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Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 11 octobre 2016 18:00
par Victor
Hdelapampa a écrit :
Oui, oui, on retrouve là un peu de l'ambiance nauséabonde de l'affaire Dreyfus.
Affaire jugée, le condamné exécute sa peine.
Et...réhabilitation.
La droite déchaînée.
Les mêmes qui disent que les juges sont de gauche quand ils condamnent un leader de droite, trouvent soudainement que la justice a raison a priori...contre un Arabe.
Trouves-tu normal qu'une personne condamnée par la Justice française pour un crime horrible soit graciée par le fait du prince ?
Parce qu'un roi d'un pays étranger demande sa grâce ?
C'est quand même pour le moins un petit peu choquant. J'oserais même dire insultant vis à vis de la Justice française.
Logiquement le doute favorise l'accusé.
Ce type n'a pas eu droit à un avocat commis d'office, c'est le ténor du barreau du moment, vergès qui l'a défendu.
Soit la Justice française est en dessous tout, soit les charges et preuves étaient suffisantes pour le condamner.
Vois-tu une autre explication ?

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 11 octobre 2016 18:59
par Hdelapampa
Patrick Dils avait même AVOUE.
Il se pourrait que ces traces d'ADN soient un "nouvel élément".
Je me souviens des déclarations de son avocat.
Il est tout à fait possible que malgré une insuffisance de preuves, le doute ne profite pas (toujours) à l'accusé.
Des témoignages à décharge, établissant que Raddad ne pouvait être sur les lieux à l'heure du crime n'ont pas été retenus lors du procès.
http://edoctorale74.univ-lille2.fr/file ... eaua02.pdf
Pages 44 et suivantes
: Les erreurs de l’affaire Omar Raddad
Le moins qu’on puisse dire c’est que l’affaire O. Raddad aurait mérité d’être mieux ficelée. «Quand la police n’a pas de preuve mais des certitudes, elle a parfois tendance à confectionner des pièces à conviction qui corroborent des intuitions, c’est ce que nous allons voir dans la présente affaire.
La plus grosse erreur qui a été commise est le fait du juge d’instruction M.Arfinengo, qui a autorisé la famille de la victime à incinérer le corps de G. Marchal alors que les conclusions de l’expertise n’étaient pas encore en sa possession.
De plus on peut douter de la légitimité de cette incinération dans la mesure où G. Marchal avait elle-même prévu d’être enterrée au côté de son conjoint dans le caveau familial. D’ailleurs, ses amis proches affirment qu’elle avait une phobie du feu.
La famille de la victime avait-elle quelque chose à cacher?
Le résultat de cette erreur, est que l’on n’a pas pu demander une mesure exacte des doigts de la victime afin que l’on puisse les comparer avec les lettres tracées.Le rapport d’expertise conclu que, sous les ongles de la victime il n’y avait aucune de sang, de chair, de poils ou de pellicules de cheveux d’Omar.

D’ailleurs, aucune recherche d’ADN n’a été effectuée sur les inscriptions, ni sur la barre de fer, et le chevron de bois n’a été expertisé que dix ans après les faits.
Le juge d’instruction a également ordonné la destruction d’une pellicule photo.
Qui avait-il sur ces photos, nous ne le saurons jamais?

