95D a écrit :Nous sommes d'accord. Mais savoir combien il y a de personnes d'origine étrangère en France ne constitue pas en soi du racisme ou de la discrimination, ce n'est qu'une meilleure connaissance de la société française et de ses composantes. Le savoir et le progrès ne sont jamais mauvais en soi. Seule leur utilisation peut être mauvaise.
La question n'était pas là.
Le nombre de personnes d'origine étrangère (encore faut-il savoir ce qu'on appelle "étranger" - parce que certains y mettraient des français de l'Outre-Mer - et jusqu'à quelle génération on remonte pour savoir si on est "d'origine"... et sans compter ceux qui sont métisses, sont-ils plus "l'étranger" de la branche du père ou le français de la branche de la mère et vice-versa...), n'est pas l'élément que certains veulent pour lutter contre les discriminations.
Savoir qu'il y a X% d'immigration chinoise, Y% d'immigration européenne, Z% d'immigration africaine... ce n'est pas ça le problème, ça se fait déjà du reste.
Et ce n'est pas du tout ce qui est proposé d'être fait.
Ce qu'on demande aux gens, c'est de dire à quelle communauté ethnique (ou autre) vous sentez-vous appartenir, et pensez-vous être discriminé parce que vous êtes "arabes", "noirs", "juifs", etc.
1° il serait bien de rappeler la définition d’une ethnie : groupement humain défini par son appartenance génétique et sa culture. Ensemble humain constitué par une communauté de langue, de culture, de structures sociales et économiques.
2° il serait bien de rappeler le préambule de la Constitution française et les deux premiers articles :
Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu'aux droits et devoirs définis dans la Charte de l'environnement de 2004.
En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d'Outre-Mer qui manifestent la volonté d'y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l'idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique.
Art. 1. - La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.
Art. 2. – La langue de la République est le français
L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
L'hymne national est la Marseillaise.
La devise de la République est Liberté, Égalité, Fraternité.
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Nous ne sommes pas une société communautariste ; nous sommes une communauté de citoyens ! Ce sont nos principes républicains ! C’est bien beau de vouloir aller imiter le modèle américain ou anglais, mais vous qui parlez souvent de « mœurs », il n’est pas dans nos « mœurs », d’accepter le communautarisme !
Et ce serait l’un des plus grands échecs de la République (depuis Vichy) que d’accepter de devenir une société communautariste !
L’idéal républicain c’est de donné sa chance aux « meilleurs » d’entre nous, sans exclure les plus défavoriser d’entre nous, et cela quelle que soit origine ou couleur de peau.
Il est clair que dans la réalité, ce n’est pas l’idéal républicain qui prédomine... certaines choses tendent à s’améliorer, d’autres sont plus difficiles à faire appliquer, mais ça reste notre idéal républicain.
Au nom des difficultés que nous rencontrons à faire appliquer cet idéal républicain, certains veulent tout simplement, rejeter cet idéal républicain, en garantissant non plus le processus d’équité de recrutement mais son résultat (genre politique de quotas !) qui ne fera qu’exacerber le racisme, et les replis communautaires. Chacun se repliant inévitablement vers ce qu’ils considèreront comme « leur » identité : couleur de peau, origine… et non plus dans ce que nous avons tous en commun comme identité : « française » !
Avec des organisations comme la Halde, voire même avec SOS racisme, nous restons l’individu et non sur une (soi-disant) communauté, et faisons prendre conscience, au cas par cas, des discriminations que certain(e) s peuvent rencontrer dans leur vie. Discrimination qui d’ailleurs n’est pas subit que par des personnes originaires de l’étranger… un français bien blanc, de souche (comme certains disent), de petite taille, peut subir la discrimination, ou de corpulence imposante…
Pour chacune de nos différences, nous pouvons subir des discriminations : à l’embauche, pour les promotions, pour obtenir un logement, pour obtenir un crédit, pour être scolarisée, etc.
Quand le Figaro dit : « les immigrés maghrébins sont trois fois plus au chômage que les nationaux. » C’est que l’on sait déjà mesurer certaine chose.
Je n’aime pas spécialement l’orientation politique du Figaro (je suis même complètement opposée), mais je trouve qu’il résume pourtant très bien, dans ce cas précis ce qu’il faudrait continuer de faire et de ne pas faire et en donne-les raisons très judicieusement.
Mais selon que l'on recense des appartenances ethniques, raciale, voire religieuse, ou que l'on constate des parcours de migrations, les résultats seront fort différents pour le devenir de la société française. (…)
Chaque méthode présente vertus et effets pervers. Yazid Sabeg propose que les salariés volontaires déclarent anonymement s'ils sont arabes, noirs... Cela donne l'avantage d'éviter un fichier ethnique. Mais reste en revanche une estimation assez floue, sans référentiel, et renvoie à «une appartenance communautaire».
Si les Africains et leurs descendants semblent prêts à se déclarer «Noirs, car on ne risque pas d'être pris pour des Blancs», assure Louis-George Tin, du Cran, les Maghrébins se montrent très réticents. Ils redoutent d'être renvoyés sans cesse à leur origine.
Pour éviter l'assignation communautaire, le Haut Conseil à l'intégration, tout comme la communauté des chercheurs, proposent la méthode géographique. Elle constate un parcours et repose sur la statistique publique.
L'Insee peut, d'ores et déjà, recenser la nationalité et le lieu de naissance des individus et de leurs parents. Cela permet de faire émerger des statistiques sur la deuxième génération, de suivre son parcours scolaire et professionnel et d'adapter les politiques publiques. Tandis que la troisième génération retourne à l'anonymat de l'intégration.