Rien de bien nouveau sous le soleil rouge du RN.
Meeting du RN à Paris : Le Pen diabolise Bruxelles et Bardella n’a rien de neuf à ajouter...
Reportage Pour son dernier meeting avant le scrutin du 9 juin, le RN s’est contenté d’appeler à la mobilisation.
L’abstention semble désormais la seule inquiétude de l’extrême droite, au terme d’une campagne pourtant marquée par les approximations et les revirements.
15 heures pétantes, ce dimanche. Depuis une demi-heure, les milliers de militants réunis au Dôme des Sports de Paris, souvent très jeunes, sont chauffés à blanc. La musique est à fond et le DJ embauché par le parti d’extrême droite s’époumone : « Allez, allez, la famille ! On lève bien haut les drapeaux ! ». Signe que la campagne touche à sa fin, on compte dans les travées de nombreux journalistes étrangers venus assister au triomphe attendu du Rassemblement national (RN).
Appel à la mobilisation contre l’abstention
Marine Le Pen débarque sur scène, comme d’habitude, les bras en V. On passe sur les quinze minutes de discours consacrées à tirer à boulets rouges sur l’« Europe de Macron » et la Commission européenne, élevée par la triple candidate à la présidentielle au rang de gendarme toujours plus envahissant du quotidien du peuple français. Dans l’assiette (« leur horizon gastronomique, c’est la consommation d’insecte »), à la maison (« avec les factures qu’ils imposent pour déterminer de la température dans votre salon ») et au volant (« l’Europe va vous obliger à remplacer votre voiture à essence qui fonctionne très bien par une électrique à 45 000 euros ! »).
A J-7 du scrutin, face au risque de l’abstention, Marine Le Pen est surtout venue s’assurer de la motivation de ses troupes. « Le fatalisme et la passivité, c’est le pari que font nos adversaires pour s’accrocher au pouvoir. S’abstenir c’est consentir ! Il faut convaincre vos voisins, votre famille, vos entourages ! », dit-elle. Parfois sur un ton lyrique : « Vous êtes la géologie électorale de la France ». Le « grand courant sous-terrain et souverain » qui s’apprête, selon Marine Le Pen, à surgir au grand jour. Un « phénomène tellurique », même.
Bardella, lui, entre sur scène avec son propre photographe et une collaboratrice chargée d’alimenter ses réseaux sociaux en vidéos. La tête de liste, qui domine outrageusement les intentions de vote, n’a pas grand-chose de nouveau à dire : « premier parti de France », « parti de l’alternance », « dimanche prochain nous devons infliger à Emmanuel Macron la plus grande défaite qui soit », etc. « Mais rien n’est encore fait », complète Bardella, conscient, lui aussi, que l’abstention pourrait venir gâcher la fête frontiste, comme ce fût le cas lors des régionales de 2021. En dépit de sondages flatteurs, le RN n’avait, cette année-là, gagné aucune région.
Au milieu des travées, dans le brouhaha, deux militantes du mouvement Femen sont évacuées manu militari par le service d’ordre et un journaliste de Mediapart est menacé de se prendre « une droite » s’il continue de filmer les deux opposantes. « La France mérite mieux », embraye Bardella, comme si de rien n’était.
La suite relève du déjà-vu : la Marseillaise, une séance de selfies et des hurlements quand il tombe la veste.
Jordan Bardella va remporter l’élection européenne du 9 juin prochain, cela semble écrit. Une incertitude demeure : dans quelles proportions ? Franchira-t-il le seuil des 30 %, comme les sondages l’indiquent ? Fera-t-il le double du score de la majorité présidentielle ? Quant à ses turbulents cousins de Reconquête, passeront-ils la barre fatidique des 5 % ? Tous les espoirs du RN semblent désormais à portée de main, en France, mais aussi en Europe où, selon Marine Le Pen, « le vent de l’espoir s’est levé ».
Des contradictions à la pelle
Au delà de cette victoire annoncée, il aura surtout soufflé sur cette campagne du Rassemblement national (RN) un vent de « peu importe ». Peu importent les nombreux revirements programmatiques du parti frontiste et son manque de sérieux économique, l’extrême-droite aura réussi à monter. Peu importe que le parti ait défendu la sortie de l’euro jusqu’en 2017 et validé la politique expansionniste de Vladimir Poutine en Crimée jusqu’à la veille de l’invasion russe en février 2022, ses représentants semblent désormais libres de dire tout et son contraire sans en payer le prix dans l’opinion et les intentions de votes. A cet égard, ce scrutin européen aura encore permis de faire jour sur les contorsions auxquelles le RN est prêt à consentir pour l’emporter et poursuivre son entreprise en normalisation.
Les ajustements, voire les renoncements, du RN ont été nombreux. Parfois spectaculaires, comme sur le dossier néo-calédonien qui a vu Marine Le Pen opérer un virage à 180 ° par rapport à la ligne loyaliste défendue par son parti depuis des décennies. A la faveur de la flambée de violences observée sur l’île, la voilà « plus respectueuse, moins dogmatique, avec le souci de ne blesser personne », dit-elle au « Monde », annonçant être favorable à une nouvelle consultation sur l’indépendance « dans quarante ans ». Bien loin des ses déclarations en 2021, quand elle répétait que le dernier référendum prévu par les accords de Nouméa serait le dernier. Mi-mai, le RN a aussi très vite dénoncé la « brutalité » du calendrier imposé par l’exécutif, à savoir le projet de réforme constitutionnelle sur le dégel électoral. Et tant pis si, quelques jours plus tôt, ses députés avaient justement voté le texte qui a mis le feu aux poudres…
Fragilisé par les polémiques à répétition outre-Rhin de la tête de liste Maximilian Krah, le RN a aussi indiqué qu’il ne siégera plus en compagnie de l’AfD au Parlement européen. Mais ce même RN n’a toujours pas sévi suite aux propos du général Roberto Vannacci, candidat de la Ligue de l’allié Matteo Salvini en Italie. Dernière sortie connue : un hommage dans son clip de campagne, il y a quelques jours, à la Décima Mas, une unité militaire fasciste qui avait juré fidélité jusqu’au bout à Benito Mussolini et dont le chef avait tenté un coup d’Etat en 1970.
A ces contradictions, il faut ajouter des ambitions revues à la baisse en fonction de l’actualité. Notamment sur le volet écologique du programme RN revisité à la faveur de la crise agricole de cet hiver. Opposés à l’utilisation des néonicotinoïdes et du glyphosate - qu’elle qualifiait publiquement de « poison » - Marine Le Pen et le RN ont largement abandonné leur mantra de « sécurité environnementale » au profit de la dénonciation des « normes européennes » et de l’« écologie punitive » - pour s’aligner sur les positions des syndicats agricoles.
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Cette semaine, dans « Challenges », le Cercle des économistes est encore venu appuyer là où c’est censé faire mal : le projet économique du RN est «
irréaliste, inefficace et fallacieux », alertent les spécialistes. Et de rappeler l’inconstitutionnalité, en l’état, de la plupart des solutions proposées par le RN. Commentaire, il y a quelques jours, d’une députée frontiste : «
Oh vous savez, ce que disent les experts… Moi je vois surtout qu’on continue de monter dans les sondages ».
Et c’est bien la principale préoccupation du moment au RN.
https://www.nouvelobs.com/politique/202 ... outer.html
À part être jeune et "con" ou/et vieux et trouillard qui aurait envie de voter pour ce parti vendu à la Russie vêtu de son déguisement de "frexiteur" ?