La seconde erreur qui montre à quel point les enquêteurs étaient convaincus de la culpabilité d’Omar Raddad est la modification du jour du crime afin que cette date «colle» avec l’emploi du temps d’Omar. En effet, dans leur premier rapport les médecins légistes ne font pas état de l’heure de la mort. Ce n’est que dans leur troisième
rapport du 2 novembre 1991 pour répondre à une question sur l’heure approximative du décès qu’ils écriront :
«la mort remonte au 24 juin 1991 entre 11 heures et 13heures 30, car à 20 heures lors de l’arrivée du docteur Page, il a constaté une rigidité complète », ce qui prouvait que le cadavre n’avait pas été retourné depuis des heures. Or, le 24 juin, Omar Raddad se trouvait dans la famille de sa femme à Toulon.
Le 15 décembre, les experts affirment qu’il s’agit d’une faute de frappe et qu’il faut lire le 23 juin 1991.
Les expertises graphologiques qui affirment que Mme Marchal est l’auteur des inscriptions, expertises qui seront contestées en 1997, constituaient le seul élément matériel contre O. Raddad.
De ce fait, les enquêteurs ont tenté de camoufler les contradictions de l’enquête en privilégiant le mobile qu’aurait eu O.Raddad. En effet, ils ont affirmé qu’Omar aurait tué Mme Marchal pour l’argent car il fréquentait régulièrement les prostitués, or il s’est avéré que cela ne s’est produit qu’une fois.
De plus, les témoins favorables à Omar ont été occultés. En effet, certains ont affirmé avoir vu une voiture immatriculée en Suisse stationnée devant la villa. D’ailleurs Mme Marchal avait accepté par téléphone une invitation pour le week-end et avait donné congé à sa femme de ménage. Ce coup de téléphone ne sera même pas vérifié par les gendarmes, qui ne recherchèrent pas non plus l’homme que fréquentait Mme Marchal.
Les gendarmes n’ont pas non plus pris en compte le coup de téléphone qui fut donné
à Mme Pascal, alors que le crime n’était connu que des gendarmes et qui disait:«il en a fait de belles votre jardinier et elle l’a écrit avec son sang ».
Un maçon avait également affirmé que le lundi 24 juin il avait entendu le portail de la villa sonné et une dame demandait de l’intérieur:« qui est là? ». Le visiteur un homme blond n’a pas répondu et est parti.

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 11 octobre 2016 19:17
par Kelenner
Je pense qu'on s'égare un peu en mettant du politique dans une affaire qui devrait rester purement judiciaire.

Que Omar Raddad ait le profil du coupable idéal qui arrangeait bien la famille et la police ne fait pas de lui non plus un innocent automatiquement. Inversement, ce n'est pas parce que Victor le veut coupable à tout prix pour satisfaire ses propres lubies qu'il l'est nécessairement. Il faut s'en tenir aux faits, et éviter aussi des comparaisons douteuses avec d'autres affaires dont les contextes étaient radicalement différents.

Très franchement, je ne sais toujours pas à l'heure actuelle si Omar Raddad est coupable ou non. Il y a des éléments à charge et à décharge dans le dossier, mais rien de concluant dans un sens comme dans l'autre.

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 11 octobre 2016 19:45
par Lion blanc
Non non non, nous n'allons pas refaire une affaire Dreyfus ou voir même une affaire Sacco et Vanzetti rien que pour le plus grand bonheur de Victor et ses semblables.. Laissons les juges faire leur travail.

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 11 octobre 2016 20:32
par saint thomas
Victor a écrit :
C'est bien joli, l'intuition féminine, mais bon, c'est insuffisant pour justifier une révision de son procès.
Ce type a quand même eu droit à un ténor du barreau comme avocat ... ce qui a permis la médiatisation de l'affaire.
Comment imaginer qu'un ténor du barreau comme vergès n'a pas pu faire jouer le doute en faveur de l'accusé ?

