papibilou a écrit : 18 août 2022 19:08
Nous en sommes ou avons été tous ou à peu près dans la situation ou, avec des enfants, il faut gérer le budget au mieux.
Mais il ne s'agit pas de s'immiscer dans le budget des familles. Il s'agit seulement de se dire que l'ensemble des français payent des impôts qui vont permettre une redistribution dont la France est championne. Et ces français qui payent aimeraient être sûrs que l'argent que l'on leur demande dans un objectif précis serve effectivement à cet objectif. Pour avoir côtoyé et aidé pendant de nombreuses années des familles en difficultés je peux vous assurer que la bonne gestion du budget familial n'est pas forcément la règle majoritairement appliquée.
Evites de parler au nom des français et parles plutôt en ton nom ça sera déjà bien, je t'assure.
Si on se réfère à la sociologie du vote, un tier des votants votent à gauche et une grande partie des abstentionnistes viennent des classes populaires qui bénéficient en partie des aides sociales. En d'autres termes, dire que les français veulent êtres sûrs du devenir de leur argent dans le budget des familles aidées me paraît un brin osé. Tu peux plus simplement assumer ta position personnelle plutôt que te cacher derrière un avis pseudo majoritaire.
Pour en revenir plus précisément au sujet, je pense que les propos de ceux qui veulent contrôler la gestion de l'ARS des ménages bénéficiaires ne comprennent pas vraiment comment fonctionne concrètement un budget. Un budget est lissé dans un temps plus ou moins long et est géré en fonction des rentrées et des sorties d'argents anticipables. En d'autres termes, un ménage peut tout à fait avoir acheter le matériel scolaire des enfants avant de percevoir l'ARS pour ensuite allouer cette rentrée d'argent à autre chose.
Quoi qu'il en soit, à partir du moment où un ménage dépense pour la rentrée scolaire de ses enfants alors peu importe si c'est effectivement l'argent de l'ARS qui a été dépensée ou pas. On peut juste considérer qu'il peut s'agir d'un remboursement à rebours des frais de scolarité qui va, effectivement, dégager de la monnaie pour consommer. Le budget doit être considéré comme un flux d'entrées et de sorties, l'ARS est seulement censée être une rentrée de monnaie assurant les dépenses scolaires pour la rentrée des enfants. Après si la couverture de ces dépenses scolaires permet à un ménage d'acheter une télévision ou un ordinateur et bien tant mieux pour eux, non ?
Enfin bref, conceptuellement et économiquement parlant c'est tout de même bancale comme raisonnement. Comme si nous pouvions distinguer sur notre compte bancaire les euros de l'ARS et les autres. Si un ménage a fait ses dépenses avant de percevoir l'ARS alors elle n'a effectivement pas alloué la quantité de monnaie de l'ARS à la rentrée scolaire mais est-ce que cela change quelque chose ?
Ensuite, et je suis désolé de te dire ça, mais qui es tu pour définir ce qui relève de la bonne ou de la mauvaise gestion d'un foyer ? Il me semble que chacun est libre de décider de ses priorités. Si un ménage préfère acheter à crédit une voiture neuve haut de gamme et se retreindre au niveau de la nourriture, est-ce de la bonne ou de la mauvaise gestion ?
En ce qui concerne le fait que la France soit "championne" de la redistribution, on a compris et tu peux éviter de le réécrire à chacun de tes messages. On comprend bien que cela t'emmerde profondément et ce n'est pas le fait de te cacher derrière ce que tu définis comme étant l'avis majoritaire ou un raisonnement bancal qui vont y changer quelque chose. Tu es un ""social-démocrate"" qui n'apprécie pas le social que tu considères trop omnipotent (Sinon pourquoi répéter que nous sommes les champions tous les 3 messages ? Ce qui d'ailleurs se fonde sur des comparaisons entre pays dont la nature est plus que discutable d'un point de vue méthodologique) et qui n'apprécie pas non plus la démocratie (les dirigeants sont intelligents et la plèbe est populiste, je caricature mais j'imagine que tu vois de quelle discussion je veux parler).
Victor est pour le coup beaucoup plus cohérent que toi, il ne fait pas dans la dentelle et s'attaque à la philosophie même de la nature de l'aide sociale. C'est peut être plus agaçant de sa part mais au moins il n'utilise pas des arguments pseudo objectifs pour expliciter son point de vue qui repose sur une vision spécifique de ce que doit être, pour lui, une "bonne" société.