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par barbara » 10 juillet 2009 18:07
Pas assez favorable à la burqa, l'imam se fait agresser
Proche de l'UOIF, Mahmoud Doua n'aurait jamais dû se heurter à l'intégrisme musulman. L'imam de la mosquée de Cenon a pourtant été pris pour cible par des salafistes, qui lui reprochent sa tiédeur dans le débat sur le port de la burqa et du niqab.
Dimanche 5 juillet, 18h30. Mahmoud Doua sort d'une petite salle de prière située dans son quartier de Thouars, à Talence. D'après son récit, deux jeunes hommes, des salafistes - fondamentalistes musulmans - le poursuivent et l'agressent, le blessant légèrement à la main droite.
Mahmoud Doua n'est pas un inconnu: enseignant en anthropologie du monde arabo-musulman à l'université de Bordeaux 3 et imam de la mosquée de Cenon, dans la banlieue bordelaise, proche de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), il s'est fait un petit nom en intervenant à plusieurs reprises sur les plateaux de télévision lors de la polémique autour de la loi sur le voile à l'école, en 2004. Le 29 juin dernier, l'émission Mots Croisés, sur France 2, fait de nouveau appel à lui pour mettre son grain de sel dans un débat autour de la burqa et du niqab. C'est cette intervention qui aurait suscité l'ire de ses agresseurs, partisans du voile intégral.
Tout en se montrant très critique vis-à -vis des gardiens du dogme laïc et tout en réclamant la liberté religieuse pour ses coreligionnaires, Mahmoud Doua, en effet, n'a pas prôné le port du niqab. "Tu dis que tu représentes les musulmans, alors que tu n'es rien du tout!" lui auraient lancé ses deux agresseurs.
Mahmoud Doua a porté plainte, avec l'appui de l'association des musulmans de Gironde. "J'irai jusqu'au bout, dit-il. Pas pour me venger, mais pour leur faire comprendre qu'il y a des limites à ne pas dépasser." L'imam connaissait ceux qui l'ont frappé. "Des jeunes au parcours difficile, qui se bricolent des pratiques religieuses sans aucune connaissance réelle." Il chiffre à une cinquantaine de personnes, "dont sept femmes en burqa", le nombre de salafistes fréquentant la salle de prière du quartier de Thouars.
Mahmoud Doua ne satisfait personne. Quelques jours auparavant, l'imam télégénique s'était fait épingler pour sa proximité avec l'UOIF par le site militant Riposte laïque, une association en guerre depuis 2007 contre les fondamentalistes. En juin dernier, une collaboratrice de ce même site, enseignante d'un lycée de la région parisienne, s'est fait prendre à parti par une vingtaine d'élèves d'obédience salafiste, là aussi, qui lui ont demandé des comptes. Les flèches des intégristes pleuvent sur un camp comme sur l'autre. Dans ce climat de tension croissante, les travaux parlementaires sur le port du niqab s'annoncent particulièrement épineux.
Source L'Express
"Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas".