Ou "Si j'aurais su j'aurais pas venu"...
Procès en appel du RN. « Si j’avais su que je serais condamné, je n’aurais pas signé », dit Fernand Le Rachinel
La cheffe de file de l’extrême droite, le Rassemblement national ainsi que dix autres prévenus sont rejugés jusqu’au 11 février, à Paris, dans le dossier dit des assistants parlementaires d’eurodéputés. La cour a entendu, ce jeudi 15 janvier, Fernand Le Rachinel, ancien conseiller régional bas-normand, député européen FN en 1994-1999 et 2004-2009.
C’est le premier des prévenus à la barre de la cour d’appel. Et d’emblée, le Manchois Fernand Le Rachinel, 83 ans, rejugé dans le dossier des assistants parlementaires du RN, affirme qu’il n’a « rien » à se reprocher. « Je n’ai jamais commis d’infraction », avait déjà affirmé mardi l’ex-député européen, à l’ouverture du procès, où comparaissent aussi Marine Le Pen, le parti et neuf autres mis en cause.
Tous ont été condamnés en première instance pour avoir participé, entre 2004 et 2016, à un « système » de rémunération sur des fonds de l’UE des collaborateurs d’eurodéputés qui travaillaient en réalité pour le parti, alors en difficulté financière. Fernand Le Rachinel a écopé de deux ans de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité. Une « peine plus réduite que d’autres, mais dans mon village […], on dit il n’y a pas de fumée sans feu, alors que je n’ai rien commis du tout », a-t-il déclaré pour expliquer son appel.
«
Ils ne travaillaient pas pour moi »
Il lui est reproché d’avoir sollicité du Parlement européen, durant son mandat de 2004 à 2009, la prise en charge de salaires afférents aux contrats d’assistants parlementaires de Thierry Légier et Micheline Bruna, alors garde du corps et secrétaire de Jean-Marie Le Pen.
L’ancien élu normand, longtemps fâché avec le parti qui lui devait de l’argent, reconnaît que l’ex-patron du FN, qui « décidait de tout », avait choisi ses deux assistants. « Ils ne travaillaient pas pour moi, sauf Mme Bruna parfois ». Cela « gênait » Fernand Le Rachinel qui, « investi » dans son mandat, était « obligé de solliciter d’autres assistants, payés par d’autres parlementaires, et qui étaient parfois occupés ».
« Nous étions organisés en pool. Ce n’était pas des emplois fictifs, ces gens travaillaient vraiment, mais pas dans les bonnes cases », indique-t-il aussi, reprenant la thèse de la « mutualisation » des collaborateurs, chère à la défense du Rassemblement national. « À l’époque c’était comme ça et connu de tout le monde, même des fonctionnaires européens », souligne-t-il.
La présidente insiste, demande à l’ancien imprimeur, s’il n’a rien vu d’anormal à signer des contrats de personnes qui ne travaillaient pas pour lui. «
L’administratif, ça m’échappait… Je signais et c’est tout. Si j’avais su que vingt ans après je serai condamné, je ne l’aurais pas fait », ajoute le prévenu, exprimant finalement des « regrets ». Avant de répéter : « Je ne pense pas avoir commis d’infraction dans le contexte de l’époque ». En considérant que le Parlement européen « n’était pas lésé ».
Mais pour le représentant de l’Union européenne, entendu avant lui, les règles ont toujours été « claires » et « connues » :
un collaborateur « ne peut pas, sur son temps de travail, concourir à l’activité d’un parti politique national ». L’assistant « doit aussi travailler exclusivement pour son parlementaire, dans le cadre de son mandat ».
Le procès se poursuivra lundi avec les auditions de l’eurodéputé de l’Eure, Nicolas Bay (Identité-Libertés) et son ancien assistant, Timothée Houssin
https://www.ouest-france.fr/politique/r ... dad21d78c7