Re: Salaire : comment rapprocher le net du brut ?
Posté : 16 octobre 2025 01:11
Essayons d'approfondir le débat (et tant pis pour les mal comprenants qui n'en ont pas compris les termes).
On part du constat que le financement de la protection sociale dans notre pays pèse trop sur le travail, et qu'il en résulte :
- un coût du travail trop élevé pour les entreprises (celles exposées à la concurrence internationale sont tentées de délocaliser, celles non exposées à la concurrence internationale peuvent être dissuadées d'embaucher),
- une altération du salaire net des salariés (ce qui contribue à ce sentiment que "le travail ne paie plus").
Plus précisément, les cotisations sociales représentent environ 60% du financement de la protection sociale, moins de 20% au Danemark (SOURCE).
Donc pour moi, il s'agit surtout de baisser les cotisations sociales proprement dites, parce qu'elles frappent uniquement les revenus du travail. Il ne s'agit pas de baisser la CSG, car elle frappe tous les revenus, pas seulement ceux du travail (de ce point de vue, la CSG ressemble à un impôt sur le revenu prélevé à la source). Plus précisément, on ne peut pas toucher aux cotisations d'assurance-vieillesse, car dans le système de retraites par répartition, il est assez logique que le financement des retraites repose sur les actifs : on ne peut pas toucher à ces cotisations sans remettre en cause toute l'architecture de notre système, et ce n'est pas le débat ici. Mais dans l'idéal, il faudrait supprimer tout le reste : santé, famille, maternité, fonds national d'aide au logement...
Par quoi remplacer tout ça ? Il y a plusieurs possibilités. Je n'ai pas trouvé suffisamment d'éléments chiffrés pour faire des simulations précises avec des taux, mais on pourrait envisager :
- Que les cotisations patronales soient remplacées par une augmentation à due concurrence de l'IS. Cela rendrait cette mesure politiquement acceptable, car autrement, l'opinion publique n'accepterait peut-être pas qu'un cadeau aux entreprises (la baisse des cotisations patronales) soit compensé par l'augmentation d'un impôt frappant les salariés et/ou les consommateurs (par exemple, CSG, ou TVA). Cet état d'esprit est à mon sens regrettable, mais il faut faire avec. Donc on pourrait financer la baisse des cotisations patronales par une augmentation de l'IS, et concrètement, cela avantagerait les entreprises de main-d'oeuvre (qui ont beaucoup de salariés mais réalisent peu de profits) et pénaliserait d'autres entreprises qui réalisent beaucoup de profits avec peu de main-d'oeuvre (par exemple, dans le milieu de la finance).
- Que la baisse des cotisations salariés soit compensée, pour partie par une hausse de la CSG (c'est ce que Macron avait voulu faire au début de son mandat, et concrètement, cela avantagerait les travailleurs et pénaliserait ceux qui, comme les retraités, ont d'autres sources de revenus que les revenus du travail) et pour partie par une hausse de la TVA. Alors je sais, la TVA est mal vue, elle est considérée comme un impôt injuste, mais pour moi, l'impôt injuste est l'impôt qui joue contre l'emploi (c'est le cas des cotisations sociales), or la TVA favorisera l'emploi, car elle mettra à contribution les produits importés.
On part du constat que le financement de la protection sociale dans notre pays pèse trop sur le travail, et qu'il en résulte :
- un coût du travail trop élevé pour les entreprises (celles exposées à la concurrence internationale sont tentées de délocaliser, celles non exposées à la concurrence internationale peuvent être dissuadées d'embaucher),
- une altération du salaire net des salariés (ce qui contribue à ce sentiment que "le travail ne paie plus").
Plus précisément, les cotisations sociales représentent environ 60% du financement de la protection sociale, moins de 20% au Danemark (SOURCE).
Donc pour moi, il s'agit surtout de baisser les cotisations sociales proprement dites, parce qu'elles frappent uniquement les revenus du travail. Il ne s'agit pas de baisser la CSG, car elle frappe tous les revenus, pas seulement ceux du travail (de ce point de vue, la CSG ressemble à un impôt sur le revenu prélevé à la source). Plus précisément, on ne peut pas toucher aux cotisations d'assurance-vieillesse, car dans le système de retraites par répartition, il est assez logique que le financement des retraites repose sur les actifs : on ne peut pas toucher à ces cotisations sans remettre en cause toute l'architecture de notre système, et ce n'est pas le débat ici. Mais dans l'idéal, il faudrait supprimer tout le reste : santé, famille, maternité, fonds national d'aide au logement...
Par quoi remplacer tout ça ? Il y a plusieurs possibilités. Je n'ai pas trouvé suffisamment d'éléments chiffrés pour faire des simulations précises avec des taux, mais on pourrait envisager :
- Que les cotisations patronales soient remplacées par une augmentation à due concurrence de l'IS. Cela rendrait cette mesure politiquement acceptable, car autrement, l'opinion publique n'accepterait peut-être pas qu'un cadeau aux entreprises (la baisse des cotisations patronales) soit compensé par l'augmentation d'un impôt frappant les salariés et/ou les consommateurs (par exemple, CSG, ou TVA). Cet état d'esprit est à mon sens regrettable, mais il faut faire avec. Donc on pourrait financer la baisse des cotisations patronales par une augmentation de l'IS, et concrètement, cela avantagerait les entreprises de main-d'oeuvre (qui ont beaucoup de salariés mais réalisent peu de profits) et pénaliserait d'autres entreprises qui réalisent beaucoup de profits avec peu de main-d'oeuvre (par exemple, dans le milieu de la finance).
- Que la baisse des cotisations salariés soit compensée, pour partie par une hausse de la CSG (c'est ce que Macron avait voulu faire au début de son mandat, et concrètement, cela avantagerait les travailleurs et pénaliserait ceux qui, comme les retraités, ont d'autres sources de revenus que les revenus du travail) et pour partie par une hausse de la TVA. Alors je sais, la TVA est mal vue, elle est considérée comme un impôt injuste, mais pour moi, l'impôt injuste est l'impôt qui joue contre l'emploi (c'est le cas des cotisations sociales), or la TVA favorisera l'emploi, car elle mettra à contribution les produits importés.