"Cisjordanie: des Palestiniens de Tulkarem chassés de leurs maisons par l'armée israélienne"
"Ils n'ont plus de maisons, plus rien, empêchés de retournés dans le camps de réfugiés où ils vivaient depuis février. Á Nour Shams, ou plutot en périphérie du camp, les Palestiniens sont démunis. Les perspectives de revenir semblent de plus en plus s'éloigner, les maisons sont démolies, et l'armée continue ses opérations de destructions massives de chaque aspect de la vie. Reportage.
Le camp de Nour al Shams à Tulkarem, en Cisjordanie occupée est devenu inaccessible, invivable. L’armée israélienne a détruit les routes, les écoles, les canalisations d’eau, les installations électriques. Les habitants sont déplacés depuis févier et récemment, ce sont 25 maisons qui ont reçu un ordre de démolition. « Que Dieu aide les gens dont les maisons vont être démolies devant leurs yeux, c’est quelque chose d’insupportable. Moi, j’ai pleuré quand j’ai vu la pelleteuse la détruire. Elle a fait tomber nos souvenirs, tous. C’était la maison de mon père, de ma mère, de nos frères. Nous sommes nés là, nous nous sommes mariés là ».
L’homme qui parle, Musa al Jundi, a fini par louer ailleurs, las de ne pas savoir quand il pourra retourner dans le camp, même sur les ruines de sa maison. Il y a deux mois, ce père de famille a emménagé dans un vaste appartement d’un immeuble récent, à l’entrée de Tulkarem. « Je n’avais pas le choix, j’ai deux enfants, l’un va passer son baccalauréat et l’autre est a l’université. J’ai donc deux étudiants à la maison ».
Mais ici le loyer pèse trop lourd, dit-il.
Depuis la démolition de sa maison dans le camp de Nour Shams, en juin dernier, la famille a changé plusieurs fois d’endroit. Il en dresse la liste, presque mécaniquement. Mais au-delà du logement, c’est la vie du camp que Musa regrette le plus. « Dans le camp, notre vie était comme une seule famille. Si je ne saluais pas mon voisin chaque jour, je ne me sentais pas bien. Ici, nous sommes tous des étrangers ».
A coté, Siham, sa femme soupire. Dans le nord de la Cisjordanie occupée, tout n’est que déplacement continu, explique-t-elle. « Au début, ma sœur, qui vient du camp de Jénine, était déplacée chez moi, car sa maison était démolie. Elle est restée vingt jours. Ensuite, l’armée a commencé à démolir les maisons de mes frères à Jénine aussi. C’était encore plus difficile. Et puis, c’est moi qui suis devenue déplacée. On a été chez ma fille a Naplouse ».
Impuissante, elle regarde les informations sur son téléphone. Gaza, dans chaque notification. Elle le précise, ici, ce n’est pas la même intensité. Mais ce sont les mêmes méthodes utilisés par l’armée israélienne. «
Ils ne cherchent qu’a nous briser le moral, mais quoi qu’il arrive, dit-elle, nous resterons ici ».
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