs mères, leurs communautés. Tout le monde refuse de vivre, hors de l’œil observateur, accusateur mais protecteur de l’autre. Besoin d’être rassuré dans sa condition de mortel, le primate que nous sommes est conscient que sa fin est proche, quelque soit le temps qu’il lui reste à vivre. A l’échelle de l’univers nous ne sommes rien. Le peu de temps que dure notre existence, ne représente rien. Notre vie ne dure qu’un bref instant, même pas un claquement de doigts. Continuons de nous gargariser de notre belle auto et de toute cette réussite. Mais à l’arrivée, une paille ! Pour exister vraiment, il faut exprimer nos pensées, laisser une trace. Participer à l’élévation collective, c’est cela l’éternité. Il est nécessaire d’exprimer ce que nous sommes. Si ce que vous transmettez, élève les autres, alors votre « instant de vie » continuera d’exister après vous. Nous faisons perdurer l’esprit des hommes qui ont fait le monde et nous prolongeons leurs existences en lisant leurs paragraphes, en utilisant leurs inventions, en s’abritant sous les temples qu’ils ont construits. Parfois même, à partir de mortels, nous créons des légendes, des mythes.
Valls à tord. Bien que les propos de Dieudonné paraissent à beaucoup insupportables, le bâillon politico-judiciaire, apposé à coup de circulaires, l’est encore plus. La France est fondée sur des principes, et ce sont ses principes qui ont fait notre fierté et notre renommé. L’impression de culpabilité existe en nous, depuis que les allemands nous ont marchés dessus. Nous sommes devenus plus méfiant. Chaque fois qu’un souci mine le pays, certaines libertés sont immédiatement remisent en cause. Non seulement l’interdiction du spectacle est une connerie ayant apportée une couverture médiatique monstrueusement inespérée pour les avant-gardistes de la lutte contre un soit disant gouvernement occulte, peuplé de Juifs. Mais en plus, cela vient accréditer les thèses fumeuses de cette brochette de sachant tout, ne sachant rien ! Le tout, en dépits de tout respect des principes républicains, voyant « les sages » du conseil d’état, débouter un juge de la république. Politiquement la France est gouvernée et, c’est vrai aussi, influencé par des collectifs de biens penseurs, qui s’intéressent surtout à eux même et à leurs carrières! Ils parjurent la noblesse de la France, en agissant comme de misérables petits dictateurs de bas de comptoir, petites magouilles entres amis, oui, ils se sentent supérieurs. En politique, la modestie n’a pas sa place, pour exister dans ce milieu, il faut nécessairement avoir les dents qui rayent le parquet, ce qui implique un très haut degré de narcissisme. Aucun d’entre eux, n’a vocation à être un saint. Despotisme et corruption, on se tartine en famille depuis tout temps.
Dieudonné, je le dis, je le répète, je suis en désaccord avec lui sur beaucoup de points, et Soral me fous vraiment les jetons. N’empêche qu’il aurait été préférable que les intelligences élitiques du pays, nous montrent l’étendue de leurs intelligences ; en démontant les arguments de Dieudonné, Faurisson et les autres. En effet, plutôt que de les faires taire par la force, à grands coups de recours judicaires, pourquoi ne pas démonter le délire conspirationiste et négationniste en expliquant ce qui se passe aujourd’hui et ce qu'il s’est passé durant la grande guerre ? Peut-être parce que la vérité reste compromettante… Ne nous leurrons pas et oublions un peu ces conneries d’illuminati pour enfin parler milliardaires et entreprises internationales cotés en bourse, qui nous pompes les richesses à coups de magouilles financières, pots de vin et autres trafics en tous genres. J’aborderai prochainement la question du complot. Je ne vais pas le développer aujourd’hui, mais disons en gros que ma position et de dire à tous ceux qui croient vivre sous l’emprise de gouvernements occultes, (Juifs pour la pluparts), qui s’apprêtent à nous anéantir avec, pour les plus extrêmes, l’aide appuyée des extra terrestres : devraient arrêter au plus vite de se masturber devant des vidéo-montages à la con, destinés à faire réagir les cerveaux d’huitres et de moules frites, qui se gavent de ces « informations » sans jamais avoir vu ne serait-ce qu’un seul document original et historique sur le sujet. Ne soyez jamais persuadés de savoir, ce que les autres ne savent pas. À la frontière du réel, la parano se généralise.
