Vous souhaitez savoir s’il est vrai que le Rassemblement National (et à travers lui son prédécesseur le FN), proposent depuis de nombreuses années une forme de consultation d’initiative citoyenne, la revendication principale des gilets jaunes. C’est ce qu’affirme en tout cas Jordan Bardella, la tête de liste du parti d’extrême droite pour les élections européennes.
Le Front National proposait déjà en 1988 la création d'un «référendum d'initiative populaire» pour «permettre aux Français d’exprimer directement ce qu’ils pensent» sur différents sujets dont l’immigration, l'école ou la peine de mort.
Source:Libération.
Ainsi, le 14 janvier 2019 chez Jean-Jacques Bourdin, il expliquait: «On demande également le référendum d’initiative populaire. Ça fait des années qu’on demande cela. Ça se fait dans un certain nombre de pays comme la Suisse, par exemple. On pourrait sous 500 000 signatures, déclencher un référendum qui permettrait aujourd’hui de s’exprimer et de trancher sur la question migratoire.»
Le RIC des gilets jaunes:
Au début du mois de décembre, une liste de 42 revendications avancées par les gilets jaunes est largement diffusée sur leurs groupes Facebook. Parmi leurs souhaits, on trouve mention d’un référendum populaire:
«Le référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée nationale qui aura l’obligation (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.»
Le Front National promet un référendum d’initiative populaire depuis 1988:
Côté Rassemblement National, Jordan Bardella fait mention d’un «référendum d’initiative populaire». CheckNews a consulté les programmes à l’élection présidentielle du Front National disponible en ligne ou dans les archives électorales du CEVIPOF. Nous y avons trouvé plusieurs références à un «référendum populaire» ou «référendum d’initiative populaire», dont la première date de 1988. Le référendum d’initiative populaire, promis par Jean-Marie Le Pen, doit alors «permettre aux Français d’exprimer directement ce qu’ils pensent sur l’immigration, la réforme du Code de la nationalité, la priorité d’emploi aux Français, la peine de mort, l’école».
Depuis, il a toujours été mentionné dans les programmes du Front National aux élections présidentielles. En 2002, il s’inspire de la Suisse et de l’Italie.
En 2012, Marine Le Pen considère que ses «conditions d’organisation doivent être allégées», ce qui laisse entendre qu’il existe déjà. En effet, il s’agit d’une promesse presque tenue par Nicolas Sarkozy, qui dans son programme de 2007 s’engageait à ce que «10 % du corps électoral [puisse] demander au Parlement de se prononcer sur un texte de loi».
Si elle figure dans la révision constitutionnelle de 2008, la loi organique qui prévoyait l’application de cette mesure n’a finalement pas été adoptée sous le quinquennat Sarkozy, mais en 2013 sous la présidence de François Hollande. Depuis 2015, il est donc possible d’organiser une consultation populaire sur une proposition de loi «à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs». Puisqu’il nécessite le soutien de 4,5 millions d’électeurs, en plus de l’aval d’un cinquième du Parlement, il est difficile de l’associer au RIC des gilets jaunes, où seule la volonté du peuple, exprimée par 700 000 signataires, est nécessaire.
En 2018, le Front National évoque toujours la création d’un référendum d’initiative populaire, qui ne nécessite que la motivation de 500 000 électeurs, soit 200 000 de moins que la proposition soutenue initialement par les gilets jaunes.
https://www.liberation.fr/checknews/201 ... la_1705077