L'enquête a été construite de façon à accuser Omar Raddad
ans un premier temps, les trois médecins légistes ont daté le décès au lundi 24 juin 1991, en décrivant que la victime avait encore les yeux clairs, avant d'invoquer une erreur de frappe et de retenir la date du 23 juin 1991, car il a été établi qu'Omar Raddad était à Toulon, le lundi 24.
Lors du rapport d'autopsie, aucune trace de sang n'a été découverte sous les ongles de la victime, juste de la terre, détail qui avait échappé aux avocats à l'époque.
L'amant de la femme de ménage – celle qui a déclaré aux enquêteurs que Ghislaine Marchal l'a plusieurs fois soupçonnée de vols d'argent – un personnage connu sous le sobriquet de « Pierrot le Fou » et notamment condamné pour violences, cambriolages et pour meurtre (par la cour d'assises de Paris en 1983), aurait joué un rôle avec un ou plusieurs de ses complices habituels, d'autant qu'il donne plusieurs versions contradictoires et ne possède pas d'alibi le jour du crime. L'enquête officielle ne s'est pourtant jamais intéressée à lui et cet élément a été mis en évidence et révélé par le détective Roger-Marc Moreau.
Les enquêteurs n'ont fait aucune investigation dans le milieu proche de la victime (héritiers potentiels, famille proche, milieu des affaires).
Le corps de la victime a été incinéré le lendemain de l'autopsie (la crémation aurait été un souhait de Ghislaine Marchal10 selon sa sœur Claude épouse de l'avocat Bernard de Bigault du Granrut, cependant il n'existe aucune trace écrite et, de plus, Ghislaine Marchal avait fait construire un caveau au cimetière de Mougins). Cette procédure plus qu'inhabituelle a rendu impossible toute investigation ultérieure et notamment toute contre-expertise qu'aurait pu réclamer la défense d'Omar Raddad, ladite crémation ayant eu lieu avant même que l'autopsie ait été communiquée aux parties et avant qu'on ait pu relever les empreintes digitales ou mesurer la largeur des doigts de la victime14
Aucune empreinte digitale n'a été relevée sur les lieux du crime. Selon les gendarmes, aucune trace exploitable n'aurait été révélée15.
Plusieurs personnes, dont messieurs Jean-Claude Goldstein et Christian Vellard, se trouvaient sur l'étroit chemin Saint-Barthélemy à Mougins, à un endroit situé entre la propriété de Francine Pascal (où Omar Raddad travaillait le dimanche 23 juin 1991) et la propriété de Ghislaine Marchal (où le crime a été commis). Pour se rendre à la Chamade (la maison où résidait la victime), située au fond d'une impasse, ou pour en partir, Omar Raddad aurait obligatoirement dû passer devant eux ; or les deux hommes ne l'ont pas vu passer, et il en est de même pour les autres personnes présentes ce jour-là (dont Nicole Jacquot, ses deux filles, son fils et son gendre ainsi que Jacques Montagne).
Un homme, Salah El Ouaer, se trouvait dans la propriété contiguë. Il a affirmé avoir constaté la présence de plusieurs personnes à la Chamade, dont celle de la femme de ménage, dans la matinée du lundi 24 juin 1991, donc juste quelques heures avant la découverte du crime. Ce témoin essentiel a été retrouvé en Tunisie et auditionné par le détective Roger-Marc Moreau devant les caméras de France 3, en 1998. Précédemment, en 1991, il avait été entendu par les gendarmes, qui n'auraient pas retranscrit la totalité de sa déposition (le procès-verbal incomplet établi par eux et figurant au dossier, mentionnait, en outre, un état-civil inexact, ses nom, prénom, date et lieu de naissance ayant été modifiés)16.
Ce n'est pas de l'intuition féminine , ce sont des faits , ils disent que tout a été fait par les policiers pour occulter tout ce qui pouvait être en contradiction avec l'accusation de Radad

Y'a eu des consignes de donner en haut lieu , voilà tout

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 11 octobre 2016 20:53
par gobsec
Il est tout à fait possible que malgré une insuffisance de preuves, le doute ne profite pas (toujours) à l'accusé.
Quand tu vois l'affaire Marc Machin, entres autres affaires sordides, ça a bien été le cas.
Tout le beau monde du 36 qui connaissent leur métier s'étaient chargés de le faire avouer.
Avec les résultats que l'on connaît, et encore, si le véritable auteur du crime ne s'était pas dénoncé, il est amplement possible qu'il croupisse encore en tôle à l'heure qu'il est.
Les pièces à conviction qui allaient l'innocenter preuve à l'appui avaient même faillis être détruites entre temps et comble de chose surréaliste, elles n'avaient pas été exploitées, car on était sûr que, son passé permettait de conclure que c'était lui :super:

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 11 octobre 2016 20:56
par gobsec
saint thomas a écrit :


L'enquête a été construite de façon à accuser Omar Raddad



Ce n'est pas de l'intuition féminine , ce sont des faits , ils disent que tout a été fait par les policiers pour occulter tout ce qui pouvait être en contradiction avec l'accusation de Radad

Y'a eu des consignes de donner en haut lieu , voilà tout
+1

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 11 octobre 2016 23:10
par Allora
En novembre 2015, les experts effectuent ainsi un deuxième prélèvement sur les deux portes et le chevron.

Cette fois, quatre empreintes génétiques sont isolées, deux parfaitement exploitables et deux autres plus difficilement. Une seule certitude : il s’agit de quatre ADN masculins.
Mais leur exploitation doit se poursuivre.

http://www.liberation.fr/france/2016/10 ... ut_1521198

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 12 octobre 2016 09:42
par Victor
Kelenner a écrit : Je pense qu'on s'égare un peu en mettant du politique dans une affaire qui devrait rester purement judiciaire.

Que Omar Raddad ait le profil du coupable idéal qui arrangeait bien la famille et la police ne fait pas de lui non plus un innocent automatiquement. Inversement, ce n'est pas parce que Victor le veut coupable à tout prix pour satisfaire ses propres lubies qu'il l'est nécessairement. Il faut s'en tenir aux faits, et éviter aussi des comparaisons douteuses avec d'autres affaires dont les contextes étaient radicalement différents.
Cette affaire n'est pas restée purement judiciaire vu que Raddad a été gracié par le président Chirac suite à une demande du roi du Maroc. Le roi du Maroc a gracié un prisonnier français emprisonné au Maroc et en "échange"" Chirac a gracié Raddad.
Je m'en tiens aux faits, voilà ma lubie.
Raddad n'a pas été gracié parce qu'un élément nouveau l'aurait innocenté. => encore une fait !
Quel est le problème désormais ? On a un assassin condamné par la Justice française pour un meurtre horrible et libre comme l'air.
Cela fait tâche. Il faut donc nettoyer cette tâche. Comment faire ?
Prouver par tous les moyens possibles et imaginables qu'il a été condamné par erreur et victime d'une erreur judiciaire.
Bien sur, les erreurs judiciaires existent, cela est toujours possible.
Mais j'ai un sérieux doute sur cette affaire.
Prenons l'hypothèse que l'enquête ait été bâclée ainsi que l'instruction. (pas sympa pour vos copains fonctionnaires de les accuser de bâcler des enquêtes criminelles !)
Comment expliquer qu'un avocat de la classe d'un Jacques Vergès n'ait pas pu montrer toutes les incohérences du dossier lors du procès et ainsi obtenir l'acquittement de son client ?
A moins que Vergès n'était pas ce ténor du barreau que les médias ont décrit ?

Autre question que je trouve intéressante. Une instruction à l'anglo-saxonne et non à la française (un juge d'instruction qui instruit à charge et à décharge) aurait-elle été mieux menée ?

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 12 octobre 2016 13:57
par Hdelapampa
Justement. Le choix de Vergès était une erreur.
Il s'était spécialisé dans la défense des coupables d'évidence (Victor, vous ne lisez pas les messages) comme Klaus Barbie.

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 12 octobre 2016 14:10
par Victor
Hdelapampa a écrit : Justement. Le choix de Vergès était une erreur.
Il s'était spécialisé dans la défense des coupables d'évidence (Victor, vous ne lisez pas les messages) comme Klaus Barbie.
OK. Merci pour cet éclaircissement.

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 12 octobre 2016 14:21
par sacamalix
Mais alors, à qui la faute (de conjugaison) ? :hehe: :hehe:

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 12 octobre 2016 15:52
par Allora
sacamalix a écrit : Mais alors, à qui la faute (de conjugaison) ? :hehe: :hehe:
le coupable a fait la faute de conjugaison
pour faire croire que c'était qq'un d'analphabète qui avait tué la victime donc viser le jardinier ..

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 12 octobre 2016 16:10
par Victor
Allora a écrit :

le coupable a fait la faute de conjugaison
pour faire croire que c'était qq'un d'analphabète qui avait tué la victime donc viser le jardinier ..
Tu connais l'affaire ? Je me pose des questions. :confus25
L'accusation repose sur le fait que la victime a désigné son assassin en inscrivant son nom avec son sang.

Re: Omar ne m'a pas tuer !

Posté : 12 octobre 2016 16:31
par gobsec
Victor a écrit :
Tu connais l'affaire ? Je me pose des questions. :confus25
L'accusation repose sur le fait que la victime a désigné son assassin en inscrivant son nom avec son sang.
Sauf que les gens n'y croient pas que ce soit elle qui a écrit cela, c'est loin d'être prouvé.Et pour accuser quelqu'un il faut des preuves.Si tu te retrouves dans un merdier tu t'en souviendras.