Il est mal Loulou...il est mal.
Procès en appel du RN : Louis Aliot en difficulté à la barre de la cour d’appel
La cheffe de file de l’extrême droite, le Rassemblement national ainsi que dix autres prévenus sont rejugés jusqu’au 11 février, à Paris, dans le dossier dit des assistants parlementaires. La cour a entendu, ce jeudi 22 janvier, le maire de Perpignan Louis Aliot, eurodéputé de 2014 à 2017, interrogé sur le contrat d’assistance parlementaire de Laurent Salles, décédé l’an dernier.
Depuis une semaine, les ex-eurodéputés rejugés dans l’affaire des assistants parlementaires du RN défilent à la barre de la cour d’appel.
Et leurs interrogatoires se ressemblent. Celui de Louis Aliot aussi ce jeudi 22 janvier. Il a, comme les autres, eu du mal à justifier que le contrat (du 1er juillet 2014 au 28 février 2015) de collaboration avec Laurent Salles qui, selon l’accusation, travaillait en même temps au sein de la délégation générale aux grandes manifestations du parti, n’avait rien de fictif.
Depuis une semaine, les ex-eurodéputés rejugés dans l’affaire des assistants parlementaires du RN défilent à la barre de la cour d’appel. Et leurs interrogatoires se ressemblent. Celui de Louis Aliot aussi ce jeudi 22 janvier. Il a, comme les autres, eu du mal à justifier que le contrat (du 1er juillet 2014 au 28 février 2015) de collaboration avec Laurent Salles qui, selon l’accusation, travaillait en même temps au sein de la délégation générale aux grandes manifestations du parti, n’avait rien de fictif.
Louis Aliot l’avait embauché peu après son élection au printemps 2014. « Sans entretien, sans discuter salaire, souligne la présidente de la cour. Il a dit avoir découvert être votre assistant en signant son contrat », relève-t-elle. « Non, il m’avait remis une lettre avec son CV et nous avions discuté dans mon bureau pour lui dire à quelles tâches je l’affectais au départ », conteste Louis Aliot. « C’est bizarre qu’il ait dit ça », insiste la magistrate. « Il a dit d’autres choses aussi », évacue le prévenu…
«
Peu de traces d’un travail » et un seul « SMS échangé »
Quelles missions avait ce collaborateur ? interroge aussi la cour. Réponse : « Du secrétariat, à Paris. Durant la campagne, beaucoup de courriers, de papiers, arrivaient au siège du parti, dont j’étais aussi vice-président. Et ma première préoccupation à ce moment-là , c’était de mettre de l’ordre dans tout ça ». Dans l’annuaire du mouvement en 2014, Laurent Salles était mentionné comme assistant à la délégation générale aux grandes manifestations du FN. « Ça établit plutôt qu’il travaillait non pas sous la casquette Parlement européen, mais sous la casquette FN », souligne encore la présidente, Michèle Agi. « L’annuaire est basé sur la localisation des postes téléphoniques », tente le maire de Perpignan, visiblement sans convaincre la cour.
Elle insiste : « L’étude de la boîte mail de Laurent Salles montre une majorité de mails en lien avec l’organisation de manifestations ». Pour Louis Aliot, « c’est là un travail de militant au siège du FN, pas son activité professionnelle ». Les investigations n’ont montré en revanche que « très peu de traces d’un travail parlementaire », réalisé pour le prévenu, relève la magistrate. Et « un seul SMS échangé entre vous » durant la période du contrat. « Laurent Salles a dit aussi ne pas connaître vos autres assistants parlementaires », poursuit-elle. « Il n’avait pas à les connaître, il n’y avait pas d’interaction, ils ne faisaient pas le même travail. » Autre élément accablant : l’agenda de Laurent Salles ne mentionne Louis Aliot qu’une seule fois, pour une galette des rois. « C’était son agenda militant et personnel », tente-t-il.
«
Vous trouvez ça sérieux de dire qu’il a travaillé pour vous ? »
Au terme d’un interrogatoire délicat, un des deux représentants du ministère public enfonce le clou : « Vous n’avez fourni aucune preuve. On n’a rien, on a un échange téléphonique et une galette des Rois », commence-t-il. « Est-ce que vous pensez sérieux de dire aujourd’hui que Laurent Salles a travaillé pour vous ? Est-ce que vous trouvez ça sérieux de dire aussi qu’il n’y a aucun lien avec les autres assistants parlementaires ? » Louis Aliot dit que « oui » et explique qu’il partageait son temps entre trois lieux de travail (Le Parlement européen, Paris et Perpignan). « Laurent Salles faisait un travail de secrétariat », assure-t-il enfin.
En première instance, le maire de Perpignan, candidat à un nouveau mandat, a été condamné à une peine de 18 mois d’emprisonnement dont six ferme sous bracelet électronique, 8 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Cette dernière condamnation avait été prononcée sans exécution immédiate, les juges indiquant avoir tenu compte des « montants détournés, relativement modestes » (29 967 € pris en charge par le Parlement européen) et le besoin de « préserver la liberté des électeurs », permettant ainsi à l’ancien compagnon de Marine Le Pen de conserver jusqu’alors sa mairie.
https://www.ouest-france.fr/politique/r ... 68311a6ee2