Fanny Marlier : …et je sors d’un contrat pour l’émission « Clique » sur Canal+, pour laquelle je travaillais comme intermittente du spectacle. Le seul argent que je touche pendant ma période d’enquête sur Jean-Marc Morandini vient de là. Le premier des trois volets de l’enquête paraît en juillet 2016. Je rends la première version dans le courant du mois de juin, après avoir débuté le travail en mars ou en avril, après que l'on m’a parlé de la web-série Les Faucons. On me dit qu’elle est étrange, que Jean-Marc Morandini en fait la promotion sur ses réseaux sociaux via le compte de son blog.
Je regarde le premier épisode, acheté deux euros. L’animateur joue le rôle d’un président de club de football. Il engage un nouveau coach pour redresser le niveau de l’équipe. Le scénario ne me choque pas, en revanche la réalisation m’interpelle. Les scènes dans lesquelles les acteurs se retrouvent nus sont innombrables, et elles ne servent pas le propos. D’ailleurs, les acteurs sont très jeunes, et je me demande sur le moment si l’un d’entre eux, avec son sexe à moitié en érection à l’écran, n’est pas mineur — et il s’avérera qu’il l’était.
Tout ça me pousse à noter tous les noms au générique. Ceux des acteurs, de l’équipe technique… Je n'arrose pas tout le monde de message, mais je contacte deux ou trois personnes sur les réseaux sociaux. J'ai eu de la chance : l'un d'eux me rappelle dans la foulée. S'il ne m'avait pas répondu, j'aurais peut-être très vite abandonné, voire pas commencé du tout. Il est soulagé que quelqu'un s'intéresse à cette histoire et vide son sac sur les dessous du tournage, les conditions du casting, la pression, la nudité. Très vite, il commence à me transmettre des courriels, des échanges écrits. Il me parle aussi de « Catherine Leclerc ».
« Catherine Leclerc », vous le découvrirez, est en réalité le pseudonyme utilisé par Jean-Marc Morandini pour contacter les acteurs. Se doutent-ils de quelque chose ?
Les premiers avec qui je discute me disent avoir des doutes sur le fait que ce soit vraiment une femme, car elle se genre parfois au masculin. Ils ne pensent pas qu'il puisse s'agir de Jean-Marc Morandini et soupçonnent quelqu'un du blog ou de l'équipe de production.
Au fil des discussions, des éléments intrigants s’accumulent. Par exemple, des scènes de nus, voire pornographiques, sont ajoutées au dernier moment avant le tournage. Les acteurs m'expliquent qu'ils refusent de les faire, et vont voir le réalisateur… qui les redirige vers Jean-Marc Morandini, désigné comme responsable de ces modifications. L’animateur semble alors bien plus impliqué qu'il ne le prétend.
L’enquête met du temps parce que je découvrais des choses toujours plus graves, avec de nouveaux témoins qui acceptaient de me raconter des choses, notamment dans l'équipe technique. Eux aussi sont très jeunes à l'époque. Ils sont forcés de faire des choses, d'exercer des pressions sur les acteurs. Mon numéro passe d'une personne à l'autre, on me donne d'autres contacts, les sources se parlent entre elles…
Et s'accordent sur le fait que vous êtes digne de confiance ?
La différence d'âge réduite entre les victimes, témoins et moi-même a été un atout dans la création d'un lien de confiance. Le fait d'être une femme a peut-être aussi aidé. J'accumule une quantité importante d'échanges, de mails et de sms, de captures d'écrans, etc. 600 pages au total.
« Les acteurs sont constamment incités à accepter de tourner des scènes à caractère sexuel. On est dans de la manipulation pure »
Comment vous sentez-vous à ce moment-là ?
Je ne sais pas quoi faire de toute cette matière. Je stresse beaucoup à propos de la forme que prendra l’article et je ne sais pas combien Les Inrocks vont me payer. Je suis très seule, le moral pas très haut. L'énormité de chacun des éléments que je trouve me conduit à demander sans cesse un délai. Je demande conseil à des amis journalistes, mais eux aussi débutent dans le métier et ils ne savent pas mieux que moi comment faire.
Les entretiens me secouent. Je suis sonnée par ce que j'entends, ce que je lis. Je rentre vivre chez ma mère plusieurs semaines. Elle est assistante sociale et s'occupe beaucoup de femmes et d'enfants victimes de violences. C'est auprès d'elle que j'ai vidé mon sac : il faut être équipé pour recevoir ce genre de récit, on ne peut pas le raconter à n'importe qui. Peu de gens autour de moi savaient ce que je faisais, car j'avais peur que ça revienne aux oreilles de Jean-Marc Morandini. Mes journées de travail s'éternisent. Je lis, j'épluche, je trie jusque tard dans la nuit, je prends le train à mes frais pour rencontrer certaines des sources. C’est très solitaire.
