Anaïs a écrit : 27 juin 2020 10:28
Il faudrait pouvoir prouver ce qui est dit dans les hôpitaux par des tas d'infirmiers que ce qui fait monter les statistiques c'est que tous les gens qui viennent se soigner à l'hôpital (jambes cassées, AVC etc) seraient diagnostiqués systématiquement COVID 19. C'est sûr que c'est une manière efficace de faire monter les diagnostics, la peur et le port du masque
Didier Raoult devant les députés : les 4 mensonges du professeur
VIDÉO.
Beaucoup d'assurance, un peu d'exagération, mais aussi quelques gros mensonges. « Le Point » décrypte le vrai du faux après l'audition du Pr Raoult à l'Assemblée. Par Géraldine Woessner
Modifié le 25/06/2020 à 09:54 - Publié le 25/06/2020 à 07:36 | Le Point.fr
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Le temps a paru parfois suspendu dans la salle accueillant la Commission d'enquête sur la gestion de la crise du Covid-19. Les députés que l'on avait vus, les jours précédents, offensifs face aux représentants de l'administration sommés de se justifier sur les tests, les masques, etc. sont restés devant le Pr Raoult particulièrement atones, le laissant pendant trois heures dérouler un long cours magistral, asséné dans un style bravache désormais familier.
Les hospitaliers parisiens ? « Des ignorants !
» Les épidémiologistes réalisant des modèles projectifs ? « Des fous ! »
Les chercheurs de l'Institut Pasteur ? « Des blaireaux dans leur terrier qui mordent si on s'en approche !
» Les membres du Conseil scientifique ? « Une faillite totale »,
a éreinté Didier Raoult, insistant longuement sur les innombrables « conflits d'intérêts » gangrenant, selon lui, des pans entiers de la recherche française.
« Il n'y a eu que quatre études randomisées, dont trois disent que l'hydroxychloroquine marche mieux que le placebo. » FAUX
Répétée à deux reprises, l'affirmation n'en est pas moins erronée. Des dizaines d'études ont été conduites sur l'hydroxychloroquine. Les équipes du Pr Raoult en ont compilé certaines dans une méta analyse, montrant selon elles un effet positif, mais toutes (sauf une) présentent un « risque élevé à très élevé de biais ». En réalité, les publications les plus solides pointent toutes dans la même direction : le traitement n'apporte pas de bénéfice par rapport à un placebo, ou à l'absence de traitement. Une première étude randomisée, parue en Chine fin mars, semblait montrer un léger effet positif de l'HCQ sur la récupération clinique d'une trentaine de patients, sélectionnés jeunes et sans comorbidités, mais sans que l'on connaisse leur destin après six jours. L'étude britannique Recovery, lancée fin mars auprès de 1 500 patients, n'a pas montré d'effet bénéfique, ni sur la mortalité à 28 jours ni sur la durée de présence à l'hôpital. L'OMS a récemment annoncé qu'elle interrompait le bras hydroxychloroquine de son méga essai international Solidarity, les données récoltées ne montrant pas de bénéfice en mortalité chez les patients hospitalisés. La NIH américaine a également jeté l'éponge, mettant fin à l'essai entamé en avril sur 500 patients, faute de résultats.
Les inconditionnels du Pr Raoult objectent que ces études n'administraient pas l'hydroxychloroquine aux bonnes doses ni aux bons patients… Pourtant, d'autres essais randomisés ont testé la molécule à des stades très précoces, en prévention : dans le Minnesota ou en Espagne par exemple, l'hydroxychloroquine administrée à plus de 3 000 personnes avant qu'elles ne développent des symptômes, parce qu'elles avaient été en contact rapproché avec le virus, n'a rien changé : elles sont tombées malades dans les mêmes proportions que les autres. L'étude la plus récente, enfin, conduite auprès de 4 600 patients de 39 hôpitaux de l'AP-HP, vient de révéler ses résultats : elle ne montre aucun effet du traitement sur la mortalité des patients. Ceux ayant reçu de l'hydroxychloroquine seule semblent avoir guéri un peu plus vite que les autres… Mais ceux ayant reçu de l'hydroxychloroquine associée à de l'azithromycine (un antibiotique, NDLR), soit le traitement proposé par le professeur Raoult, ont présenté un risque de mortalité légèrement accru. Le consensus est donc bien en passe d'être établi : les sociétés savantes aujourd'hui, dans le monde entier, considèrent que ce traitement n'a pas fait ses preuves, et préfèrent concentrer leurs efforts sur d'autres molécules, plus prometteuses.
Lire aussi Interrogations sur la frénésie de publications du professeur Raoult
« La mortalité en réanimation est de 43 % à Paris, chez nous elle est de 16 %. » ON NE SAIT PAS
Interrogé sur la source de ces chiffres, Didier Raoult n'a pas répondu. La mortalité dans les services de réanimation parisiens a été estimée, mi-avril, à 40 % par les membres du réseau Reva (Réseau européen de ventilation artificielle), qui ont isolé 1 800 malades hospitalisés avant le 28 mars. Le résultat final de leurs observations n'a pas été publié, mais le taux de 40 % de décès en réanimation, où étaient accueillis par définition les cas les plus graves, paraît très crédible. En revanche, on ignore tout de la source du professeur Raoult concernant Marseille, les données par ville n'étant pas compilées par Santé Publique France : elles le sont uniquement par département. Dans les Bouches-du-Rhône, où l'épidémie est arrivée plus tardivement, dans des services mieux préparés, on n'est pas « moins mort » que partout ailleurs en France : le taux de mortalité des patients hospitalisés y atteint 14,7 %, contre 22 % à Paris, 21 % dans le Bas-Rhin, mais 12,7 % dans l'Hérault voisin. Au
24 juin, la mortalité s'établit à Paris à 810 morts par million d'habitants, contre 271 morts par million d'habitants dans les Bouches-du-Rhône, mais elle n'est que de 124 morts par million d'habitatnts dans le département voisin du Var, ou de 121 morts par million d'habitants dans le Morbihan.