Fonck1 a écrit : Moi je vois quand même des mecs qui qui arrivent a s'en sortir de la banlieu,des mecs qui réussissent.j'en conclus donc que tout est possible.pourquoi les autres jeunes ne s'inspirent pas de ca?
Il me semble que c'est parce que ce n'est pas aussi simple que cela.
Dire "la banlieue" ou "la cité" en imaginant une homogénéité des situations sociales, culturelles, psychologiques, sociologiques est un raccourci, sinon une erreur.
de ceux qui se sortent de la banlieue, on ne sait rien ou pas grand chose, et notamment de leur caractère, de leur enfance, de leur névrose, de leur quotient émotionnel...
On parle toujours de la banlieue ou de la cité en mettant en exergue les réussites. Mais il y a aussi des échecs (et des nombreux) dans les villes, et même dans les centres villes. Il n'y a pas de ZEP qu'en banlieue, il y en a aussi en province. Dans certaines régions rurales, l'enjeu est de permettre aux filles d'être maintenues à l'école après 15 ans, et pas d'être mise sur le marché matrimonial par leurs parents. Tout dépend de tellement de facteurs !
Le problème n'est pas le lieu, le problème vient de l'environnement immédiat des enfants et des jeunes, et aussi de leurs propres structures psychologiques lesquelles découlent directement du comportement des parents (transmission d'angoisse, schéma psycho-rigide, etc...), de ce qu'ils font ou non peser sur les épaules de leurs enfants, sur un discours ambiant et permanent (quelqu'un a dénoncé sur ce topic le discours par rapport aux flics et qui crée des angoisses qui conditionnent les comportements), de leur "démission" qui n'est pas ce que beaucoup y mette. La démission d'un parent, ça commence très tôt, ça commence à 18 mois quand l'enfant découvre le pouvoir magique du "non", quand le parent se projette dans le regard de son enfant et refuse de jouer (pense-t-il) les méchants en posant les interdits.
Or, poser des interdits est fondamental pour la construction psychologique d'un enfant, parce que ces interdits, ces limites, sécurisent et protègent. Elles permettent de construire le Surmoi (représentant la société, en gros) qui vient "contrer" les pulsions du Ça (et inversement) pour créer le Moi, pour résumer.
A l'adolescence, après la phase de latence, ces points-là ressurgissent. Un adolescent cherche les limites et les interdits. Si ses parents ne les lui posent pas (comme ils ne les ont pas posés avant), il ira les chercher ailleurs. Et ce qui ressemble le plus à un poseur d'interdit, c'est "l'Etat", et ce qui ressemble encore plus à une figure autoritaire de l'Etat, c'est ce qui porte un uniforme.
Mais comme la plupart des policiers, surtout depuis que N. Sarkozy s'est mis à jouer les chefs cow boy à l'intérieur en supprimant les policiers de proximité, représente souvent le degré "zéro" de la psychologie, ça ne marche pas et ça débouche en plus sur de la violence.