combien coûte un enfant?
Posté : 19 février 2013 09:51
faut-il réformer les allocs ?
La question fait débat dans le monde politico-socio-médiatique depuis avant-hier dimanche, depuis la proposition lancée par Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, de fiscaliser les allocations familiales.
« François Hollande et Jean-Marc Ayrault oseront-ils franchir le pas ? », s’interroge Le Parisien. « En ces temps de disette et de rigueur, la tentation est vive de remettre un peu d’ordre dans le maquis des prestations familiales et renflouer les caisses au passage. »
« Combien coûte un enfant ? », s’interroge encore le journal. « Selon les études, environ 3 000 € par an, répond Le Parisien. A ce titre, les allocations familiales peuvent sembler dérisoires : 127 € par mois pour deux enfants, soit 63,5 € chacun. Même si, au final, cela fait 762 € par an qui tombent automatiquement du ciel dans la tirelire de chaque enfant, pour peu qu’on en ait deux. Cette somme dépanne bon nombre de Français aux fins de mois vacillantes. Mais elle oublie les enfants uniques et passe inaperçue chez les plus riches… »
Alors, « officiellement, précise Le Parisien, il ne s’agit pas de combler le déficit de la branche famille (qui atteint quand même 2,6 Mds €), mais de ventiler ces aides vers les foyers plus modestes au nom de " la justice et de l'efficacité ". »
Comment faire ? Supprimer les allocs pour les plus riches ? Ou alors, les fiscaliser, comme le préconise Didier Migaud ? Un expert nommé par le gouvernement rendra son avis fin mars. En attendant, le débat fait rage donc dans les journaux.
Fiscaliser ou mieux répartir les allocs ?
Pour Le Figaro, il n’est pas question d’imposer encore plus les Français. Alors, « l’alternative à la fiscalisation des allocs, c’est de les attribuer sous condition de ressources, comme le préconisent plusieurs responsables de gauche. Exit donc l’universalité de cette prestation, déplore Le Figaro, qui constitue le pilier de la politique familiale en France. Souhaitons bien du plaisir à ceux qui devront déterminer à partir de quel seuil une famille avec enfants est riche, au point de pouvoir s’en passer. »
Autre analyse pour La Croix… La Croix qui constate, et là tout le monde ou presque est d’accord, que « le déséquilibre des comptes publics impose des économies. (…) Et au pied du mur des économies à réaliser, la fiscalisation des allocations apparaît comme la réponse la moins injuste, estime le quotidien catholique. À condition de savoir, dans le même temps, signifier aux familles - même quand elles ne sont pas en difficulté sociale ou financière - que la collectivité compte sur elles et les soutient. »
Attention, prévient Le Journal de la Haute-Marne, « les allocs ont une finalité : encourager la natalité. Résultat atteint, si l’on en juge par l’essor démographique de notre pays en Europe. Mais elles ont aussi valeur de symbole. Y toucher, pour les meilleures raisons du monde, peut s’avérer redoutable. Certains à droite - quand cette dernière était au pouvoir - y avaient songé mais ont très vite rangé l’idée dans leur attirail. »
Autres voies ?
Mais n’y aurait-il pas d’autres solutions ailleurs ? Pour Le Midi Libre, « si la France entend faire des économies, deux dossiers se trouvent sur le bureau du Premier ministre : les retraites et notre système de santé. Avec ce double déficit abyssal, le gouvernement est sur une poudrière. Le couple Hollande-Ayrault, victime d’un nouveau fléchissement dans les sondages, retarde encore l’échéance de la grande réforme attendue, relève Le Midi Libre. Parce qu’elle est politiquement explosive. »
On revient au Figaro qui avance une autre idée : « pour résoudre le problème de la branche famille, il existerait bien une troisième voie, note le journal, soigneusement évitée jusqu’ici. Elle consisterait à mettre de l’ordre dans le maquis des 77 milliards d’euros de prestations familiales, dont un tiers (24 milliards) finance des aides sociales sans lien avec les enfants. Mais il n’est pas politiquement correct d’en parler. »
Et puis pour L’Humanité, il y a d’autres voies que celle de l’austérité à tout crin : notamment s’attaquer enfin à une refonte du système d’imposition : « quand plus on est riche, moins on paye d’impôts, est-ce à la solidarité nationale –retraites et allocations familiales- de pallier l’absence de volonté publique de s’attaquer à ces fléaux ? Ou ne pourrait-on pas réfléchir, s’interroge le quotidien communiste, à une autre progressivité de l’impôt, avec de nouvelles tranches ? »
L’Italie à la veille d’élections cruciales
Enfin, la crise toujours, mais chez nos voisins… « Voyage dans une Italie en crise» : c’est le grand titre de Libération qui nous emmène, écrit-il, «de Milan à Palerme, à la rencontre d’un pays en plein doute à la veille d’élections cruciales ». En effet, « après une campagne aux relents de populisme, l’Italie vote dimanche et lundi prochain. Grand favori, le leader du Parti démocrate, Pier Luigi Bersani, devrait l’emporter, pronostique le journal, et hériter d’un pays en crise ».
Une double crise, relève Libération, économique mais aussi politique. Même si la gauche modérée devrait l’emporter, « la corruption et le dégoût de la classe politique hérités des années Berlusconi risquent d’entraîner un vote protestataire important dans une Italie à bout de souffle. »