Re: Devenir Britannique, ça se gagne au mérite
Posté : 10 août 2009 19:14
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ROYAUME-UNI | Le gouvernement britannique révèle le détail de sa réforme de la naturalisation. Après les tests de langue et le quiz de civilisation déjà en vigueur, un permis à points probatoire doit voir le jour en 2011 pour les candidats au passeport du Royaume-Uni.
Devenir sujet de Sa Gracieuse Majesté n’est plus un jeu d’enfant. A l’école de la citoyenneté, c’est la distribution de bons et de mauvais points qui permettra au migrant candidat à la naturalisation de décrocher ou non le précieux sésame: un passeport britannique. Au quiz «Life in the UK» – qui mettrait en échec nombre d’insulaires – et à l’examen d’anglais déjà en vigueur s’ajoutera à compter de 2011 une sorte de permis à points. Il implique une bonne conduite durant les cinq ans de résidence requis jusqu’ici pour prétendre à la naturalisation. Un petit pécule amené dans ses bagages? Bon point. Un acte délictueux? Mauvais point. Une activité bénévole utile à la communauté? Des points en plus. Un comportement antisocial? Des points en moins. Ce système de la carotte et du bâton copie un dispositif déjà en vigueur en Australie. La procédure complexe a aussi l’avantage d’allonger les délais d’obtention de la naturalisation (de cinq ans, selon la presse) et de décourager les candidats à la naturalisation. Tiendra-t-elle la polémique?
En ce début de semaine, le ministre de l’Immigration, Phil Woolas, a présenté le détail de ce nouveau système d’évaluation prévu par le «Borders, citizenship and immigration bill», approuvé il y a un mois par le parlement. «Nous pensons qu’il est juste de demander à un nouveau citoyen allégeance aux règles du pays et d’essayer de définir objectivement ces règles», déclarait Phil Woolas. Mais le diable se cache dans les détails. Le ministre n’a pas écarté l’idée que la participation à une manif antigouvernementale puisse par exemple être considérée comme un «comportement antipatriotique».
La réaction n’a pas tardé. Dans un point de vue publié par The Guardian, le libéral démocrate Chris Huhne rappelle l’attachement des Britanniques à la liberté d’expression. Et souligne le paradoxe qui consiste à refuser la nationalité à quelqu’un qui userait d’un droit qui fait la fierté du citoyen britannique. Le gouvernement travailliste de Gordon Brown tente-t-il ainsi d’endiguer une pression migratoire que l’opposition lui reproche de ne pas avoir contrôlée par le passé? C’est ce que pense l’opposition conservatrice qui estime que ce nouveau système est «un acte de désespoir d’un gouvernement qui a perdu le contrôle des frontières et délivre des passeports britanniques toutes les cinq minutes».
159 000 migrants légaux font officiellement une demande de passeport chaque année au Royaume-Uni. La moitié acquièrent la nationalité par mariage ou filiation. Les autres devront bientôt la gagner aux points.