Faut croire que c'est dans leurs gènes...
RAPPEL :
Soupçons de fraude : le Rassemblement national et ses alliés visés par une enquête du Parquet européen
Publié le 08.07.2025
L’organe européen indépendant a annoncé ce mardi 8 juillet l'ouverture d'une enquête
sur le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen, ainsi que leurs alliés d’extrême droite à Bruxelles, pour des soupçons d’irrégularités financières.
Le Rassemblement national à nouveau dans la tourmente. Le Parquet européen a annoncé ce 8 juillet avoir ouvert une enquête sur le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella, ainsi que sur certains de ses alliés d’extrême droite à Bruxelles, soupçonnés de détournements financiers. "Le Parquet européen a ouvert une enquête", a indiqué sa porte-parole à l’AFP, sans donner davantage de détails "afin de ne pas compromettre les résultats de l’enquête".
Avec ses partenaires de l’ex-groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen, le parti français est suspecté d’avoir "indûment dépensé" plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024, selon un rapport de la direction des affaires financières de l’institution, révélé par plusieurs médias début juillet.
Ce rapport constituait un contrôle financier ordinaire des comptes et des archives à l'occasion de sa dissolution. La majorité des membres d'ID sont aujourd'hui affiliés au groupe des Patriotes pour l'Europe (PfE) présidé par Jordan Bardella.
Deux sociétés liées à des proches de Marine Le Pen dans le viseur de la justice
Même si la formation française ne dirigeait pas la coalition à cette époque – ni à la présidence, ni au secrétariat général, la coalition étant alors dominée par la Ligue du Nord italienne – une grande partie des fonds alloués a tout de même profité à deux entreprises liées à des proches de Marine Le Pen : Frédéric Chatillon, ancien conseiller, et son épouse, Sighild Blanc.
Selon le rapport du Parlement européen, l’agence de communication e-Politic a reçu 1,7 million d’euros à l’issue d’un appel d’offres jugé "purement formel" et entaché de "graves problèmes de conformité", d’après les inspecteurs européens. Ceux-ci concluent que "toutes ces dépenses […] sont irrégulières".
Le même constat s’applique à l’entreprise Unanime, qui a perçu plus de 1,4 million d’euros pour des prestations d’impression, elles-mêmes sous-traitées à moindre coût. La marge réalisée sur cette opération est estimée à 260 000 euros.
Ce sont précisément ces éléments qui vont être scrutés de près par le Parquet européen. Lancé le 1er juin 2021, ce dernier est la première instance européenne indépendante avec des compétences judiciaires propres. Basé à Luxembourg, il est chargé d'enquêter, poursuivre et traduire en justice les auteurs d’infractions pénales portant atteinte aux intérêts financiers de l’UE. Le Parquet européen doit travailler main dans la main avec les autorités nationales. Il collabore également étroitement avec d'autres acteurs tels que l'Olaf, Eurojust, Europol et les parquets nationaux.
À la différence du scandale des assistants parlementaires, cette affaire ne porte pas sur les fonds destinés à payer les collaborateurs des eurodéputés.
Elle concerne plutôt un autre type de budget : les crédits que le Parlement européen attribue chaque année aux groupes politiques, connus dans le jargon européen sous le nom de "ligne budgétaire 400". L’utilisation de ces fonds publics européens est strictement réglementée afin de garantir qu’ils soient utilisés de manière appropriée. Ces crédits doivent exclusivement servir au fonctionnement du groupe politique (comme le secrétariat, l’équipement informatique ou l’organisation de réunions) ou à des actions directement liées aux activités politiques de l’Union européenne.
"Guerre de tranchées"
Interrogée sur RTL il y a quelques jours, Marine Le Pen avait dit ne pas avoir "regardé ce dossier". "Il peut y avoir des désaccords administratifs avec le Parlement européen" et "on va essayer, encore une fois, de les résoudre", avait-elle ajouté, avant de qualifier l’institution d’"organe politique [qui] mène à l’égard de son opposition une guerre de tranchées".
Car la mention "encore une fois" n'a ici rien d'anodin. La responsable politique a déjà été condamnée en France dans une affaire distincte, dite des assistants parlementaires européens, le 31 mars dernier. À l'issue d'un procès ouvert en septembre 2024, Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournements de fonds publics dans l'affaire des assistants du Front national (devenu Rassemblement national en 2018) au Parlement européen.
La leader d'extrême droite a été condamnée en première instance à une peine de quatre ans d’emprisonnement dont deux ans ferme, aménageable avec un bracelet électronique, ainsi qu'à une amende de 100 000 euros. Des sanctions auxquelles s'ajoute une peine d'inéligibilité de cinq ans, avec exécution provisoire. Cette condamnation la rend donc inéligible à toute élection - présidentielle ou législative - au moins jusqu’à son procès en appel prévu d’ici l’été 2026.
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