Kelenner a écrit : Je pense qu'on s'égare un peu en mettant du politique dans une affaire qui devrait rester purement judiciaire.
Que Omar Raddad ait le profil du coupable idéal qui arrangeait bien la famille et la police ne fait pas de lui non plus un innocent automatiquement. Inversement, ce n'est pas parce que Victor le veut coupable à tout prix pour satisfaire ses propres lubies qu'il l'est nécessairement. Il faut s'en tenir aux faits, et éviter aussi des comparaisons douteuses avec d'autres affaires dont les contextes étaient radicalement différents.
Cette affaire n'est pas restée purement judiciaire vu que Raddad a été gracié par le président Chirac suite à une demande du roi du Maroc. Le roi du Maroc a gracié un prisonnier français emprisonné au Maroc et en "échange"" Chirac a gracié Raddad.
Je m'en tiens aux faits, voilà ma lubie.
Raddad n'a pas été gracié parce qu'un élément nouveau l'aurait innocenté. => encore une fait !
Quel est le problème désormais ? On a un assassin condamné par la Justice française pour un meurtre horrible et libre comme l'air.
Cela fait tâche. Il faut donc nettoyer cette tâche. Comment faire ?
Prouver par tous les moyens possibles et imaginables qu'il a été condamné par erreur et victime d'une erreur judiciaire.
Bien sur, les erreurs judiciaires existent, cela est toujours possible.
Mais j'ai un sérieux doute sur cette affaire.
Prenons l'hypothèse que l'enquête ait été bâclée ainsi que l'instruction. (pas sympa pour vos copains fonctionnaires de les accuser de bâcler des enquêtes criminelles !)
Comment expliquer qu'un avocat de la classe d'un Jacques Vergès n'ait pas pu montrer toutes les incohérences du dossier lors du procès et ainsi obtenir l'acquittement de son client ?
A moins que Vergès n'était pas ce ténor du barreau que les médias ont décrit ?
Autre question que je trouve intéressante. Une instruction à l'anglo-saxonne et non à la française (un juge d'instruction qui instruit à charge et à décharge) aurait-elle été mieux menée ?
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville