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Re: Clivage chez Macron

Posté : 09 août 2017 18:30
par Skeptical Guy
UBUROI a écrit : Tu te moques du monde!
Ce n'est pas à un radiateur que tu t'es accroché à l'école de la République, c'est au radiateur, à la canalisation et à la chaudière!
Je ne vois pas pourquoi certains internautes d'ici s'essaient à la pédagogie, si c'est pour ce résultat.
Car rien n'y fait, la plupart des "gens" d'ici gardent mordicus leurs opinions et leurs errances qu'un gamin de LP, certes placé loin du radiateur, n'oserait proférer le jour de son oral.
Plus de travail! avant de sortir des sornettes qui me font chier, d'autant plus chier qu'elles sont le fruit d'un entêtement de sales gamins hermétiquement bouchés; jamais, je n'oserai écrire ce que je lis des fois.
Soyez curieux et travaillez vos sujets plutôt que de bondir sur vos claviers comme des Lucky Lucke de l'à peu près.
Bien, je vois que ça raisonne en comptable qui comprend pas l'économie au-delà de l'année fiscale et des colonnes d'un tableur Excel, donc j'vais me montrer plus explicite.

La baisse des cotisations sociales conduit jamais à une hausse durable du salaire net. Pourquoi ?

Dans un premier temps, cette baisse des cotisations au profit de la CSG va permet une petite hausse du salaire mensuel net. Ça, c'est l'effet immédiat de la réforme.

Mais les salariés changent de jobs, surtout dans une économie post-industrielle ou faire sa carrière entière dans la même boîte et sur un même poste est un lointain souvenir passé. Associé à un droit du travail assoupli permettant une renégociation du contrat entre employeur et employé, il va se produire un phénomène : le salarié verra son contrat de travail changé en restant à son poste ou changera tout simplement de job ou de boîte verra la petite hausse de son salaire disparaître in fine.

"Mais pourquoi ?" se demande-t-il en se grattant le sommet du crâne ?

Parce que le salaire (et plus précisément le prix du travail) est fixé en fonction du rapport offre/demande du travail (le chômage, symbolisant une offre trop élevée qui induit une pression à la baisse sur les salaires) et en fonction du prix que l'entreprise est prête à payer pour un job. Comme l'entreprise est une structure cherchant la rentabilité maximale, elle essayera de maintenir le salaire à un niveau pas trop élevé.

Résultat, le petit gain de salaire obtenu sur l'année en cours par la réforme de ce brave gouvernement disparaîtra à terme et sera transféré vers le capital après maximisation de la rentabilité de l'entreprise, comme c'est le cas désormais depuis près de 30-40 ans, avec le développement d'un chômage structurel qui maintient une pression sur les salaires.

C'est peut-être plus clair comme ça non ?

En gros, cette mesure ne sert qu'à réduire à moyen terme le prix du travail, pas à augmenter le pouvoir d'achat. Si on veut augmenter le pouvoir d'achat efficacement, il faudrait déjà que le marché du travail soit moins accablé de sous-emploi et de chômage qu'il ne l'est actuellement pour obtenir un équilibre favorable aux salariés.

De plus, comme cette baisse de cotisation est une baisse du salaire différé servant à payer les retraites, indemnités chômages, indemnités pour congé maladie, les soins, etc. Réduire les cotisations pose l'épineuse question de l'équilibre des comptes sociaux et donc du pouvoir d'achat des personnes ayant besoin de ce système : retraités, malades, chômeurs, familles, etc. Bref, la plupart des gens quoi... Et donc l'option de réduire les aides disponibles pour maintenir cet équilibre peut être envisagé.

Donc au final, ce n'est pas vraiment un gain probant de pouvoir d'achat il semblerait. Si cette baisse conduit à un prix du salaire plus faible + une baisse des prestations sociales (pour garder un équilibre budgétaire de la Sécu), ça veut dire qu'on s'est fait avoir pour quelques euros tout de suite au lieu de garantir nos comptes sociaux sur le long terme...

Re: Clivage chez Macron

Posté : 09 août 2017 18:53
par UBUROI
lotus95 a écrit :
UBUROI a écrit :


Tu te moques du monde!
Ce n'est pas à un radiateur que tu t'es accroché à l'école de la République, c'est au radiateur, à la canalisation et à la chaudière!
Je ne vois pas pourquoi certains internautes d'ici s'essaient à la pédagogie, si c'est pour ce résultat.
Car rien n'y fait, la plupart des "gens" d'ici gardent mordicus leurs opinions et leurs errances qu'un gamin de LP, certes placé loin du radiateur, n'oserait proférer le jour de son oral.
Plus de travail! avant de sortir des sornettes qui me font chier, d'autant plus chier qu'elles sont le fruit d'un entêtement de sales gamins hermétiquement bouchés; jamais, je n'oserai écrire ce que je lis des fois.
Soyez curieux et travaillez vos sujets plutôt que de bondir sur vos claviers comme des Lucky Lucke de l'à peu près.
Uburoi, ne te fâches pas, il faut aller plus loin que le bulletin de salaire pour comprendre ce que veut dire Skeptical

