Quel suspens !...
Marine Le Pen inéligible en 2027 ? Comment l’exécution provisoire pourrait finalement la sauver
Si la leader d’extrême droite voit sa peine d’inéligibilité réduite à deux ans en appel, l’exécution provisoire prononcée il y a un an (
et qu’elle a pourtant critiquée) lui permettrait d’être candidate.
C’est une petite subtilité qui n’a pas échappé aux observateurs. Mercredi soir, sur LCI, le journaliste Darius Rochebin a titillé Marine Le Pen en lui rappelant que l’exécution provisoire de sa peine d’inéligibilité, prononcée en première instance, et contre laquelle elle n’a eu de cesse de batailler, « pourrait se retourner en [sa] faveur » si la sentence est raccourcie à deux ans. Ceci, « puisqu’une partie de la peine a déjà été purgée ».
Ni démenti, ni approbation de Marine Le Pen qui, à cet instant précis, s’est contentée d’un sourire. De fait, il existe un scénario dans lequel la patronne des députés RN, dont l’avenir politique est suspendu à la décision que rendra la cour d’appel de Paris le mardi 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires au Parlement européen, peut finalement être candidate à l’élection présidentielle.
Il faut pourtant se souvenir de l’énergie déployée par les cadres du RN pour dénoncer l’exécution provisoire, infligée à leur leader le 31 mars 2025. «
C’est ma mort politique qui est réclamée », avait alors protesté la fille de Jean-Marie Le Pen, soutenue sans nuance par ses troupes.
Jordan Bardella, le premier, avait fustigé une « atteinte à la démocratie » et blâmé une forme « d’acharnement et de vengeance. »
Pour Jean-Philippe Tanguy, l’exécution provisoire reposait même sur une conception « quasi-fanatique » du droit. «
Un parquet au service d’une mission politique », avait renchéri le vice-président du RN
Sébastien Chenu.
Philippe Balard, député de l’Oise, avait été encore plus loin en estimant que l’exécution provisoire constituait « un danger pour notre système judiciaire et pour la démocratie », assurant qu’elle « méritait » donc « d’être revue ».
Le patron du micro-parti UDR Éric Ciotti avait, lui, été jusqu’à déposer une proposition de loi à l’Assemblée nationale pour interdire l’exécution immédiate de peines d’inéligibilité. Sans succès puisque l’ex-président de LR avait dû faire marche arrière et retirer son texte.
Un trou de souris
Ironie de l’histoire :
c'est donc cette même exécution provisoire qui pourrait aujourd’hui permettre à Marine Le Pen d’être candidate. À la condition que la sentence passe de cinq ans d’inéligibilité en première instance, à deux ans cette fois-ci en appel.
Concrètement, la députée du Pas-de-Calais a été condamnée une première fois le 31 mars 2025. Si sa peine est réduite à deux ans cet été, cela l’amène précisément au 31 mars 2027. Soit quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, fixé au 18 avril. Or, elle a plusieurs fois indiqué qu’elle repartirait pour une quatrième fois à l’assaut de l’Élysée si elle en avait la possibilité. Ce trou de souris existe donc bel et bien… Du fait de la mesure jadis décriée.
Rappelons que si la justice n’avait pas prononcé d’exécution provisoire (comme l’auraient vraisemblablement souhaité les têtes d’affiche du RN), l’inéligibilité de Marine Le Pen aurait été suspendue… Et renvoyée à plus tard, en raison de son choix de faire appel.
En clair, en cas de condamnation à deux ans d’inéligibilité ce printemps, la cheffe de file du RN n’aurait pas pu se présenter à la présidentielle 2027.
Or, à l’heure actuelle, grâce à la décision des juges de première instance, la triple candidate à la présidentielle a déjà purgé un an.
Pour que ce scénario positif pour Marine Le Pen se produise, encore faut-il que la justice revoit sa peine à la baisse. Rien ne dit, vu la ligne de défense adoptée par la fille de Jean-Marie Le Pen, que la cour d’appel soit dans cette optique.
Si elle reste sur les cinq ans comme initialement annoncés, alors la leader d’extrême droite devra quoi qu’il arrive faire le deuil de sa candidature.
Et propulser, à sa place, « le plan B » Jordan Bardella.
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 82235.html