Re: Des centaines de miliards pour la reconversion énergétique..
Posté : 29 novembre 2013 11:23
La France est le deuxième producteur d’énergie nucléaire au monde et le premier en Europe et approvisionne de nombreux pays ; la fermeture des centrales ne serait-elle pas une grosse perte financière pour le pays ? Le nucléaire assure-t-il l’indépendance énergétique et l’emploi ? Représente-t-il un avantage pour l’économie ?
Pour répondre à la première question : non, tout simplement parce que le nucléaire nous coûte plus qu’il ne nous rapporte. Un exemple tout simple : le chantier de construction de l’EPR à Olkiluoto, en Finlande. L’accumulation du retard a fait doubler le coût du chantier. Dans ce cas de figure, c’est l’Etat français – et donc ses contribuables - qui assume le surcoût et les pénalités de retard en cas de non-respect des engagements. A l’époque où l’on a commencé à parler de prolonger la durée de vie des centrales, Monsieur Proglio, le PDG d’EDF, avait déclaré que si l’on souhaitait prolonger chaque réacteur de dix ans, cela nécessiterait un investissement de 600 millions d’euros par réacteur. Certains experts disent que ce chiffre est sous-estimé, mais cette somme laisse tout de même rêveur. Entre ces coûts « assumés » et tous les coûts cachés de gestion des déchets, de démantèlement des centrales, qui ne sont toujours pas provisionnés, on réalise que la production du nucléaire n’est pas rentable. Le nucléaire est donc, bien au contraire, un gouffre financier et un handicap certain pour l’économie française et le développement d’énergies alternatives et renouvelables.
La question de l’emploi dans le secteur du nucléaire est effectivement non négligeable. Toutefois, la majorité des emplois dans le nucléaire ne sont pas des emplois de fonctionnaires d’EDF, mais de sous-traitance, avec les conditions de travail pour le moins médiocres. Elles ont d’ailleurs fait l’objet de nombreux reportages et documentaires, et ont récemment été mises en lumière, notamment par l’émission de Capital sur M6 (diffusé le 19 juin 2011) à laquelle Monsieur Besson avait été convié et qu’il a quitté avec fracas. Les travailleurs du nucléaire exercent leur métier dans des conditions précaires, dangereuses, sont exposés à des seuils de radioactivités intolérables et ne sont pas reconnus par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) comme des travailleurs exposés, contrairement au personnel d’EDF. Ainsi, les sous-traitants du nucléaire, qui reçoivent la majorité des doses de radioactivité lors des opérations de maintenance des centrales, ne sont pas comptabilisés dans les statistiques de maladie professionnelle du secteur.
Des opportunités de reconversion variées s’offrent à cette branche d’activité : si EDF décide de mettre en place une politique volontariste au niveau des énergies renouvelables, ce sera une manne d’emplois formidable pour la France. L’Allemagne a ainsi créé en moins de dix ans plus de 370 000 emplois dans le secteur du renouvelable uniquement : ce sont des emplois qui sont non seulement qualifiés, mais aussi pérennes, décentralisés et non délocalisables. De nombreux emplois seraient à créer dans tout ce que l’on ne maîtrise pas encore, comme le démantèlement des centrales. C’est une question sur laquelle on ne se penche pas, alors qu’elle va devenir incontournable, que l’on veuille ou non sortir du nucléaire. Et il va bien falloir par ailleurs, à un moment ou à un autre, s’occuper des déchets qui sont en train de s’amonceler. Les moyens de convertir les emplois ne manquent donc pas, d’autant qu’ils pourraient s’avérer bien plus satisfaisants que ceux actuellement présents dans le nucléaire.
Quant au sujet de l’indépendance énergétique de la France, précisons que la dernière mine d’uranium en France a fermé en 2001. On importe donc aujourd’hui 100% de notre uranium. Cette simple déclaration devrait suffire : comment peut-on dire que nous sommes indépendants énergétiquement alors que nous sommes dépendants à 100% des pays qui veulent bien nous fournir (Niger, Kazakhstan, Australie, Canada, etc.) ? La vraie indépendance énergétique passerait par les énergies renouvelables : personne ne peut s’accaparer le vent, personne ne peut s’accaparer le soleil, et nous avons un potentiel éolien et solaire justement beaucoup plus élevé que l’Allemagne.
