UBUROI a écrit :
Pas la peine, va voir le mien "déficit et dette publique" ouvert à l'occasion des élections présidentielles!!!!!
Faut suivre...[/quote]
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Et bien vous l'avez ouvert ce fil, mais vous avez "oublié" de répondre à mon intervention.
La Voici :
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UBUROI a écrit:
Chose promise
On commence par quelques notions sur le Déficit public et la dette publique et le contexte économique
1/ Le déficit public ou budgétaire
Le déficit budgétaire est la situation dans laquelle les recettes de l'Etat (impôts et charges sociales) sont inférieures à ses dépenses (administration, éducation, dépenses sociales...) au cours d'une année. C'est donc un solde négatif.
Pour équilibrer les comptes, le déficit peut être compensé :

par l'emprunt (ce qui déplace le problème dans le temps, suppose la confiance des créanciers, et a de toute façon un coût puisqu'il faut payer des intérêts) ;

par le recours à des réserves préalablement accumulées à partir d'excédents budgétaires réalisés les années antérieures ;

par une hausse d'impôt, à supposer qu'elle n'atteigne pas le point de rupture où elle détruit le gisement fiscal;

par une émission monétaire (« planche à billet »), qui ne déplace pas la difficulté dans le temps, mais en change la nature en modifiant la valeur de la monnaie. Cette méthode n'est plus utilisée depuis des décennies dans les pays développés, elle est même impossible dans les États qui ont confié la gestion de la monnaie à une banque centrale indépendante. C'est le cas par exemple des États de l'Union européenne avec la Banque centrale européenne.
Un déficit budgétaire a un impact économique qui peut, selon certains économistes, être un stimulant pour l'activité économique par l'intermédiaire d'une politique de relance selon les principes du keynésianisme, ou simplement être un moindre mal dans certaines situations de récession (l'effet de la récession
est réduit). Pour d'autres économistes, un déficit budgétaire est toujours le signe d'une mauvaise gestion des fonds publics et de l'argent du contribuable et à ce titre il doit être évité.
Les économistes libéraux insistent sur les effets néfastes du déficit public, il peut engendrer un accroissement de la dette publique.
Comment financer le déficit ?
L'État, comme tout agent qui dépense plus qu'il n'a de ressources doit combler son déficit budgétaire ; pour ce faire, il doit trouver un financement.
Il peut emprunter les ressources dont il a besoin auprès d'autres agents qui ont épargné (c'est la voie de l'endettement) mais il peut aussi financer son déficit en ayant recours à la création monétaire (pour les pays ayant adopté l'euro le financement monétaire est désormais interdit en raison du risque inflationniste encouru).
Pourquoi le financement monétaire est-il interdit dans les pays ayant adopté l'euro ?
Pour financer son déficit budgétaire, l'État peut recourir au financement monétaire, c'est à dire à la création monétaire. Dans ce cas la Banque centrale consent une avance à l'État en créditant le compte du Trésor public. La masse monétaire s'accroît donc.
Ce mode de financement du déficit budgétaire est risqué ; si l'accroissement de la masse monétaire est plus rapide que celui de la production, alors le rythme de l'inflation va s'accélérer.
Avec le traité de Maastricht (signé en 1992), pour pouvoir prétendre à l'euro, les pays devaient remplir certains critères, appelés critères de convergence ; il était ainsi prévu que le taux d'inflation ne devait pas dépasser de plus de 1,5 point la moyenne des trois meilleurs pays en la matière. L'objectif prioritaire du traité est simple : la stabilité des prix.
Le Pacte de stabilité et de croissance signé adopté en 1997 engage les pays membres de l'Union monétaire à respecter ce critère et à poursuivre cet objectif.
Dans ces conditions, afin d'éviter tout risque de dérapage inflationniste dans les pays de la zone euro, les déficits budgétaires doivent être limités (3% du PIB) et ils ne peuvent plus être financés par la création monétaire.
Pour financer ses déficits budgétaires successifs, l’Etat français s’endettent :
Depuis 1974, aucun budget de l'état n'a été à l'équilibre.
Les déficits ont plutôt tendance à s'accentuer avec un paroxysme en 2009.
Cette année là, les administrations publiques et donc principalement l'état ont dépensé 143 Milliards d'Euros de plus que le total de toutes les recettes.
2/ La dette publique
C'est l'ensemble des engagements financiers futurs sous formes d'emprunts de la part de l'État, des collectivités publiques et des organismes qui en dépendent directement (entreprises publiques, sécurité sociale...).
La dette publique est donc l'accumulation des déficits et des intérêts des emprunts contractés.
On distingue :
· La dette intérieure détenue par les agents économiques résidents de l'État émetteur.
· La dette extérieure détenue par des prêteurs étrangers.
Pour se financer, l'état émet des obligations (OAT durée de vie 7 à 50 ans ) des Bons du Trésor (BTAN 2 à 5 ans BTF 1 an ) à des taux fixes ou indexés dépendant de la demande du marché.
Pendant la durée de vie de chaque obligation ou bon , l'état assure le paiement de son taux (ou coupon) aux créanciers. Au fil des émissions, l'état détient tout un panel d'obligations et de bons avec des durées de vie (maturité) et des taux variés.
A la fin de la vie de l'obligation ou bon ( son échéance ) l'état doit rembourser son montant au créancier.
La France accumule un stock de dettes de près de +-2 160 Mrds à fin 2016
Le PIB de la France est de +- 2204 Mrds pour 2016
La dette c’est +-98% du PIB (en 1974, c’était 13%)
Maintenant sur les élections de 2017.
Le pacte de stabilité européen « oblige » à une rigueur budgétaire qui n’autorise aucun déficit > à 3% du PIB.
Quel candidat aura son budget compris en un équilibre parfait et cette limite ?