Bref. Personnellement, je pense qu’il y a en fait des gouvernements de dimensions nationales et des entreprises de classes mondiales, qui traficotent entres elles pour enrichir toujours plus leurs dirigeants qui n’ont pas l’intention d’arrêter de si tôt, leurs pathétique compétition, vers toujours plus de richesses. C’est là qu'il y a un problème ! Nous pourrions comparer cela à une organisation de malfaiteurs narcissiques un peu dérangés. Mais à l’échelle mondiale, cela conduit à la crise financière, à l’appauvrissement, aux conflits d’intérêts, à la haine et bien sûr, à la guerre. À parler de complot, nous oublions une vérité qui façonne des hommes plus riches et plus puissants que les nations elles-mêmes. Des hommes aux pouvoir très étendus, qui pour la plupart, n’ont jamais été élus par personne ! Donc nous sommes dans une forme de cohabitations entre un gouvernement de gauche, centre gauche pas trop à gauche, social démocrate sans l’être vraiment ; et des multinationales au fonctionnement parfois monarchique, elles même orientées par leurs petites pléiades d’actionnaires assoiffés d’argent. Dieudonné est une farce et ses propos le sont aussi. Mais d’autres sont autrement plus dangereux que lui et il conviendrait que nos chers élus pensent à remettre l’histoire au cœur de l’éducation. Rappeler l’ensemble des génocides et des exactions y compris les nôtres et apprendre aux jeunes à se respecter en leur montrant concrètement ce qu’apporte la haine raciale. Il est tant de placer l’histoire au cœur de toute éducation. J’y reviendrai le mois prochain dans un dossier consacré à la jeunesse et à l’éducation. Pour en finir avec l’affaire Dieudonné, je dis qu’il faut bien sûr combattre l’antisémitisme, mais que la méthode Valls reste avant tout un magnifique coup de pub pour lui, mais aussi et malheureusement, pour toutes les mauvaises influences qui l’entourent, la famille Le Pen en première ligne. La liberté d’expression est un droit qu’il est essentiel de préserver. Il faut contrer l’antisémitisme et le racisme par des arguments intelligents, c’est la seule stratégie efficace à long terme, selon moi.
Pour résumer, je pense qu’il faut combattre les extrêmes mais que contraindre au silence est contraire aux valeurs de la république, ce qui contribue à faire de cette interdiction une des pires mesures à prendre. Je pense qu’il n’y pas d’autres limites à donner à la liberté d’expression que celle qu’impose le respect « individuel » de chacun. Il est donc nécessaire de condamner Dieudonné ou quiconque qui tiendrait des propos racistes ou antisémites, mais ce n’est pas possible avant qu’ils les aient dites ! Cela semble être un menu détail, mais c’est évidemment essentiel. On ne peut pas condamner un homme pour ce qu’il va dire, point. Rappelons-nous, l’affaire de la caricature de Mahomet dans l’Echo des savanes, cette parution a causé des actions parfois mortelles. Convenons que si un catholique devait poser une bombe à chaque publication humoristique sur Jésus, il y aurait de quoi se faire du souci. Il faut trouver une égalité à la liberté d’expression, un équilibre entre ce droit fondamental et cet autre tout aussi fondamental, qu’est le droit de chacun, au respect le plus absolu. Je terminerai par cette réflexion de Thierry Hardisson avec laquelle je suis entièrement d’accord :
« Il ya peut-être une limite à la liberté d’expression, appellons ça la connerie. »