Re: Procès RN en appel
Posté : 13 janvier 2026 08:00
"Garder la même défense ou l’infléchir, le dilemme de Marine Le Pen à son procès en appel
Le procès des assistants européens s’ouvre en appel ce mardi. La cheffe de file du RN fait face à un choix qui peut être déterminant pour sa vie politique.
« Je choisis la solution offensive. » Cette réplique culte de Jean-Paul Rouve, alias « Couscous », dans le film Podium, collait parfaitement à la stratégie de défense utilisée par Marine Le Pen lors du procès des assistants européens du Front national. Une ligne « de rupture » risquée qui ne lui a pas réussi. Condamnée en première instance à quatre ans de prison, dont deux fermes et 100 000 euros d’amende la députée du Pas-de-Calais a aussi pris cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour détournement de fonds publics.
Une peine dont elle a fait appel ; le procès s’ouvre ce mardi 13 janvier en début d’après-midi et décidera l’avenir politique de la triple candidate à la présidentielle.
Voici, en résumé, en quoi consistait sa défense : marteler son innocence en dépit de l’épaisseur du dossier, défendre la thèse du « désaccord administratif » entre le Parlement européen et le parti d’extrême droite, s’indigner de la mécompréhension du parquet concernant le contenu du travail des collaborateurs parlementaires et jouer le refrain d’une « justice politique » visant seulement à l’empêcher d’accéder au pouvoir. Une défense aux accents complotistes qui avait l’avantage d’esquiver le fond du dossier, mais qui a surtout renvoyé l’image désastreuse de prévenus ne comprenant même pas les faits reprochés.
Choix déterminant
Dans son jugement consulté par Le HuffPost, le tribunal laissait entendre, sans le dire explicitement, que ce n’était sans doute pas la meilleure des façons d’aborder le procès, en soulignant que « les personnes condamnées » n’ont exprimé « aucune prise de conscience de la violation de la loi qu’elles ont commise ni a fortiori de l’exigence particulière de probité et d’exemplarité qui s’attache aux élus ». C’est d’ailleurs en raison de ce déni, présentant « un risque de récidive objectivement caractérisé », que l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité a été décidée.
« La défense revendiquait une impunité totale et absolue reposant sur le fait que les assistants parlementaires auraient effectué un travail politique, non détachable du mandat de leur député, au profit d’un parti politique », constatait également le tribunal, décrivant cette stratégie comme une « construction théorique qui méprise les règles du Parlement européen, les lois de la République et les décisions de justice ».
En amont du procès en appel, Marine Le Pen a été confrontée à un choix possiblement déterminant pour sa vie politique : persister dans cette stratégie, au risque de voir sa peine confirmée, voire alourdie, ou l’infléchir, au risque d’admettre publiquement que le procès n’était pas si infondé qu’elle ne le prétendait, et qu’elle n’est finalement pas une victime d’un acharnement judiciaire visant à « voler l’élection présidentielle ». À en croire ses plus fervents soutiens, la députée du Pas-de-Calais n’a pas prévu de passer aux aveux. « Elle va aller prouver son innocence », a assuré sur le plateau de Dimanche en politique, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy. « Il y a un seul axe de défense, c’est dire la vérité, comme je l’ai fait en première instance », a-t-elle prévenu ce lundi 12 janvier. Reste qu’il y a des signes qui montrent un début d’inflexion.
La thèse de la faute involontaire
Le premier : un changement dans l’organisation de la défense, puisque décision a été prise de doter chaque prévenu d’un avocat propre, la mutualisation des conseils en première instance ayant pu faire l’effet de la démonstration de l’existence du fameux « système » pointé par l’accusation. Autre signal faible, cet indice laissé dans La Croix par l’avocat (et eurodéputé RN) Alexandre Varaut, qui affirme que la défense mettra en avant « le caractère non intentionnel des infractions qui lui sont reprochées ». Une évolution dans le récit fait par Marine Le Pen qui s’apprête donc à passer du statut de pure innocente à celui de coupable involontaire. Suffisant pour commuer sa peine et lui permettre de se présenter en 2027 ?"
