UBUROI a écrit : 06 décembre 2019 06:40
Le trou de la sécu...ce n'est pas qu'un problème d'allègements de charges: nous dépensons beaucoup en % du PIB en matière de dépenses de santé et de dépenses de retraite:
Cette année-là, en comparaison du PIB, la France est le pays qui a le plus dépensé dans sa santé (11,5%). Viennent ensuite l'Allemagne (11,1%), la Suède (11%), l'Autriche (10,4%), le Danemark, les Pays-Bas et la Belgique (entre 10 et 10,5%).
1) Pour rappel, la Sécu était revenue à l'équilibre en 2018 ; et ce qui la fait replonger aujourd'hui, ce sont les choix de ce gouvernement de financer les mesures GJ sur les caisses de sécu, à travers les exonérations HS (2 milliards) et les compensations partielles d'autres pertes de recettes.
le gouvernement pouvait très largement proroger voire supprimer les allègements de charges pour les grandes entreprises, dont on sait la parfaite inutilité, mais il a préféré plomber la Sécu
donc oui, c'est l'Etat qui creuse le trou de la Sécu et il s'en sert ensuite de prétexte pour invoquer des prétendus déficits et tailler dans les budgets de la protection sociale.
2) quand on parle de la France, on parle d'une démographie, d'un nombre de chômeurs, d'une structure économique, de choix de protection sociale .... propres à la France.
ça n'a donc aucune pertinence de comparer un taux aléatoire vs PIB, potentiellement mouvementé mathématiquement par des évolutions qui n'ont rien à voir avec le niveau de dépenses, avec ceux de pays voisins très différents sur l'ensemble de ces indicateurs.
Que la France ait une meilleure protection sociale, ok on peut en convenir et ce n'est pas une tare, mais ça n'a pas de sens de se limiter à analyser les choses à travers un magma qui compile des paramètres très différents, et qui compare souvent des choux et des carottes.
pour illustrer :
on sait que salaires bruts + cotisations salariales + cotisations patronales forment un tout qui correspond à la rémunération d'un salarié.
La répartition des cotisations n'est qu'un habillage qu'on a trouvé pour enfumer et pleurer pour obtenir des allègements, mais ça ne remet pas en cause la rémunération globale du salarié : salaire net (immédiat) + salaire différé (maladie, chômage, retraite ...)
Quand on baisse les cotisations "employeurs", on baisse la rémunération "différée" des salariés
quand l'Etat compense totalement cette perte de salaire différé, c'est un report de coût des entreprises vers les contribuables, mais la protection sociale des salariés n'est pas entamée ;
mais quand ce n'est pas le cas, on entérine une baisse des ressources de protection sociale des salariés sans qu'ils le sachent ...
dans un pays, on peut indifféremment choisir d'avoir des niveaux de salaires bruts élevés avec des taux de cotisation faibles, ou l'inverse.
- ce qui veut dire que dans un cas, on accorde un net supérieur (immédiat) qui peut permettre de financer certaines dépenses directement (retraite complémentaire, assurances diverses) ;
- et dans l'autre, on choisit de payer moins de salaire immédiat et plus de salaire différé
donc, que vaut la comparaison du taux des dépenses de retraite entre pays quand on ne met pas en parallèle ces différences de choix ??
tout cela ne veut bien sûr pas dire que le système de retraites n'est pas perfectible, mais que raisonner par taux comparés entre pays n'a pas de sens.