papibilou a écrit : 25 juin 2026 12:12
Kabé a écrit : 25 juin 2026 11:07
Ah, vous pensez donc que LFI est dans cette logique là ? Moi, je ne pense pas, et il n'y a rien qui l'attesterait. Plutôt le contraire quand on a posé la question directement à Mélenchon ou d'autre cadres du parti (ce qui, et je me répète, n'exclue en rien qu'il y ait des antisémites parmi leurs militants/élus).
Par ailleurs, de ce même Conseil de sages de la laïcité et des valeurs de la République, voici le Vademecum 2026 :
2. Antisémitisme
L’antisémitisme relève du racisme, puisqu’il stigmatise un groupe humain, mais possède également
certaines caractéristiques qui le distinguent des autres formes de racisme du fait de sa longue histoire, de
ses mutations passées et récentes et de sa plasticité7. Ses multiples dimensions rendent sa définition
difficile, alors même que sa persistance et ses multiples résurgences la rendent nécessaire. Un effort en ce
sens a donc été fait sur le plan international.
https://www.education.gouv.fr/sites/def ... 479198.pdf (pdf)
Alors, qu'il y ait des personnes se revendiquant anti-raciste, mais qui sont tout de même antisémite, je veux bien le croire, mais pour moi c'est plutôt des faux anti-racistes...
Même texte mêmes auteurs:
" Il convient de distinguer les notions de racisme et d’antisémitisme pour mieux connaître les
motivations, les discours et les manifestations qui permettent de les repérer sans équivoque."
Tout à fait, mais cela ne renie pas la prémisse que l'antisémitisme relève du racisme. Il soulignent l'importance de garder les deux mots parce que l'antisémitisme a des caractéristiques propres que d'autres formes de racisme n'ont pas. A ce sujet, l'introduction du paragraphe 3 est intéressant, mais ne renie pas non plus la prémisse que l'antisémitisme relève du racisme :
3. Racisme et antisémitisme : de la nécessité de maintenir l’usage de deux mots distincts
Le traitement du racisme et de l’antisémitisme, dans la société comme à l’École, requiert une égale
rigueur dans la sanction de leurs manifestations, guidée par une exigence universaliste que l’usage
de deux termes distincts ne remet aucunement en question. Cet usage s’impose du fait de
l’existence de deux réalités historiques et sociales distinctes et singulières, qui ne doivent être ni
opposées, ni hiérarchisées, ni confondues, à la fois sur le plan de l’analyse et sur celui du combat et
du cadre juridique dans lequel celui-ci s’inscrit. La formule « racisme et antisémitisme » ne sépare
pas, elle associe.
Appréhender l’antisémitisme uniquement comme une forme de racisme (au sens où sont
idéologiquement et politiquement distinguées des « races ») n’est historiquement pertinent que sur
une période de temps brève, entre la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, quand
circulait, en Europe notamment, la fiction d’une « race juive ». Et encore, le rapprochement a ses
limites, car si les populations colonisées, africaines notamment, étaient infériorisées, infantilisées et
méprisées, les juifs étaient accusés d’être riches, puissants et comploteurs tout en étant
déshumanisés et diabolisés12. Avant cette période, l’hostilité dont les juifs faisaient l’objet était en
premier lieu de nature religieuse, tandis que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les motifs
qui animent les antisémites ne sont plus essentiellement de nature raciale.
Le mot "uniquement" est important, ici parce que ni moi ici, ni LFI - je pense - pour leur marche antiraciste - ne revendiquent que l'antisémitisme est
uniquement une forme de racisme. Non, il est un racisme, mais avec des caractéristiques spécifiques par rapport à d'autres racismes.
Voici la définition que les même sages donnent du mot racisme (quelques pages plus tôt) :
1. Racisme - Définition
Le racisme désigne communément une attitude d’hostilité, allant du mépris à la haine, à l’égard
d’un groupe humain. La loi Pleven du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme définit ainsi
celui-ci comme « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une
personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance, ou de
leur non-appartenance, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée »
L'antisémitisme rentre dans cette définition (et c'est pourquoi il disent que
l'antisémitisme relève du racisme). Ceci est confirmé un peu plus loin (page suivante) :
Le racisme et ses différentes formes
On peut distinguer différentes formes de racisme selon les populations visées comme selon les
manières dont le racisme se manifeste. La stigmatisation comme la persécution de divers groupes
humains ont leur histoire et leurs caractéristiques propres. On distingue ainsi communément le
racisme antinoir3, le racisme anti-Arabes4, le racisme anti-Asiatiques, ou encore l’antitsiganisme et
l’antisémitisme, que l’on peut définir comme le racisme visant respectivement les populations roms
et les gens du voyage d’une part, les juifs5 d’autre part.
Le document est assez cohérent.