Quoi qu'en dise "Viktor" affublé d'un masque de Larcher...
Le RN tente de faire croire qu’il ne connaît pas vraiment Steve Bannon après son salut nazi
Pendant tout le week-end, le parti d’extrême droite était en opération sauvetage après l’annulation du discours de Bardella au meeting de l’ancien conseiller de Trump vendredi 21 février.
En 2018, le RN lui déroulait pourtant le tapis rouge.
Le RN est un parti paradoxal qui, cofondé par d’anciens SS, ne souhaite pourtant pas être associé à des néonazis. Ainsi en est-il de la dédiabolisation du mouvement et de son président Jordan Bardella, contraint et forcé vendredi 21 février d’annuler son discours à la Conservative Political Action Conference de Washington après le salut nazi effectué par Steve Bannon.
Depuis vendredi, le RN est en opération sauvetage : pas question que le salut nazi de Bannon nuise d’une quelconque manière au parti. Et pour cela, la tactique est claire : faire de Bannon un «intervenant» quelconque qui n’aurait aucun lien avec le RN. Cela a commencé avec Bardella, présentant ainsi l’ancien conseiller de Donald Trump. Et cela s’est poursuivi le week-end, avec par exemple le député lepéniste Thomas Ménagé. Sur France 2 samedi, le porte-parole du groupe RN à l’Assemblée a minimisé les liens entre sa famille politique et Bannon : «Il n’a jamais été un allié. Ce n’est absolument pas une personne avec qui nous avons eu des positions alignées. Mais vous pouvez échanger avec des personnes avec lesquelles vous êtes en désaccord sauf à partir du moment où il y a une limite qui est franchie.» Et cette limite, pour le RN, c’était donc le salut nazi.
Pas sulfureux
Sauf que le parti d’extrême droite réécrit un peu trop l’histoire. En 2018, le FN avait déroulé le tapis rouge à Bannon, invité vedette du congrès du parti d’extrême droite. Une venue organisée par Louis Aliot. «Non, je ne le trouve pas sulfureux, estimait alors auprès de l’Obs ce dernier. C’est quand même lui qui a fait gagner Donald Trump. Je pense qu’on a des choses à apprendre, forcément. Je pense qu’il a des choses à nous dire.» Sur France Inter, Sébastien Chenu voyait en Bannon l’incarnation du «rejet de l’establishment, de l’Union européenne, du “système” politico-médiatique». Un constat en partie partagé par Marine Le Pen qui, si elle se défendait de faire de Bannon un «allié», estimait néanmoins que sa venue permettrait de «montrer qu’[ils ne sont] pas seuls, et pas seulement en Europe».
Son beau-frère et conseiller Philippe Olivier mesurait la chance d’avoir l’ancien conseiller de Trump à leurs côtés. «Quand on était dans la loge ensemble, c’était vraiment agréable. C’est un moment important, sa venue, vous savez. Vraiment important, disait-il à l’Obs. […] Je trouve que Steve Bannon ressemble beaucoup à Jean-Marie Le Pen.» A l’époque, il n’y avait bien que le cofondateur du mouvement pour y trouver à redire. Ostracisé depuis ses énièmes sorties négationnistes et pro-Pétain, le «Menhir» n’avait pas manqué l’occasion de moquer la stratégie de sa fille. «J’ai plutôt de la sympathie pour Bannon [mais] je pense que [sa venue] n’est pas exactement la définition de la dédiabolisation», ironisait-il à l’AFP.
Rapprochements
En décembre 2018, Le Pen fille et Bannon s’étaient tous deux affichés au meeting du parti fasciste flamand Vlaams Belang pour dénoncer le «pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières» de l’ONU. L’année suivante, en marge des européennes 2019, d’autres échanges avaient eu lieu. «Nous nous sommes rapprochés de lui pour deux raisons : c’est un conseiller politique […] et c’est un conseiller financier», détaillait Marine Le Pen à France Info. Bannon lui-même confiait au Parisien être un «conseiller informel» qui fait «des observations à certains partis» et donne «des conseils sur la levée de fonds».
De son côté, Bannon s’est défendu ce week-end en expliquant que son geste n’était pas un salut nazi mais «un salut à la foule».
Il en a profité pour fustiger l’attitude de la «poule mouillée» Bardella. «J
’ai fait exactement ce même geste au FN il y a sept ans quand j’ai donné un discours, a-t-il rappelé. Si ça l’inquiète autant et qu’il se fait dessus comme un petit enfant, il n’est pas digne de diriger la France.» Eh oui, c’est compliqué l’amitié. Surtout avec les gens d’extrême droite.
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