Malgré tout ça, vous parvenez à avancer dans l'enquête ?
À force, je perçois les contours du système mis en place par Jean-Marc Morandini. Les mails sont dupliqués d'un comédien à l'autre. Ce sont toujours les mêmes messages. Une fois hameçonnés, ils sont constamment incités à repousser leurs limites, à accepter de tourner des scènes à caractère sexuel. On est dans de la manipulation pure. « Catherine Leclerc » s'étonne des hésitations des jeunes hommes, dit que les autres n'ont pas eu autant de difficultés.
Le témoignage de Gabriel, 19 ans à l'époque, est décisif. La plus grande partie des 600 pages le concerne. C'est probablement celui que Jean-Marc Morandini a le plus manipulé, poussé à faire des choses qu'il n'aurait jamais acceptées en temps normal. « Catherine Leclerc » se présente à lui comme une mère, pour le mettre en confiance. Elle lui écrit beaucoup et le relance quand il ne répond pas assez vite.
Gabriel comprend qu'il a été manipulé le jour où d'autres comédiens piégés par Jean-Marc Morandini le contactent. Ils lui expliquent qu'ils ont reçu une vidéo prise par le jeune homme lui-même, où on le voit se masturber en gros plan. L’objectif, en leur envoyant cette vidéo, est de les convaincre de faire la même chose. Gabriel comprend qu'il doit se sortir de cette situation. À ce moment-là, il devient assez clair, pour lui, que Jean-Marc Morandini et « Catherine Leclerc » sont une seule et même personne.
Par ailleurs, Jean-Marc Morandini, instaure un climat incestueux à l’aide de son pseudonyme. Il demande à un autre garçon, que j’appelle Jules, de filmer des actes sexuels avec son petit frère. « Catherine Leclerc » brouille les frontières, explique que son fils Valentin se balade chez elle le sexe en érection, que ça la fait beaucoup rire, que c'est très normal. C’est une plongée dans le sordide.
À partir de là, les choses s’accélèrent ?
On doit être alors en mai, ce que je dois documenter se précise. Pour autant, ce que vont en faire Les Inrocks n'est toujours pas très clair. Jusqu'au jour où je montre tous les éléments à l'avocate du journal. Cette rencontre m'a aidée dans l'écriture de l'article. Je vois ce que je peux dire, comment je dois formuler les choses. On me dit à ce moment-là que mon enquête sera publiée dans le magazine papier. Je crois avoir été payée environ 1 500 euros brut.
J'envoie l'article dans le courant du mois de juin, et je n'ai pas de réponses pendant deux, trois semaines. Finalement Pierre Siankowski, directeur de la rédaction des Inrocks à l’époque, m'appelle. Il me dit que c'est parfait, qu’il n'y a quasiment aucune modification à faire.
Votre enquête paraît le 12 juillet 2016 dans le magazine. Que se passe-t-il ensuite ?
Ma boîte mail, mes réseaux sociaux : tout explose. Au moins 25 personnes, si ce n’est une bonne trentaine, m'écrivent. Parfois, ce sont des récipiendaires de témoignages, des témoins eux-mêmes ou des victimes, des parents. Parfois, c’est juste pour me féliciter pour mon travail ou pour me faire part de nouveaux éléments. Plusieurs jeunes, qui étaient mineurs à l'époque des faits, trouvent le courage d'aller porter plainte.
« On m’a dit “attention, j’ai appris qu’on vous envoyait des jeunes faire de faux témoignages” »
Dans l'épisode d'« Affaires Sensibles » de France Inter consacré à vos révélations, vous évoquez des « boules puantes » qu’on vous lance après votre première enquête. De quoi s'agit-il ?
Un jeune avec qui j'étais en contact, me décrivait des choses très graves, me promettant des preuves, qui n’arrivaient jamais. C'était un peu étrange mais, après tout, ça pouvait être quelqu'un qui avait peur. Ça arrive que les gens changent d'avis. Et puis quelqu'un me dit « attention, j'ai appris qu'on vous envoyait des jeunes faire de faux témoignages ».
Comment faire pour séparer le bon grain de l’ivraie ?
Même s'il y avait des détails très concordants dans certains récits, à partir du moment où il n'y avait plus de traces écrites ou que, à l'époque, les personnes n'en avaient parlé à personne, il était impossible de recouper leurs témoignages. Il fallait que je leur explique que ce n'était pas que je ne les croyais pas, mais qu'en l'état, je ne pouvais pas l'écrire. Je suis alors très jeune, pas bien formée sur ces questions. Aucun journaliste ne l'est à l'époque. Nous sommes avant #MeToo, la seule affaire de ce genre qui a eu un retentissement médiatique c’étaient les révélations [en mai 2016] sur Denis Baupin [l’enquête préliminaire pour agression sexuelle et harcèlement sexuel qui le visait a été classée sans suite « pour prescription » en mars 2017, NDLR]. J’avais appris le B-A BA de l’enquête en école, mais je me suis formée sur le tas pour tout ce qui concerne la relation aux sources.
