Re: L'Institut du professeur Raoult communique
Posté : 26 mai 2020 14:49
Lotus ... j'avais cru comprendre que vous n'aimiez pas les perpétuels copié-collé ... ce que vous reprochez aux autres ne n'applique visiblement pas à vous alors ?lotus95 a écrit : 26 mai 2020 14:36 Un bon résumé de ce que représente cette pseudo étude qui prétend trancher sur l'efficacité d'un protocole ; le nombre ne fait clairement pas la qualité, qui plus est, lorsque les malades sont réduits à des fichiers incomplets ...
Étude sur 96032 dossiers médicaux émanant de 671 hôpitaux sur les 6 continents.
Patients hospitalisés entre le 20/12/19 et le 14/04/20 – Publication le 21/05/20 – 4 auteurs signataires Chapeau ! un record d’efficacité pour recueil data, traduction des différentes langues étrangères y compris asiatiques + analyse statistique + écriture article + reviewing + publication !
Au bas mot une publication à 50 millions d’euros. Qui l’a financée ?
Et on passe sur les liens d’intérêt déclarés par les auteurs avec l’industrie pharmaceutique.
- Des patients hospitalisés à un état grave de la maladie
- Des patients suivis dans des pays n’ayant pas les mêmes attitudes thérapeutiques
- Des critères d’inclusion flous ex : des co-prescriptions d’antiviraux dans 40% des cas, sans information sur leur répartition dans les groupes analysés
- Des imprécisions sur les traitements analyses : on parle de macrolides. Impossible de savoir qui a reçu de l’azithromycine
- Des patients avec des co-morbidités n’en faisant pas une population représentative (ex : 1 patient sur 3 avec hypertension dans le groupe hydroxychloroquine + macrolide)
- Des groupes non comparables : ex groupe HCQ* + macrolide plus grave avec 20% de ventilation mécanique versus 7,7% des patients du groupe « dit témoin », idem sur paramètre sao2 ˂ 94
Alors qu’il est écrit « No significant between-group differences were found among baseline characteristics or comorbidities. »
- Des doses et durées de traitement non précisées
- Des résultats exprimés en moyenne, on aurait aimé aussi des médianes et des range.
- Aucune information sur les « missing values » « multiple imputation for missing values was not possible » « it was assumed that the characteristic was not present » – alors qu’il est évident que les missing values doivent se compter à la pelle sur une analyse multicentrique multi-pays aux soins variés
- Aucune analyse des groupes en fonction des traitements associés ni des risques cardio.
- Aucun scanner thoracique a la recherche des atteintes cardiaques du virus qui sont fréquentes pour une analyse correcte de ce qui est appelé évènement indésirable.
- Pas de mesure des intervalles QT ni de recherche de torsades de pointe !!!
- Une prescription vendue comme précoce (moins de 48h après l’hospitalisation) qui occulte la date des premiers symptômes et veut faire croire à une prescription précoce !
et la liste est encore longue… Mais diantre le Comité de lecture faisait-il la sieste ???
« Assez d’une telle désinformation ! QUI a intérêt à faire croire que l’Hydroxychloroquine est inefficace et dangereuse quand elle est bien prescrite ? LAISSONS LES MÉDECINS PRESCRIRE ! » conclut le Collectif.
Ce qui est sûr, c’est que l’étude du Lancet est de la très très mauvaise science. Que la plus prestigieuse revue médicale, ayant admis les difficultés éthiques liées à la faible qualité de la plupart des publications, ayant identifié le problème majeur des conflits d’intérêts, ose publier un tel papier est à vrai dire assez époustoufflant.
The Lancet nous fournit ici un exemple emblématique de malhonnêteté scientifique tel qu’il en existe tant -et qui pourrissent de manière systémique le domaine.
Les journaux et la presse audiovisuelle (qui ne savent simplement pas lire la science, comme le développe mon excellent confrère Laurent Mucchielli) embraient à plein régime, répandant le poison de la désinformation et de la propagande. Les gros titres déferlent : « l’HQ n’est pas efficace et augmente même le risque de mortalité ! » ce qui est une contre-vérité flagrante : ce que l’étude montre, c’est que donner de l’hydroxychloroquine à des patients en phase critique ou terminale n’a pas d’effet thérapeutique avéré, ce que le Pr Raoult affirme de son côté depuis dix semaines !
Un peu comme si vous donniez de l’aspirine à des mourants pour conclure après leur décès que l’aspirine ne soulage pas la migraine !
Voilà le degré de malhonnêteté crasse à laquelle sont réduits les intérêts dominants qui ont financé (à hauteur de dizaines de millions de dollars) une étude aussi inepte…
J’avais montré comment l’étude Discovery était scélérate précisément du fait de cette manipulation de prescrire en phase critique de la maladie, là où le remède n’est plus indiqué - ils n’ont d’ailleurs même pas trouvé suffisamment de patients assez insensés pour accepter le risque de se voir prescrire un placebo plutôt que le remède !
Puis dénoncé la première « étude » publiée dans le NEJM. La propagande n’a cure de ce genre de scrupules : martelez un mensonge autant de fois que vous le pouvez et la foule finira par accepter l’idée sans rechigner.![]()