Pour répondre à la première question : non, tout simplement parce que le nucléaire nous coûte plus qu’il ne nous rapporte. Un exemple tout simple : le chantier de construction de l’EPR à Olkiluoto, en Finlande. L’accumulation du retard a fait doubler le coût du chantier. Dans ce cas de figure, c’est l’Etat français – et donc ses contribuables - qui assume le surcoût et les pénalités de retard en cas de non-respect des engagements. A l’époque où l’on a commencé à parler de prolonger la durée de vie des centrales, Monsieur Proglio, le PDG d’EDF, avait déclaré que si l’on souhaitait prolonger chaque réacteur de dix ans, cela nécessiterait un investissement de 600 millions d’euros par réacteur. Certains experts disent que ce chiffre est sous-estimé, mais cette somme laisse tout de même rêveur. Entre ces coûts « assumés » et tous les coûts cachés de gestion des déchets, de démantèlement des centrales, qui ne sont toujours pas provisionnés, on réalise que la production du nucléaire n’est pas rentable. Le nucléaire est donc, bien au contraire, un gouffre financier et un handicap certain pour l’économie française et le développement d’énergies alternatives et renouvelables.
La question de l’emploi dans le secteur du nucléaire est effectivement non négligeable. Toutefois, la majorité des emplois dans le nucléaire ne sont pas des emplois de fonctionnaires d’EDF, mais de sous-traitance, avec les conditions de travail pour le moins médiocres. Elles ont d’ailleurs fait l’objet de nombreux reportages et documentaires, et ont récemment été mises en lumière, notamment par l’émission de Capital sur M6 (diffusé le 19 juin 2011) à laquelle Monsieur Besson avait été convié et qu’il a quitté avec fracas. Les travailleurs du nucléaire exercent leur métier dans des conditions précaires, dangereuses, sont exposés à des seuils de radioactivités intolérables et ne sont pas reconnus par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) comme des travailleurs exposés, contrairement au personnel d’EDF. Ainsi, les sous-traitants du nucléaire, qui reçoivent la majorité des doses de radioactivité lors des opérations de maintenance des centrales, ne sont pas comptabilisés dans les statistiques de maladie professionnelle du secteur.
Des opportunités de reconversion variées s’offrent à cette branche d’activité : si EDF décide de mettre en place une politique volontariste au niveau des énergies renouvelables, ce sera une manne d’emplois formidable pour la France. L’Allemagne a ainsi créé en moins de dix ans plus de 370 000 emplois dans le secteur du renouvelable uniquement : ce sont des emplois qui sont non seulement qualifiés, mais aussi pérennes, décentralisés et non délocalisables. De nombreux emplois seraient à créer dans tout ce que l’on ne maîtrise pas encore, comme le démantèlement des centrales. C’est une question sur laquelle on ne se penche pas, alors qu’elle va devenir incontournable, que l’on veuille ou non sortir du nucléaire. Et il va bien falloir par ailleurs, à un moment ou à un autre, s’occuper des déchets qui sont en train de s’amonceler. Les moyens de convertir les emplois ne manquent donc pas, d’autant qu’ils pourraient s’avérer bien plus satisfaisants que ceux actuellement présents dans le nucléaire.
Quant au sujet de l’indépendance énergétique de la France, précisons que la dernière mine d’uranium en France a fermé en 2001. On importe donc aujourd’hui 100% de notre uranium. Cette simple déclaration devrait suffire : comment peut-on dire que nous sommes indépendants énergétiquement alors que nous sommes dépendants à 100% des pays qui veulent bien nous fournir (Niger, Kazakhstan, Australie, Canada, etc.) ? La vraie indépendance énergétique passerait par les énergies renouvelables : personne ne peut s’accaparer le vent, personne ne peut s’accaparer le soleil, et nous avons un potentiel éolien et solaire justement beaucoup plus élevé que l’Allemagne.