Vos révélations sont telles que des consœurs et des confrères s’engouffrent dans la brèche et abordent l’affaire avec de nouveaux angles, dévoilent de nouvelles informations, comme Mediapart, qui vous a invitée pour évoquer l’affaire. Est-ce que ça s’est toujours bien passé ?
Globalement oui, les papiers des Inrocks étaient toujours cités. Mais il s’est aussi passé quelque chose d’assez grave. Une source m’a appelée en larmes après la sortie du premier volet de l’enquête. Elle était terrifiée. Un journaliste d'un quotidien la menaçait de révéler son identité si elle refusait de communiquer une information, en l’occurrence la somme reçue pour son travail sur Les Faucons. J’avais l’impression qu’on sabotait mon travail, que l’on détruisait le rapport de confiance construit avec les témoins. À sa place, je n’aurais plus jamais accepté de parler de tout ça à qui que ce soit.
Puis vous sortez un deuxième volet de l’enquête le 19 juillet. Était-ce prévu depuis le début ?
Non, pas du tout. Et d’ailleurs, ça me met dans une situation complexe. Nous avons dépassé la mi-juillet, et le journal ferme en août. J'ai donc moins d'une semaine pour produire un autre papier. C'est pour ça que je sors un témoignage unique, d'un mineur de quinze ans à l’époque des faits, contacté par Jean-Marc Morandini via message privé sur Twitter. Il a des captures d'écran. L’animateur lui propose de participer au casting d'un calendrier type Les Dieux du stade, puis lui demande des photos dénudées. Il veut aussi savoir si l'adolescent aime bien s'épiler, etc. Je me concentre sur son récit, parce qu'il y a des écrits, des captures, et qu'on est à un niveau de gravité élevé, du fait de la minorité de la victime, qu’elle signale elle-même.
Que faites-vous après la publication de ce deuxième volet de l'enquête ?
Je pars en vacances. Loin, sans internet. À mon retour début septembre, je suis embauchée en CDI aux Inrocks, et je m'attelle directement à un troisième volet, publié le 17 octobre [le jour de la première émission de Jean-Marc Morandini sur iTélé, NDLR]. Celui-ci porte sur des faits qui datent de 2000, en lien avec Génération Gay, un site à l'ancienne, qui compile des petites annonces d'hommes, avec quelques photos dénudées. Une personne, qui avait gardé des traces écrites, me contacte. Il a 18 ans à l'époque, se trouve alors dans une situation financière délicate et répond à un casting sur le site. Jean-Marc Morandini lui donne rendez-vous dans les bureaux de la radio MFM, où il travaille à l’époque. C'est le week-end, il me raconte qu’« il n’y avait absolument personne » à part Jean-Marc Morandini. Ce dernier lui aurait demandé de se déshabiller, de se masturber et de lui faire une fellation. Le jeune homme aurait accepté sous l’effet de la « peur ».
« Tous les arguments pour le garder à l’antenne [ de CNews] sont tombés les uns après les autres »
Trois semaines avant ce troisième article, Jean-Marc Morandini est mis en examen pour corruption de mineur et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer une activité professionnelle avec des mineurs, après l’ouverture d’enquêtes préliminaires plus tôt dans l’été. Une dépêche AFP reprise par Le Monde explique que l’enquête « s’appuie sur deux plaintes déposées par deux jeunes hommes mineurs à l’époque des faits. Les accusations — anciennes — ont resurgi après la diffusion de l’enquête des Inrocks, les 13 et 20 juillet, poussant les deux jeunes majeurs à saisir la justice ». Les journalistes d’iTélé refusent l’arrivée de l’animateur, et se mettent en grève. Mesurez-vous, à l’époque, la déflagration causée par votre enquête ?
Je vais le mesurer au fur et à mesure, notamment au fil du feuilleton judiciaire. Il faut préciser qu’il n'y a pas que « l’effet Morandini » dans le mouvement social à iTélé. Les grévistes protestent aussi contre la dégradation de leurs conditions de travail. Mais pour beaucoup, l’arrivée de l’animateur est la goutte de trop. ITélé est alors une chaîne sérieuse et sa crédibilité journalistique se trouve entachée. Certains grévistes me disent que l'enquête leur a donné envie de vomir. Lorsque Jean-Marc Morandini commence son émission quotidienne, personne ne veut travailler avec lui.
La grève dure une trentaine de jours. À la fin, cent journalistes démissionnent, soit les trois-quarts de la rédaction. C’est l’un des plus longs mouvements sociaux des médias français. Vous le couvrez pour Les Inrocks.
