Re: Un « label » pour les médias
Posté : 07 décembre 2025 08:57
Je suis d’accord avec vous sur un point : il existe une différence nette entre du journalisme et du bavardage idéologique non sourcé.
Et oui, certains chroniqueurs ou influenceurs se font passer pour des journalistes alors qu’ils ne respectent aucune méthode. Mais le problème n’est pas là. Le problème, c’est ce que devient un label institutionnel dans la pratique, même s’il ne juge que la méthode.
Vous supposez que la méthode est neutre. Elle ne l’est jamais totalement. Vous dites : " La méthode, c’est juste sourcer, vérifier, corriger. " Mais ces trois opérations impliquent des choix éditoriaux :
- Sourcer : choisir quelles sources sont légitimes.
- Vérifier : décider ce qui constitue une preuve suffisante.
- Corriger : déterminer ce qui est une erreur et ce qui est une interprétation.
Même sans toucher au contenu, on touche aux conditions de production du contenu.
Et ça, c’est déjà orienter. Un label crée automatiquement deux catégories de médias, même s’il ne le veut pas. Vous pouvez dire " ce n’est pas pour valoriser les bons journalistes ". Mais dans la perception du public, des plateformes, des annonceurs, des institutions, ce sera : labellisé = fiable et non labellisé = douteux C’est humain, automatique, et impossible à empêcher. Donc même si le label ne juge pas le contenu, il hiérarchise le paysage médiatique.
Un label méthodologique finit toujours par devenir un outil politique. Pas parce que les gens sont mal intentionnés. Mais parce que l’information est un champ de conflit politique, la régulation est un enjeu de pouvoir, et un label devient un instrument symbolique. On peut avoir les meilleurs critères du monde : le simple fait de labelliser crée un pouvoir. Et tout pouvoir finit par être utilisé, contesté, récupéré ou détourné.
Le problème n’est pas de distinguer le journalisme du non-journalisme. Le problème est : qui décide ? Vous dites : " Le but est de ne pas valoriser ceux qui ne font pas du journalisme. " Très bien.
Mais qui décide que tel média respecte la méthode et tel autre non ? L’Arcom ? C'est une autorité publique. RSF ? C'est une ONG engagée dans des conflits avec certains médias. Un comité de journalistes ? quelle composition, quelle pluralité, quels biais ? Même si les critères sont techniques, l’arbitre ne l’est jamais.
Vous prenez un exemple extrême (le chroniqueur qui invente des liens avec l’immigration). Mais un label s’appliquera aussi aux cas limites. C’est facile de s’accorder sur les cas caricaturaux. Mais un label ne sert pas à trier les évidences. Il sert à trancher les zones grises. Et dans les zones grises, la frontière entre " mauvaise méthode " , " angle éditorial " , " interprétation discutable " et " enquête insuffisamment étayée " est toujours subjective. C’est là que le label devient un outil de normalisation.
Et oui, certains chroniqueurs ou influenceurs se font passer pour des journalistes alors qu’ils ne respectent aucune méthode. Mais le problème n’est pas là. Le problème, c’est ce que devient un label institutionnel dans la pratique, même s’il ne juge que la méthode.
Vous supposez que la méthode est neutre. Elle ne l’est jamais totalement. Vous dites : " La méthode, c’est juste sourcer, vérifier, corriger. " Mais ces trois opérations impliquent des choix éditoriaux :
- Sourcer : choisir quelles sources sont légitimes.
- Vérifier : décider ce qui constitue une preuve suffisante.
- Corriger : déterminer ce qui est une erreur et ce qui est une interprétation.
Même sans toucher au contenu, on touche aux conditions de production du contenu.
Et ça, c’est déjà orienter. Un label crée automatiquement deux catégories de médias, même s’il ne le veut pas. Vous pouvez dire " ce n’est pas pour valoriser les bons journalistes ". Mais dans la perception du public, des plateformes, des annonceurs, des institutions, ce sera : labellisé = fiable et non labellisé = douteux C’est humain, automatique, et impossible à empêcher. Donc même si le label ne juge pas le contenu, il hiérarchise le paysage médiatique.
Un label méthodologique finit toujours par devenir un outil politique. Pas parce que les gens sont mal intentionnés. Mais parce que l’information est un champ de conflit politique, la régulation est un enjeu de pouvoir, et un label devient un instrument symbolique. On peut avoir les meilleurs critères du monde : le simple fait de labelliser crée un pouvoir. Et tout pouvoir finit par être utilisé, contesté, récupéré ou détourné.
Le problème n’est pas de distinguer le journalisme du non-journalisme. Le problème est : qui décide ? Vous dites : " Le but est de ne pas valoriser ceux qui ne font pas du journalisme. " Très bien.
Mais qui décide que tel média respecte la méthode et tel autre non ? L’Arcom ? C'est une autorité publique. RSF ? C'est une ONG engagée dans des conflits avec certains médias. Un comité de journalistes ? quelle composition, quelle pluralité, quels biais ? Même si les critères sont techniques, l’arbitre ne l’est jamais.
Vous prenez un exemple extrême (le chroniqueur qui invente des liens avec l’immigration). Mais un label s’appliquera aussi aux cas limites. C’est facile de s’accorder sur les cas caricaturaux. Mais un label ne sert pas à trier les évidences. Il sert à trancher les zones grises. Et dans les zones grises, la frontière entre " mauvaise méthode " , " angle éditorial " , " interprétation discutable " et " enquête insuffisamment étayée " est toujours subjective. C’est là que le label devient un outil de normalisation.