Les Français veulent-ils Astérix, Jordan Bardella ou Gabriel Zucman ?
Cette semaine, le classement des meilleures ventes d’Edistat (du 27 octobre au 2 novembre) ressemble à une radiographie politique et culturelle du pays. On y retrouve la France qui rit, la France qui s’inquiète, la France qui fulmine - et la France qui se replie. En attendant les conséquences des grands prix de l'automne, en commençant par le Goncourt.
En première position, sans surprise, le tome 41, Astérix en Lusitanie, continue de tout écraser. Plus de 306.000 exemplaires vendus en une semaine, 822.000 cumulés : on ne parle plus d’un succès, mais d’un rite collectif.
L’album fonctionne comme un espace de paix temporaire, un rituel de retrouvailles dans un pays où tout fait débat. La potion magique, c’est la mémoire. Astérix ne fédère plus seulement les lecteurs : il réconcilie les contradictions françaises autour d’un gag sur les Romains.
Jordan Bardella entre en scène
Juste derrière, Freida McFadden impose son empire domestique : 6 titres dans le Top 10. La femme de ménage voit tout reste 2e, La femme de ménage remonte 3e, Le Boyfriend s’installe 4e, et les suites saturent le reste du classement.
Et soudain, au milieu du soap domestique, le président du Rassemblement national Jordan Bardella fait irruption.
Ce que veulent les Français entre directement 5e, avec près de 17.000 exemplaires vendus.
En 7e position, Mortelle Adèle garde la langue bien pendue : Bande de compotes ! s’essouffle légèrement (-4, 16.359 ex.), mais reste l’humour le plus corrosif du rayon jeunesse.
En bas du Top 10, la droite de Bardella, c'est dire, Éric Zemmour, s’accroche :
La messe n’est pas dite recule avec 12.404 exemplaires. Le transfert d’audience s’opère aussi en librairie : l’un parle de civilisation, l’autre d’avenir - et la préférence du public suit le mouvement.
Au seuil du Top 10, le Prix Goncourt 2025 Laurent Mauvignier s'annonce avec La maison vide (+3, 12.401 ex.), preuve également que la littérature exigeante garde sa place.
Point trop de nationalisme faiblard :
Philippe de Villiers et son Populicide sort du top 10 (12e, -4, 11.547 ex.),
et Gabriel Zucman, l’économiste le plus commenté du moment, bondit de 30 places avec Les milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu et nous allons y mettre fin (14e, 9041 ex.). Deux visions du monde, deux France qui s’affrontent - celle qui veut protéger, celle qui veut redistribuer. Et les deux passent à la caisse.
En librairie spécifiquement, Astérix reste un bulldozer avec 55.000 ventes. Derrière, Laurent Mauvignier est déjà 2e, devant Freida McFadden, qui garde deux places fortes (3e et 5e) avec ses femmes de ménage. Gabriel Zucman est 4e.
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