les principaux candidats à l’élection présidentielle ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne tiendraient pas cet engagement.
Une campagne électorale coûte cher… en promesses qu’il faut financer. Une fois à l’Élysée, c’est l’heure des contorsions. Il est alors toujours pratique d’accuser le bilan du prédécesseur qui empêche de…
Ce dont ne s’est pas privé le président Les Républicains de la commission des Finances de l’Assemblée national, ce matin. « La médiocrité du résultat interdit toute marge de manœuvre au futur président de la République car elle condamne tout espoir d’atteindre 3 % de déficit public en 2017 », a estimé Gilles Carrez. Facile, quand on sait que son candidat, François Fillon, a annoncé, depuis bien longtemps, qu’il visait un déficit public de 3.7% en 2017, 3.5% en 2018 et sous la barre de 3 % seulement en 2019 et un retour à l’équilibre en 2022.
Les autres compétiteurs ne sont pas en reste.
Benoît Hamon estime que « cette barre des 3 % est un non-sens ». Il entend ramener le déficit à 2,7 % en 2022, soit le niveau prévu pour la fin 2017 par le gouvernement.
Marine Le Pen annonce un déficit de 4,5 % en 2018, puis une baisse à 1,3 % en 2022.
Jean-Luc Mélenchon veut « s’exonérer » de cette obligation. Il table sur un déficit public atteignant 4,8 % du PIB en 2018 avant de baisser à 2,5 % en fin de quinquennat.
Seul Emmanuel Macron entend respecter la règle en s’engageant à rester « dans l’épure des 3 % ». Dans l’épure...
Mais même avec un déficit de o%, on devra s’endetter... quand même :
- Il faudra payer les intérêts de la dette ou la charge de la dette : +- 50 Mdrs€
- Il faudra rembourser les obligations et bons du trésor arrivés à terme : +- 90 Mdrs€
Sachant que l’IRPP rapporte… +- 50 Mdrs€
Pas sorti de l’auberge les franchouillards
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Et voilà ma réponse passée sous silence !!!
Chose promise....chose faite, voyons donc de quoi il s'agit.
Tout tourne autour de la création monétaire et de qui dispose de ce pouvoir.
Avant 1973 ce pouvoir (de création monétaire) était détenu par l'Etat, via sa banque centrale, ce qui lui assurait la souveraineté financière.
Depuis cette date, grâce à notre Président-ex Financier (Pompidou), ce pouvoir a été transmis en totalité aux établissements financiers privés.
Maastricht et Lisbonne, avec leurs traités, ont transféré définitivement ce privilège au nouveau monopole privé.
Car il s'agit d'un monopole à 100%, signe distinctif d'un pouvoir absolu !!!!
La BDF, mise définitivement au placard comme les autres banques nationales, nous avons vu surgir la BCE (Banque Centrale Européenne) censée remplacer les vielles institutions financières nationales.
Déjà dans la définition il y a une "tricherie".....pourquoi "centrale " et non "commune", qui aurait eu un sens d'appartenance aux peuples unis d'Europe ?
Passons, la BCE, dont le premier objectif n'est pas la création monétaire, s'est vue confier la tache de gendarme de la stabilité de la zone Europe.
