GECKO a écrit :
En physique et ingénierie mécanique, l'efficacité énergétique (ou efficacité thermodynamique) est un nombre sans dimension, qui est le rapport entre ce qui peut être récupéré utilement de la machine sur ce qui a été dépensé pour la faire fonctionner.
Cette notion est très souvent confondue avec le rendement, qui est le rapport entre l'efficacité réelle de la machine et l'efficacité théorique maximale qu'on peut attendre d'elle. Le rendement a toujours une valeur comprise entre 0 et 1 (ou 0 et 100 %), alors que selon le système, l'efficacité peut prendre n'importe quelle valeur positive1.
J'ai mis des grosses lettres, pour si des fois depuis que je mets les mêmes arguments, vous ne pouviez les lire..
ce texte est extrait de Wikipédia (j'ai la flemme de chercher ailleurs), partisan lui aussi du complot énergétique..
Gecko..
Réponse à Gecko
A - Tu parles de Wikipédia, que j'apprécie fort sur bien des domaines.
Hélas, dans un domaine très lié à celui qui nous intéresse, j'ai le regret de te faire remarquer que
l'article actuel de Wikipédia sur l'entropie est la négation même de l'esprit scientifique. De la mousse, des tas de références bibliographiques, des tas de savants évoqués et en fin de compte rien de clair sur la signification de l'entropie et ce qui tourne autour.
Manifestement, une nomenklatura se place là pour faire acte d'autorité intellectuelle, mais elle n'a rien compris au problème. Pourtant, elle aurait pu trouver la réponse ailleurs, sur Wikipédia précisément, en épluchant la signification de
l'exergie, un mot utilisé en Suisse et dont j'ignorais l'existence.
Dans divers documents que j'ai pu produire sur ce sujet, j'utilise le terme EMPR, c'est à dire Energie Mécanique Potentiellement Récupérable exactement comme synonyme d'exergie.
Remarque: Au niveau du choix des mots, "exergie" et "EMPR" ne sont pas géniaux. J'utiliserai désormais à leur place les expressions: Energie Mécanique
Idéalement Récupérable,
énergie-MIR, ou EMIR, ou Emir.
Pour un aperçu très rapide, on peut dire que lorsque 100 joules de chaleur sont fournis par une flamme, ils possèdent une énergie-MIR de l'ordre de 70-75 joules. Quand ces 100 joules de "chaleur haute température" sont devenus 100 joules de "chaleur basse température" contenus dans l'air et les murs d'un appartement, ils ne possèdent plus qu'une énergie MIR de trois joules environ.
Entre le moment où la chaleur est apparue dans le foyer de la chaudière et celui où elle est contenue dans l'air de l'appartement, l'énergie s'est grosso modo conservée en quantité,
mais elle s'est fortement dégradée en qualité. Cette dégradation se traduit numériquement par une
diminution de l'énergie mécanique idéalement récupérable, (EMIR), qui passe de 70-75 joules à 3 joules, diminution qui correspond elle-même à une production d'entropie.
Cette dégradation d'énergie, cette diminution d'EMIR, cette production d'entropie
équivaut à une perte de ressources énergétiques représentant environ 95% des ressources utilisées pour un chauffage donné.
La preuve la plus simple de cette allégation s'obtient en considérant que, pour une même énergie électrique consommée, une pompe à chaleur nous fournit banalement 4 fois plus de chaleur qu'une chaudière électrique, pour laquelle on annonce fièrement un rendement de 100%.
La pompe à chaleur est l'un de nos deux principaux
chauffages à faible production d'entropie, l'autre, et de loin le plus intéressant, étant la cogénération.
En dépit d'un rendement énergétique de 100%,
tous les chauffages traditionnels sont incompatibles avec une gestion rigoureuse des ressources énergétiques, parce qu'ils se font avec une grande dégradation d'énergie, donc une forte production d'entropie,
donc une consommation de ressources beaucoup plus importante que ce qu'on peut escompter en s'y prenant autrement.
B - Ton texte en bleu ne parle pas de COP, mais d'efficacité énergétique ou efficacité thermodynamique.
Son auteur patauge complètement.
Expliquons-nous sur un exemple numérique simple, celui où le bilan réel d'une pompe à chaleur
réelle se résume par
3 + 1 = 4, c'est à dire qu'avec un joule d'énergie électrique, on en extrait 3 à la source froide et on rejette l'ensemble, soit 4 joules de chaleur à la source chaude.
Hypothèse complémentaire et très vraisemblable, on suppose aussi qu'une pompe à chaleur
idéale fonctionnant dans les mêmes conditions aurait un bilan de:
39 + 1 = 40.
Remarque: il est bien connu que le bilan d'une pompe à chaleur réelle est couramment 10 fois plus faible que le rendement maximum théorique, ou rendement d'une pompe à chaleur idéale.
A cause du cafouillage COP/rendement, l'auteur utilise un mot nouveau, c'est à dire "efficacité énergétique". Malheureusement, suivant l'usage de l'appareil, ce terme a deux valeurs numériques possibles:
- si l'appareil sert à produire du froid, pour un réfrigérateur par exemple, "l'efficacité énergétique" sera de 300%, en remarquant encore que la définition de l'efficacité énergétique est complètement floue,
- si l'appareil sert à produire du chaud, donc dans le cas habituel bien connu des "pompes à chaleur", ladite "efficacité énergétique" sera cette fois de 400%.
Donc, même dénomination, même bilan énergétique du dispositif, deux valeurs numériques différentes!
S'il ne pataugeait pas sur le sujet, l'auteur
réserverait donc la dénomination "efficacité énergétique" à la pompe à chaleur uniquement lorsqu'elle sert à produire du froid. Et il utiliserait le mot rendement pour la pompe à chaleur lorsqu'elle sert à fournir de la chaleur
J'ai déjà écrit quelque part un article intitulé: "Les trois rendements d'une pompe à chaleur". Avec l'exemple des valeurs numériques adoptées ci-dessus, nous avons:
1°) un rendement énergétique
théorique maximum de 40 pour 1, autrement dit de
4000%
2°) un rendement énergétique
réel de 4 pour 1, autrement dit
400%
3°) un rendement énergétique
relatif de
400% / 4000% = 0,1 =
10%
Avant l'apparition des pompes à chaleur, on confondait ces trois rendements et ton auteur en est toujours là.
Sur les trois sens possibles du mot rendement, pour garder pour la pompe à chaleur une valeur numérique inférieure à 100%, il prend la définition qui correspond au rendement
relatif:
le rendement est le rapport entre l'efficacité réelle de la machine et l'efficacité théorique maximale qu'on peut attendre d'elle. Le rendement a toujours une valeur comprise entre 0 et 1 (ou 0 et 100 %), alors que selon le système, l'efficacité peut prendre n'importe quelle valeur positive
Avant l'apparition des pompes à chaleur, on faisait toutefois déjà remarquer que le rendement théorique maximum est de 100% pour des dispositifs tels que treuils, palans, engrenages, voire moteurs électriques, dynamos et alternateurs, alors qu'il est toujours nettement inférieur à 100 et donné par la formule de Carnot pour les moteurs thermiques dithermes.
En conclusion:
1°) La très très grande médiocrité de la circulation de l'information scientifique sur ce sujet se traduit par un très très grand gâchis écologique.
Notamment, la chaleur rejetée dans l'environnement par nos centrales nucléaires représente le double de l'énergie électrique produite par ces centrales, soit environ 150% -160% de l'énergie produite par EDF.
Si les centrales étaient conçues pour rejeter de l'eau vers 80°C-100°C, au lieu de réchauffer l'environnement, la chaleur en question permettrait de chauffer toutes les grandes villes. On serait ici dans le cas de la
grande cogénération. Certes les réalisations correspondantes sont quelque peu pharaoniques, et les écolos n'en veulent pas.
Voir aussi dans un article posté récemment sur ce forum l'intérêt écologique de la
petite cogénération qui va se développer en Allemagne
autour des moteurs de Volks Wagen.
2°) Si tu patauges sur la question, il faut t'en prendre à ton auteur.
La très très grande médiocrité de la circulation de l'information scientifique est d'une manière générale un très grand frein au développement de l'intelligence collective.
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