CrazyMan a écrit : 08 mars 2023 15:34
da capo a écrit : 07 mars 2023 21:28
Les sommes en jeu, c'est dans les 75 ou 80 milliards/an en allure de croisière, donc sans crise particulière, or, nous connaissons des crises à répétition.
Donc la perspective de voir le régime actuel s'équilibrer est très...hypothétique et lointaine.
Si les raisons que tu prêtes à ce gvt pour cette réforme politiquement risquée ressemblaient à ce que tu racontes, de toute évidence, il ne l'aurait jamais entreprise.
Quant aux rentes et privilèges, je vois plutôt ceux que défendaient les têtes de cortèges aujourd'hui.
Enfin, tu ne trouves pas curieux, que nos voisins aient eux aussi réformé leurs systèmes de retraite et plus durement que nous ?
Il suffit de regarder la carte publiée en page une de ce fil.
1/ Discuter en milliards sans considérer cela en pourcentage du PIB ne veut rien dire et ne donne absolument aucune idée des ordres de grandeur.
2/ Les crises à répétitions ça n'existe pas. La définition de la crise c'est lorsque ça change ! Est-ce que cela change ? Oui ou non ?
Le discours ordinaire, dont tu te fais ici porte-parole, considère que la crise signifie "quand ça va mal". Euh... Mais ça va mal pour tout le monde ? Si non, pour qui ?
3/ Il y a t-il un sens à discuter d'équilibre lorsque l'on sait que les ressources sont discrétionnaires ? L'Etat peut envisager de davantage prélever le PIB ou bien d'effectuer des transferts entre différentes assiettes fiscales. Dire qu'il y a déficit, c'est dire, en se parant d'une pseudo objectivité comptable, que nous estimons allouer trop de richesses au financement des retraites, point barre.
4/ J'aimerais que tu t'expliques sur le sens politique ce la réforme et sur les rentes/privilèges car là tu ne dis rien.
5/ Tu te fais surtout porte-parole de la vulgate bourgeoise dans toute sa médiocrité la plus crasse. Je n'ai pas pris le temps de répondre à notre précédente discussion car cela aurait été un peu long de discuter marxisme, communisme et héritage politique de gauche et de droite. Ton changement de cap politique au fil de l'âge n'est sans doute pas seulement la faute à la gauche, qui il est vrai s'est avérée désespérante à plus d'un titre durant l'histoire, mais plutôt à l'évolution de ta situation matérielle. Lorsque l'on s'embourgeoise, il apparaît assez naturel d'adopter un cadre de pensée en continuité avec sa condition matérielle. Si les riches votent globalement au centre ou à droite ce n'est pas pour rien, tu n'es en aucun cas une aberration sociologique.
Avant toute chose, je me pose en sceptique que l'expérience à conduit à douter des projections optimistes et savantes formulées par des spécialistes patentés, comme ceux qui naguère justifiaient chiffres à l'appui le bonheur pérenne de la retraite à 60 ans appliquée à une population vieillissante, ainsi que ceux qui ricanaient il y a un peu plus d'un an à la face de vigilants dans mon genre, qualifiés de béotiens parce qu'ils redoutaient le coût éventuel de la charge des intérêts d'une dette publique spectaculaire dans un contexte inflationniste et auxquels les faits actuels semblent donner raison :
à plus ou moyen terme, et comme dans les années 80, la charge des intérêts de la dette engloutira probablement la totalité des recettes de l'impôt sur le revenu et jusqu'à présent, je n'ai pas entendu la moindre autocritique de la part de ces lurons condescendants, qu'on peut supposer plongés dans une phase de réflexions silencieuses dont on attend, conformément à la tradition, les conclusions et les verdicts imparables.
1, 2, 3.
Oui, on peut comparer et on doit le faire.
Les dépenses de retraite représentent environ 14 % du pib, c'est un peu plus que chez nos voisins en moyenne, mais ce qui m'inquiéte davantage, c'est la baisse du rapport cotisants/pensionnés, de 1,6 pour 1 actuellement et projeté à 1,2 pour 1 en 2050.
Et j'aimerais croire, ce n'est pas un avis de ''spécialiste '' bien entendu, que la baisse de la pension moyenne relative (rapportée au revenu moyen) qui selon un scénario optimiste, nous permettrait de ''tenir'' une vingtaine d'années, suffise à compenser la baisse de ce rapport.
Je crains qu'à défaut de recaler un peu les choses, ce ''choix de Sophie'' : baisse des pensions/hausse des cot/augmentation durée d'activité se représente à l'avenir.
Au delà du thème des retraites, une population de 23 millions représente un tiers des habitants du pays et le fait vivre. Si elle paresse plus ou moins, vieillit, puis augmente l'effectif des deux autres tiers, on risque d'être mal barrés pour les tempêtes à venir.
Je pense au rythme implacable des crises de 1987, 2000, 2007, 2018 et 2022 et à celles qui nous attendent.
4 . En fait de privilèges, à la vue globale du spectacle des défilés, j'observe que les étendards des têtes de gondole affichent pour la plupart des syndicats de la fonction publique et des entreprises actuellement ou anciennement publiques inquiétées par la perspective de voir leurs nombreux avantages catégoriels s'amenuiser.
Que ces gens-là prétendent défendre le ''peuple d'en bas'' relève à mon avis d'une hypocrisie scandaleuse, pour rester poli.