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 59117.html
Le procès des assistants européens s’ouvre en appel ce mardi. La cheffe de file du RN fait face à un choix qui peut être déterminant pour sa vie politique.
« Je choisis la solution offensive. » Cette réplique culte de Jean-Paul Rouve, alias « Couscous », dans le film Podium, collait parfaitement à la stratégie de défense utilisée par Marine Le Pen lors du procès des assistants européens du Front national. Une ligne « de rupture » risquée qui ne lui a pas réussi. Condamnée en première instance à quatre ans de prison, dont deux fermes et 100 000 euros d’amende la députée du Pas-de-Calais a aussi pris cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour détournement de fonds publics.
Une peine dont elle a fait appel ; le procès s’ouvre ce mardi 13 janvier en début d’après-midi et décidera l’avenir politique de la triple candidate à la présidentielle.
Voici, en résumé, en quoi consistait sa défense : marteler son innocence en dépit de l’épaisseur du dossier, défendre la thèse du « désaccord administratif » entre le Parlement européen et le parti d’extrême droite, s’indigner de la mécompréhension du parquet concernant le contenu du travail des collaborateurs parlementaires et jouer le refrain d’une « justice politique » visant seulement à l’empêcher d’accéder au pouvoir. Une défense aux accents complotistes qui avait l’avantage d’esquiver le fond du dossier, mais qui a surtout renvoyé l’image désastreuse de prévenus ne comprenant même pas les faits reprochés.
Choix déterminant
Dans son jugement consulté par Le HuffPost, le tribunal laissait entendre, sans le dire explicitement, que ce n’était sans doute pas la meilleure des façons d’aborder le procès, en soulignant que « les personnes condamnées » n’ont exprimé « aucune prise de conscience de la violation de la loi qu’elles ont commise ni a fortiori de l’exigence particulière de probité et d’exemplarité qui s’attache aux élus ». C’est d’ailleurs en raison de ce déni, présentant « un risque de récidive objectivement caractérisé », que l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité a été décidée.
« La défense revendiquait une impunité totale et absolue reposant sur le fait que les assistants parlementaires auraient effectué un travail politique, non détachable du mandat de leur député, au profit d’un parti politique », constatait également le tribunal, décrivant cette stratégie comme une « construction théorique qui méprise les règles du Parlement européen, les lois de la République et les décisions de justice ».
En amont du procès en appel, Marine Le Pen a été confrontée à un choix possiblement déterminant pour sa vie politique : persister dans cette stratégie, au risque de voir sa peine confirmée, voire alourdie, ou l’infléchir, au risque d’admettre publiquement que le procès n’était pas si infondé qu’elle ne le prétendait, et qu’elle n’est finalement pas une victime d’un acharnement judiciaire visant à « voler l’élection présidentielle ». À en croire ses plus fervents soutiens, la députée du Pas-de-Calais n’a pas prévu de passer aux aveux. « Elle va aller prouver son innocence », a assuré sur le plateau de Dimanche en politique, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy. « Il y a un seul axe de défense, c’est dire la vérité, comme je l’ai fait en première instance », a-t-elle prévenu ce lundi 12 janvier. Reste qu’il y a des signes qui montrent un début d’inflexion.
La thèse de la faute involontaire
Le premier : un changement dans l’organisation de la défense, puisque décision a été prise de doter chaque prévenu d’un avocat propre, la mutualisation des conseils en première instance ayant pu faire l’effet de la démonstration de l’existence du fameux « système » pointé par l’accusation. Autre signal faible, cet indice laissé dans La Croix par l’avocat (et eurodéputé RN) Alexandre Varaut, qui affirme que la défense mettra en avant « le caractère non intentionnel des infractions qui lui sont reprochées ». Une évolution dans le récit fait par Marine Le Pen qui s’apprête donc à passer du statut de pure innocente à celui de coupable involontaire. Suffisant pour commuer sa peine et lui permettre de se présenter en 2027 ?"
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 59117.html