AAAgora a écrit : 02 avril 2022 21:39
Mélenchon est pour la VI° république et ça sera la Constituante qui écrira la nouvelle constitution.
C'est cette dernière qui décidera s'il y aura un Président élu au suffrage universel ou pas, ainsi que de ses compétences.
Mélenchon se pliera aux décisions de la Constituante.
Je ne pense pas que Mélenchon - s'il devait parvenir au pouvoir - appliquerait cette partie de son programme. Et pour des tas de raisons.
D'abord parce qu'il ne le pourrait pas sur le plan constitutionnel et juridique : il lui faudrait subvertir l'article 11 et obtenir l'accord d'une majorité à l'Assemblée et au Sénat. Un Sénat qui devrait aussi voter pour sa propre dissolution : difficile à envisager.
Ensuite parce que tout indique dans ce personnage qu'il a un caractère autoritaire et sectaire : depuis des années il dirige d'une main de fer et sans véritable démocratie interne son mouvement "La France Insoumise" : de nombreux membres de poids en ont claqué la porte en dénonçant cet autoritarisme.
Après son excellente campagne en 2017 et ses bons résultats à la présidentielle, il aurait pu penser à se positionner en rassembleur de la gauche pour penser à la suite : il n'a rien fait de tel, continuant à cliver et à diviser plus que jamais. Peut-être de peur qu'un nouveau leader de gauche aussi charismatique que lui ne lui fasse de l'ombre.
Non, "la République c'est LUI."
En fait, tout indique dans son caractère et sa manière d'être, qu'une fois arrivé au pouvoir Mélenchon endosserait avec plaisir et délectation le costume d'un Président de la V°République.
Il pourrait toujours prétexter "qu'il aura essayé" sa fameuse Constituante et sa fameuse "VI ° République" mais qu'il "n'aura pas pu parce que l'on en l' aura empêché" et qu'il lui faudra vite régler de nouvelles urgences.
L'application de son programme ?
Qui peut croire en 2022 que les programmes des candidats pourront être appliqués à la lettre comme ils le promettent ?
Trop d'imprévus, trop de crises surgissent de toutes parts qu'il faut traiter en urgence désormais pour qu'un candidat arrivé au pouvoir n'ait le temps d'appliquer en totalité ses promesses électorales : la crise financière de 2008 du temps de Sarkozy, les attentats de 2015 du temps de Hollande, la crise des Gilets jaunes, puis le Covid, et maintenant l'Ukraine et la Corse pour Macron avec l'inflation etc etc...
C'est ce qu'on appelle les "contingences" et qui volent en escadrilles H 24 désormais avec l'amplification des chaînes d'infos en continu et des réseaux sociaux : voilà ce que les hommes politiques au pouvoir ont à affronter H 24 et qui les amène à toutes sortes de contorsions qui sont parfois à des années lumière de ce qu'ils promettaient quand ils étaient candidats.
Mélenchon, ça fait plus de trente ans qu'il est dans une opposition pépère, il n'a jamais été confronté aux dures réalités du pouvoir, il peut promettre tout ce qu'il veut, ça ne mange pas de pain.
"Le réel, c'est quand on se cogne". (J. Lacan)
Il ne s'est jamais cogné à grand chose, Mélenchon, ce carriériste payé aux frais du contribuable, cet apparatchik grand admirateur de Castro, de Maduro, voire même de Poutine "qui a fait le boulot en Syrie" comme il a osé dire une fois à la télé: quel "boulot" Poutine en Syrie ? sinon le massacre de dizaines de milliers d'opposants syriens aux côtés de son pote Bachar al Assad ? Avec l'exil de millions de Syriens à l'étranger ?
Mélenchon, grand admirateur de quelques grandes figures du fascisme de gauche. Parce que l'on parle souvent du fascisme de droite mais beaucoup plus rarement du fascisme de gauche : pourtant ça existe aussi, le fascisme de gauche.
Non, il ne s'est pas cogné à grand chose Mélenchon, sauf peut-être à sa propre personnalité qui est son plus grand défaut inquiétant bon nombre de français, y compris dans son propre camp. Et à juste titre.
Si je devais dévoiler le fond de ma pensée, je dirais que tout indique en Mélenchon une forme de fasciste de gauche qui n'a pas eu l'occasion de baisser le masque parce qu'il n'a jamais eu à exercer de véritables responsabilités politiques.