Oui, ça se fait naturellement. Je m'intéresse aux conséquences très concrètes, très immédiates qu'ont mes papiers, donc ça me paraît logique de continuer à suivre ces affaires-là.
Pourtant, vous n’avez plus enquêté sur Jean-Marc Morandini après votre troisième papier.
Même lorsque j’étais aux Inrocks, on ne m’a pas donné les moyens d’enquêter sur le long cours : la rédaction du magazine était en crise, ce n’était pas la priorité, je traitais l’actualité. Ce n’est que depuis 2021, lorsque j’ai quitté Les Inrocks, où j’étais devenue rédactrice en chef adjointe en 2019, que j’ai repris l’enquête longue. J’étais indépendante lorsque les procès ont commencé. Je suis allée à chaque séance, mais tous les médias nationaux couvraient les audiences avec leurs journalistes en interne. Je ne voyais pas trop à qui j’aurais pu vendre mes papiers.
« On se sent responsable de produire une enquête aussi solide que possible. Le résultat doit être inattaquable »
Qu'avez-vous ressenti lorsque Jean-Marc Morandini a été définitivement condamné en cassation, à deux reprises et à quelques jours d’intervalle ?
D'un côté, je ne suis pas trop étonnée, de l’autre, je mesure que ça fait dix ans que ça dure, et je pense aux victimes, celles avec qui je suis en contact depuis toutes ces années et qui n'ont pas lâché. Il faut mesurer les conséquences que ça a eu dans leurs vies. À leur âge au moment des faits, on est en pleine construction de son identité, affective ou sexuelle. Je pense que ça a eu de grosses conséquences sur eux, notamment sur la confiance qu'ils peuvent avoir envers les adultes. D’ailleurs, je pense que ça n’a pas été assez raconté et, avec le recul, je pense que j’aurais dû le faire. Mediapart a abordé cet angle.
Avec les victimes, on s'écrit une à deux fois par an. Certains ne réalisent pas que c'est fini, au moins sur le plan judiciaire, qu'ils vont pouvoir « passer à autre chose ». Chaque rebondissement juridique, médiatique, les ramène à ces épisodes douloureux.
Vous êtes aujourd'hui une journaliste expérimentée. Qu’avez-vous appris d’important lors de cette investigation et que vous gardez toujours en tête ?
J’ai appris à garder la tête froide face aux responsabilités qu'implique une telle enquête, à trouver le juste équilibre dans la relation aux sources. Ce ne sont pas des amis, c'est une relation professionnelle, même si, après dix ans, les choses évoluent évidemment. J'ai été confrontée à ça lors de mon enquête pour mon livre Les enfants sacrifiés des pensionnats sanitaires : enquête sur un passé oublié (éditions JC Lattès, 2025). On ne doit rien aux sources, dans le sens où ce n'est pas parce que quelqu'un m'écrit que ça va être l'objet d'une enquête. Mais au bout d'un moment, lorsque l’on a accumulé tous ces éléments, que les gens confient des choses très intimes de leur vie, on se sent responsable de produire une enquête aussi solide que possible. Impossible de laisser place au doute ou à l’interprétation. Il faut être factuel, recouper ses sources. Le résultat doit être inattaquable. Avec ces articles, j’ai appris comment écrire des enquêtes. Ça a été un véritable baptême du feu. Et puis, vous m'avez demandé pourquoi je n'avais pas enquêté à nouveau sur Morandini, mais dans les faits, je travaille encore sur la violences sexistes et sexuelles sur des enfants. Loin de moi l’envie de faire de la psychologie, mais je perçois un fil rouge.
Comment interprétez-vous les prises de position, plus ou moins fortes, de figures de CNews, comme Sonia Mabrouk, Laurence Ferrari, Pascal Praud, ou Philippe de Villiers, et du JDD Week-end qui se désolidarisent de la décision de maintenir Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews ?
Mieux vaut tard que jamais, c’est bien qu’elles et ils expriment leur objection. Mais c’est leur collègue depuis dix ans. Pascal Praud lui rend l’antenne en insistant sur ses très bonnes audiences. On n’est pas sur le même niveau de mobilisation qu’il y a dix ans. La grève avait duré, une grande partie de la rédaction avait fini par partir. Je pense tout de même que ce qui se passe est intéressant :
CNews passe son temps à parler du laxisme de la justice, du manque de sécurité en France, des violences faites aux enfants. Par ailleurs, « Morandini Live » agrège de très bonnes audiences, mais elle n’a pas d’annonceurs pour ses pages de publicité. De plus, l’animateur a annoncé avoir abandonné tous recours.
Donc c’est intenable, tous les arguments pour garder Jean-Marc Morandini à l’antenne sont tombés les uns après les autres.
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