Paris se dote du premier supermarché coopératif et participatif de France
JÉRÉMY BOUILLARD - JEREMY BOUILLARD | LE 23/02/17 À 16H11
Actuellement en phase de test, "La Louve" a déjà séduit près de 4.500 personnes depuis son ouverture dans le 18e arrondissement fin 2016. Anne Hidalgo, la maire de Paris, s'est rendue sur place ce mercredi.
Etre à la fois client, actionnaire et bénévole de son supermarché, c'est ce que propose La Louve, un projet coopératif et participatif, actuellement en phase de test dans le 18e arrondissement de Paris. Un concept qui mûrit depuis 2010, tout droit venu de New York, que les cofondateurs Tom Boothe et Brian Horihan ont décidé d'importer dans la capitale française. La maire de la ville, Anne Hidalgo, a visité ce mercredi ce commerce d'un nouveau genre qui s'étend sur 1.450 m².
A La Louve on ne parle pas vraiment de clients mais plutôt de coopérateurs. Car pour pouvoir y faire ses courses, chaque participant se doit d'acheter dix parts, l'équivalent de 100 euros. Les bénéficiaires de minima sociaux, eux, peuvent investir dans une seule part, soit 10 euros. Le projet est ainsi financé à 13 % par les coopérateurs et à 76 % par des emprunts participatifs et quelques emprunts bancaires. Pour le reste, La Louve peut compter sur des dons et des subventions publiques.
Un accès privilégié en contrepartie de bénévolat
"Un modèle qui existe depuis le 19e siècle", précise Tom Boothe, président et cofondateur de La Louve. Les coopérateurs doivent assurer trois heures consécutives, bénévolement et toutes les quatre semaines, des tâches nécessaires au bon fonctionnement du supermarché (tenir la caisse, réceptionner les livraisons, approvisionner les rayons...). Ils assistent les six salariés qui travaillent, eux, à temps plein.
"Le fait de travailler quelques heures par mois, ce n'est rien par rapport à la qualité et au prix des produits que l'on achète", témoigne Alain, 69 ans. Les coopérateurs ont le choix parmi près de 2000 références qui évoluent en fonction de leurs souhaits et de leurs achats. Des produits alimentaires et non alimentaires, étiquetés "bio", "local", "issu d'une coopérative" ou encore "commerce équitable". La Louve pratique des prix relativement bas grâce à la participation de ses membres, à la réduction des intermédiaires et à l'absence de marketing.
Et si la Louve réalise, à terme, des bénéfices ? "Dans un premier temps on va rembourser nos dettes, répond Tom Boothe. Et engager encore des salariés, réinvestir dans la coopérative, acheter des équipements de meilleure qualité. Mais ça serait aux membres de décider quoi faire avec ces bénéfices. Une chose que l'on ne va pas faire, c'est les redistribuer."
Les coopérateurs sont aujourd'hui près de 4.500 et "près de 90 personnes nous rejoignent chaque semaine en ce moment", complète Tom Boothe. Enthousiaste, Anne Hidalgo a salué un projet "qui part d'une utopie, coopérative et collaborative, et qui rencontre du succès". "On maîtrise la chaîne alimentaire, les prix, il y a une participation citoyenne, a ajouté l'élue. Plein d'ingrédients qui font qu'on espère que la Louve grandisse et fasse pleins de petits louveteaux !"
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https://www.lesechos.fr/23/02/2017/lese ... IhpuCaU.99