le salaire net, tel que tu l'entends, n'est que le salaire perçu mensuellement par un salarié ;

cependant, les cotisations sociales qu'il paie contribuent à financer tout le système de protection sociale : maladie, chômage, retraite ; si les cotisations baissent, les recettes des caisses baissent également

en raisonnant par l'absurde, si l'on supprimait toutes les cotisations salariales et patronales, les caisses ne pourraient plus financer les prestations existantes : soins de santé, arrêts maladie, allocations chômage, retraites ... qui représentent donc le salaire différé dont parle Skeptical.

exemple : si une personne est en arrêt maladie, elle perçoit des indemnités journalières financées par les cotisations d'assurance maladie auxquelles elle contribue tous les mois ; c'est donc un salaire différé
Idem pour les retraités, les chômeurs ...
:super: avec toi, sur la "redistribution" sociale; je m'énervais avec délice du constat que peuvent d'ailleurs formuler les enseignants, qui essaient de montrer aux élèves "la voie de la raison", et non celle plus facile, plus agréable de l'opinion, des préjugés non fondés...
Pour en revenir avec ton "salaire différé", je me souviens lors d'un audit chez un artisan boucher employant une 20aine de salariés et qui s'en "prenait" à cette "putain de Sécu" qui lui pompait ses recettes lui avoir expliqué:
- si les charges patronales et salariales n'existaient pas... la SECU n'ont plus; que dans cette hypothèse le salarié pour se couvrir des risques lui réclamerait TOUTES les COTISATIONS SALARIALES et les PATRONALES, les deux étant nécessaire à financer la protection sociale. Eh oui! il réclamerait le versement de son BRUT et les cotisations patronales pour adhérer aux régimes non obligatoires qui se substitueraient au régime obligatoire.
- si la SECU n'existait pas, la retraitée viendrait-elle lui acheter son jambon sans nitrate quotidien, le gars du BTP son pâté du midi pour sa gamelle, etc... Les ALLOCS, les RETRAITES, les INDEMNITES qui maintiennent le revenu... repartent dans le circuit économique!

Simple comme bonjour! Et pourtant l'artisan ne parut pas convaincu.

Pour S. Guy
Le coût du travail c'est le salaire brut, cad salaire net + cotisations salariales; le coût du travail ne baisse pas en baissant les charges salariales...L'employeur n'effectue que le rôle du percepteur en reversant à l'URSSAF les charges salariales qui appartiennent au salarié. La retenue indue du précompte est d'ailleurs un délit.
Par contre, la baisse des charges salariales entraîne un manque à gagner pour l'ACOSS, et donc les organismes dépensiers. Il faudra donc que l'Etat compense ces charges, ce qu'il fait "assez complétement" pour tous les allégements de charges patronales créés depuis 1978!

Re: Clivage chez Macron

Posté : 09 août 2017 19:10
par Skeptical Guy
UBUROI a écrit : Pour S. Guy
Le coût du travail c'est le salaire brut, cad salaire net + cotisations salariales; le coût du travail ne baisse pas en baissant les charges salariales...L'employeur n'effectue que le rôle du percepteur en reversant à l'URSSAF les charges salariales qui appartiennent au salarié. La retenue indue du précompte est d'ailleurs un délit.
Par contre, la baisse des charges salariales entraîne un manque à gagner pour l'ACOSS, et donc les organismes dépensiers. Il faudra donc que l'Etat compense ces charges, ce qu'il fait "assez complétement" pour tous les allégements de charges patronales créés depuis 1978!
Je parle pas comptabilité bon sang de bois. Je parle économie. Ce dont vous me parlez là, je le sais. Mais ça ne contredit strictement en rien ce que je viens de dire. Vous me parlez d'aspect comptable alors que ça n'a rien à voir avec mon propos.

Si les cotisations baissent sur le salaire brut, le marché du travail s'équilibrera en fonction de cette baisse des cotisations, et donc permet une variation à la baisse du salaire en question dans un contexte de fort chômage structurel. C'est simple à comprendre non ? A moyen terme, il n'y aura pas de hausse de salaire net, aucun gain de pouvoir d'achat. Ça ne fera que réduire le prix du travail.

Vous pouvez parler comptabilité à longueur de temps, c'est pas le domaine de compétence dont il est question ici puisqu'il s'agit d'une conséquence macroéconomique. J'vais pas utilisé des notions de comptabilité pour parler macroéconomie, autant que je vais pas utiliser des notions d'informatique pour discuter plomberie.

Re: Clivage chez Macron

Posté : 10 août 2017 00:11
par Hdelapampa
UBUROI a écrit :

:super: avec toi, sur la "redistribution" sociale; je m'énervais avec délice
Tout s'explique... :mdr3: