Re: les islamistes dans les rues, la tension monte en Tunisie
Posté : 03 novembre 2011 08:39
Ils vont nous faire le coup de l'Algérie avec 10 ans de guerre civile ? Ou bien vont-ils immédiatement courber l'échine face aux barbus ?
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Après la victoire des islamistes tunisiens d'Ennahda aux législatives du 23 octobre, restait à savoir quelle serait la composition du futur gouvernement de coalition. Un accord de principe a été trouvé dans la nuit du vendredi au samedi 19 novembre entre Ennahda et deux partis de gauche minoritaires.
Selon cet accord, le numéro 2 d'Ennada, Hamadi Jebali, deviendrait chef du gouvernement. Moncef Marzouki, leader du Congrès pour la République, serait nommé président de la République, tandis que Mustapha Ben Jaafar, du parti Ettakatol, occuperait le poste de président de l'Assemblée constituante.
Hamadi Jebali, islamiste du premier cercle d'Ennahda, a passé plus de 15 ans dans les geôles de Ben Ali. Sa candidature au poste de premier ministre avait été annoncée par Ennahda quelques jours après le scrutin du 23 octobre, lors duquel le parti a obtenu 89 sièges sur 217.
Moncef Marzouki est lui aussi un ancien opposant au régime de Ben Ali. Médecin de formation, âgé de 66 ans, il a vécu pendant 10 ans en exil en France avant de revenir en Tunisie après la Révolution. Son parti, qui se qualifie de gauche nationaliste, détient 29 sièges à l'Assemblée.
Mustapha Ben Jaafar est également un ancien opposant à Ben Ali. Agé de 71 ans, médecin lui aussi, il dirige le parti de gauche Ettakatol (Forum), qui compte 20 sièges.
Les trois partis doivent annoncer officiellement ces nominations d'ici lundi, les discussions se poursuivant ce week end sur la répartition des portefeuilles du gouvernement. Cet accord devra en outre être validé par l'Assemblée, qui tiendra sa première réunion mardi.
Sa principale mission sera de rédiger une nouvelle constitution pour le pays, après la chute de l'ancien président Ben Ali en janvier.
Les partis de la coalition au pouvoir en Tunisie après les élections constituantes du 23 octobre ont signé lundi soir l'accord de répartition des principaux postes à la tête de l'Etat.
Ils sont également convenus d'organiser de nouvelles élections d'ici un an.
Hamadi Jbeli, secrétaire général du mouvement islamiste Ennahda (Renaissance), arrivé en tête du scrutin, dirigera le futur gouvernement de coalition.
La présidence de la République est octroyée à Moncef Marzouki, chef de file du Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste).
Le poste de président de l'Assemblée constituante reviendra à Moustafa ben Jaafar, dirigeant d'Ettakatol (gauche laïque).
Ennahda a remporté 90 des 217 sièges de la Constituante, le CPR 30 et Ettakatol 21.
La Tunisie a joué un rôle de pionnier du "printemps arabe" en évinçant du pouvoir le 14 janvier le président Zine ben Ali, en exil en Arabie saoudite. Depuis, "la révolution de jasmin" a fait des émules notamment en Egypte, au Bahreïn, au Yémen, en Libye et en Syrie avec des succès divers.
L'accord de coalition a été signé lundi soir à Tunis par Rachid Ghannouchi, qui dirige Ennahda, Moncef Marzouki et Moustafa ben Jaafar, qui dirigent les deux partis laïcs associés aux islamistes.
"C'est un jour historique", a commenté Marzouki, évoquant "le plus beau jour de (sa) vie".
Les nouveaux dirigeants tunisiens doivent à présent former le gouvernement provisoire.
Selon un haut responsable d'Ennahda, les ministres des Finances et de la Défense, de même que le gouverneur de la Banque centrale devraient rester en fonctions. En revanche, a ajouté ce responsable, la composition du reste du cabinet donnera lieu à de nombreux changements.
Une partie des militants laïcs de Tunisie redoutent que la coalition dirigée par les islamistes remette en question le modèle social tunisien. Ennahda s'est engagé à ne pas chercher à imposer les règles de l'islam et à respecter les droits des femmes.