L’objectif principal de celle-ci est la stabilité des prix (article 127 TFUE).
Et la création monétaire ?
Elle est tout simplement confiée au bon vouloir des établissements financiers privés.
Mais comment font elles à créer la monnaie ?
Elles empruntent à la BCE à des taux ultra-favorables et elles prêtent aux Etats, aux collectivités locales, aux entreprises et aux particuliers à des taux qui produisent les intérêts bancaires, taux qui varient selon les interlocuteurs et selon la "température" des marchés financiers.
On peut passer d'un prêt négatif (Allemagne récemment) à des prêts "usuriers (20%) comme à la Grèce au plus profond de la crise.
Mais ce qui est le plus intéressant dans cette création monétaire privée découle du fameux tiers-one (Bale III).
Une banque peut émettre des crédits en rapport à son propre tiers-one, qui tourne en moyenne autour de 10% de fonds propres.
Ainsi une banque peut prêter jusqu'à 10 fois ces fonds propres.
Concrètement : Une banque demande à la BCE 10 milliards et elle est autorisée à Prêter 100 milliards.
C'est ainsi que tous les établissements financiers mondiaux ont exploité ce pouvoir monopolistiques sur les Etats et les collectivités publiques.
Au fil du temps nous en sommes à 2.200 milliards de dettes que nous devons principalement aux établissements financiers privés (65% de créditeurs étranges, 20% d'établissements financiers intérieurs, 15% d'assurances, 5% de particuliers).
Sur ces 2.200 milliards, 80% sont des intérêts cumulés et seulement 20% de capital.
La rémunération des créditeurs en intérêts est donc de plus de 1.750 milliards.......pas mal !!!
Les créanciers demandent-ils qu'on rembourse la dette de 2.200 milliards ?
Pas du tout, ils ne sont pas fous !!!!
Ils se contentent qu'on leur rembourse les intérêts (charge de la dette), car si nous remboursons la totalité de la dette il n'y aurait plus d'intérêts à rembourser et donc plus de rémunération pour leur "précieuse collaboration".
Par contre quand ils se retrouvent avec des expositions financières dans des Etats à risque (voir la Grèce) ils s'appliquent pour récupérer leur pactole.
Comment ? Nos trois fleurons nationaux BNP - SG-C.E. avaient dans leurs bilans 46 milliards de créances douteuses grecques.
Ils les ont tout simplement refilées à l'Etat français, qui se retrouve aujourd'hui ces créances dans son bilan, après les avoir rachetées aux banques.
Un haut dirigeant de la BNP a dit : "nous n'avons plus de créances grecques dans notre bilan".
Ma conclusion :
Je souhaite qu'on expulse les financiers privés du circuit des crédits aux Etats et que la BCE soit en prise directe avec les Etats, quitte à limiter son intervention aux demandes d'investissement et non de fonctionnement.
Pour le fonctionnement, si un Etat en a le besoin qu'il se débrouille sur le marché financier mais pour les investissements d'Etat c'est notre banque commune (BCE) qui doit intervenir.
Je préfère la gauche à l'opposition plutôt que dans la compromission