Mickey a écrit : 03 décembre 2025 14:36
Once a écrit : 03 décembre 2025 14:28
Malheureusement, c'est une bonne analyse. Je dis "malheureusement", parce que : qu'advient il à une population qui ne souhaite plus se reproduire ? D'abord le risque d'un vieillissement important ( c'est déjà le cas au Japon et en Chine et ça se développe en Europe) avec toutes les contraintes économiques et sociales que cela induit. Mais, sur le plus long terme, ce qui la menace aussi c'est sa disparition progressive : c'est le cas pour la population japonaise d'ici quelques décennies parce qu'elle refuse l'immigration.
En Europe, si nous continuons sur le même déclin démographique, c'est l'immigration qui assurera la poursuite du renouvellement démographique. Je n'ai pas de chiffres sous la main et je pense que ce doit être dur d'en trouver mais j'imagine que ce doit être déjà un peu le cas.
Pas forcément, la baisse de la natalité inclus les immigrés.
C'est une très bonne objection qui oblige à pousser les recherches.
Ma question :
"Dans les pays de l'UE peut on mesurer en 2025 quel est l'apport de l'immigration dans le renouvellement démographique ? "
Sa réponse et c'est moi qui surligne :
Oui — dans les pays de l’Union européenne (UE) on peut, et on mesure déjà, l’apport de l’immigration au « renouvellement démographique », en combinant des données sur les naissances, décès, migrations, et âge des migrants. Voici comment on le sait, ainsi que les limites de ces mesures.

Ce que l’on sait — l’immigration est un des moteurs de la démographie de l’UE
D’après les données récentes, la population de l’UE a continué d’augmenter en 2024 — non pas grâce aux naissances, mais grâce à l’immigration nette : + 2,3 millions de migrants, contre un déficit naturel de –1,3 million (plus de décès que de naissances).
IntelliNews+2The European Conservative+2
En d’autres mots : depuis 2012, l’UE enregistre chaque année plus de décès que de naissances — ce qui signifie que c’est l’immigration qui empêche le déclin démographique global.
The European Conservative+1
L’immigration a aussi pour effet de ralentir le vieillissement de la population, parce que les immigrés sont en moyenne « plus jeunes » que la population moyenne (donc plus susceptibles d’être en âge d’activité, avoir des enfants, contribuer à la population active, etc.).
Parlement européen+1
De plus, les enfants nés de mères immigrées constituent une part notable des nouvelles naissances dans certains pays — ce qui contribue indirectement au renouvellement démographique.
euronews+1
Enfin, des projections démographiques du Eurostat montrent que sans immigration, la population de l’UE chuterait fortement d’ici 2050–2100.
euronews+1

Comment on mesure concrètement cet apport
On combine plusieurs types de données statistiques :
. Solde naturel — différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès (naissance – décès).
. Solde migratoire / migration nette — nombre d’entrées (immigration) moins nombre de sorties (émigration), ou plus largement le nombre net d’immigrés (et de migrants internes/intra-UE) entrant dans un pays ou l’ensemble de l’UE.
. Projections démographiques — en simulant des scénarios avec +/– migration, ou sans migration, pour voir comment la population évolue dans le futur. C’est la méthode utilisée dans des rapports récents.
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. Structure par âge — statistiques sur l’âge des immigrés, la fécondité (taux de natalité), la mortalité, pour modéliser le « profil démographique » futur (travailleurs, jeunes, enfants, retraités).
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Ces indicateurs combinés permettent d’estimer dans quelle mesure l’immigration compense le déficit naturel et contribue au maintien ou à la croissance de la population — autrement dit, au renouvellement démographique.
Limites et précautions de l’analyse
L’immigration compense certes le déclin naturel dans l’ensemble, mais l’impact varie fortement selon les États membres — certains pays restent très dépendants des migrations, d’autres moins.
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. La « viabilité » du renouvellement dépend non seulement du nombre de migrants, mais aussi de leur intégration, de leur fécondité, de leur âge, de leur insertion dans le marché du travail, etc. L’immigration seule ne suffit pas automatiquement à « rajeunir » la population de manière durable.
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. Les projections démographiques — bien qu’utiles — restent des scénarios hypothétiques : elles supposent des tendances stables de migration, de fécondité, de mortalité, qui pourraient changer.
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Enfin, l’immigration ne « remplace » pas les naissances chez les populations déjà présentes : le renouvellement démographique implique aussi des décisions de fécondité, des politiques familiales, des conditions sociales, etc.

Conclusion —
Oui, mais c’est un apport partiel et mesuré
En 2025, il est possible — et c’est déjà fait — de mesurer l’apport de l’immigration au renouvellement démographique dans l’UE : on dispose de statistiques solides sur les migrations, les naissances, les décès, et on peut modéliser des scenarii. Les données montrent d’ailleurs que l’immigration est aujourd’hui essentielle pour stabiliser, voire accroître, la population de l’UE face au déficit naturel.
Mais — et c’est important — ce rôle reste partiel : l’immigration ne résout pas à elle seule les défis de faible fécondité, de vieillissement, et de dépendance future. Une véritable « reprise démographique » durable nécessite aussi des politiques familiales, d’intégration, et un contexte socio-économique favorisant la natalité et l’insertion des jeunes."