Bardella, trumpiste sincère mais embarrassé
Posté : 17 décembre 2025 05:59
Les trois mon général...
Jordan Bardella est-il un allié, un soutien ou un admirateur de Donald Trump ?
Peut-être les trois à la fois. La séquence illustre en tous cas les chausse-trapes qui guettent tout candidat présidentiel en phase de démultiplication médiatique. Sauter de chaine en chaine, et d’un sujet à l’autre sans y avoir réfléchi, c’est risquer le grand écart ou la mauvaise chute.
D’abord, la séquence qui, samedi soir sur France 2 dans Quelle Époque !, a suscité l’hilarité et les moqueries de Roselyne Bachelot puis des réseaux : Bardella face à Léa Salamé.
- Une question à Donald Trump ?
- Où est-ce qu’il trouve toute cette énergie, aussi ?
Le plateau se gausse d’un « cirage de pompes », au lendemain d’une photo tout sourire postée par l’ambassadeur américain à Paris, Charles Kushner, aux côtés de Jordan Bardella et Marine Le Pen. Mais aussi au surlendemain d’une longue émission de BFM, où, interrogé par des citoyens inquiets du sort de l’Ukraine, le président du RN avait lâché ceci : "Sur Trump, je n’ai aucune admiration pour un dirigeant étranger quelconque".
Alors, il admire ou il n’admire pas ?
Deux jours plus tôt – oui c’est tout un feuilleton – Jordan Bardella était à Londres pour rencontrer celui dont il espère qu’il sera le prochain Premier ministre du Royaume-Uni, l’ex-figure du Brexit Nigel Farage. Et pour accorder un entretien à la BBC.
Mister Bardella, interrogé d’abord sur la nouvelle stratégie de sécurité de Donald Trump. Se reconnait-il dans ce texte qui évoque « l’effacement civilisationnel de l’Europe » et son peuplement, à terme, par une majorité de non-Européens ?
- Is that your view ?
- Oui, en grande partie, je partage ce constat.
Bardella partage le combat de Trump contre l’Europe et ses dirigeants. Grâce à lui, dit-il encore, un « vent de liberté, de fierté nationale souffle sur toutes les démocraties occidentales ».
Pas loin d'une allégeance, puisqu’il n’y a pas de gain électoral à espérer du soutien à l’un des dirigeants étrangers les plus détestés des Français, et qui le leur rend bien – c’est pour ça que Bardella le dit plus fort à Londres qu’à Paris. C’est donc que la vision commune, la proximité idéologique et la volonté de se poser comme le partenaire privilégié du trumpisme sont les plus fortes.
Cette attirance-là, le président du RN l’a plusieurs fois exposée. Souvenez-vous de son aller-retour à Washington en février, pour un discours au grand événement trumpiste de Washington, prise de parole finalement annulée après le salut nazi de Steve Bannon. Ou de ces éloges à Elon Musk : « La création d’un ministère de l’efficacité gouvernementale m’apparait comme une piste à étudier sérieusement », disait Bardella, avant le fiasco. Il y a là, je crois, une part de sincérité, d’admiration non feinte. Au risque de passer pour un ultralibéral, ce qui n’est pas bien vu en France, et pour un piètre patriote.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/ ... 25-5598300
Jordan Bardella est-il un allié, un soutien ou un admirateur de Donald Trump ?
Peut-être les trois à la fois. La séquence illustre en tous cas les chausse-trapes qui guettent tout candidat présidentiel en phase de démultiplication médiatique. Sauter de chaine en chaine, et d’un sujet à l’autre sans y avoir réfléchi, c’est risquer le grand écart ou la mauvaise chute.
D’abord, la séquence qui, samedi soir sur France 2 dans Quelle Époque !, a suscité l’hilarité et les moqueries de Roselyne Bachelot puis des réseaux : Bardella face à Léa Salamé.
- Une question à Donald Trump ?
- Où est-ce qu’il trouve toute cette énergie, aussi ?
Le plateau se gausse d’un « cirage de pompes », au lendemain d’une photo tout sourire postée par l’ambassadeur américain à Paris, Charles Kushner, aux côtés de Jordan Bardella et Marine Le Pen. Mais aussi au surlendemain d’une longue émission de BFM, où, interrogé par des citoyens inquiets du sort de l’Ukraine, le président du RN avait lâché ceci : "Sur Trump, je n’ai aucune admiration pour un dirigeant étranger quelconque".
Alors, il admire ou il n’admire pas ?
Deux jours plus tôt – oui c’est tout un feuilleton – Jordan Bardella était à Londres pour rencontrer celui dont il espère qu’il sera le prochain Premier ministre du Royaume-Uni, l’ex-figure du Brexit Nigel Farage. Et pour accorder un entretien à la BBC.
Mister Bardella, interrogé d’abord sur la nouvelle stratégie de sécurité de Donald Trump. Se reconnait-il dans ce texte qui évoque « l’effacement civilisationnel de l’Europe » et son peuplement, à terme, par une majorité de non-Européens ?
- Is that your view ?
- Oui, en grande partie, je partage ce constat.
Bardella partage le combat de Trump contre l’Europe et ses dirigeants. Grâce à lui, dit-il encore, un « vent de liberté, de fierté nationale souffle sur toutes les démocraties occidentales ».
Pas loin d'une allégeance, puisqu’il n’y a pas de gain électoral à espérer du soutien à l’un des dirigeants étrangers les plus détestés des Français, et qui le leur rend bien – c’est pour ça que Bardella le dit plus fort à Londres qu’à Paris. C’est donc que la vision commune, la proximité idéologique et la volonté de se poser comme le partenaire privilégié du trumpisme sont les plus fortes.
Cette attirance-là, le président du RN l’a plusieurs fois exposée. Souvenez-vous de son aller-retour à Washington en février, pour un discours au grand événement trumpiste de Washington, prise de parole finalement annulée après le salut nazi de Steve Bannon. Ou de ces éloges à Elon Musk : « La création d’un ministère de l’efficacité gouvernementale m’apparait comme une piste à étudier sérieusement », disait Bardella, avant le fiasco. Il y a là, je crois, une part de sincérité, d’admiration non feinte. Au risque de passer pour un ultralibéral, ce qui n’est pas bien vu en France, et pour un piètre patriote.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/ ... 25-5598300