""Faites gaffe à la mousse!": six ans plus tôt, un serveur du Constellation alertait face au risque d'incendie
Tandis que l'émotion est toujours vive après l'incendie du bar Le Constellation qui a coûté la vie à 40 personnes et fait une centaine de blessés en Suisse, une vidéo prise six ans plus tôt révèle qu'une mise en garde avait déjà été formulée.
Des images accablantes. Six ans avant le terrible incendie du bar Le Constellation qui a coûté la vie à 40 personnes et fait 116 blessés, à Crans-Montana, une vidéo enregistrée par une ancienne cliente de l'établissement - et dévoilée par la chaîne de télé suisse RTS - révèle qu'un avertissement avait déjà été prononcé par un serveur.
Au milieu de la foule enjouée, ce soir du Nouvel an 2019, des feux de Bengale sont agités au sommet des bouteilles d'alcool lorsqu'un membre du personnel crie soudainement: "Faites gaffe à la mousse!". Le même matériel insonorisant soupçonné aujourd'hui d'être à l'origine de l'incendie.
"Je me rappelle, on était très proche du plafond et c’est même pour ça que le serveur a fait ce commentaire: 'faites gaffe à la mousse, faites gaffe à la mousse'. Parce que je pense qu'en tant qu’adulte, il réalisait qu’il y avait peut-être un risque", commente l'autrice de la vidéo auprès de RTS. Un risque encore confirmé par d'autres séquences de cette même soirée où l'on peut observer la mousse commencer à se décrocher peu à peu sous l'effet de la chaleur.
Une sortie de secours "condamnée"
Tandis que l'enquête se poursuit pour faire la lumière sur ce drame, les témoignages et les premiers éléments recueillis par la RTS semblent converger vers de potentielles failles dans la sécurité du bar. Dès la transformation du sous-sol en club nocturne, en 2015, des doutes auraient été formulés par deux acteurs locaux quant à la conformité des travaux aux normes incendie. "T’inquiète", aurait répondu le patron à un de ces témoins, rapporte RTS.
Un ancien employé du bar affirme aujourd’hui auprès de la chaîne suisse que les pratiques de l'établissement pouvaient engendrer un risque. "C’était assez festif, donc oui on pouvait monter sur les épaules, on pouvait monter sur les tables avec les bougies scintillantes. On les portait souvent en l’air pour bien montrer la bouteille", raconte l'ancien employé.
Pour autant, "on ne contrôle pas les feux de Bengale sur les bouteilles, c'est un peu aléatoire", prévient-il. "Ça aurait aussi pu arriver que ce soit moi qui mette le feu au plafond".
Autre faille majeure pointée par ce même témoin: l'absence d'issue de secours au sous-sol. "On ne pouvait pas l’ouvrir, elle était condamnée. Je me rappelle que pour sortir des poubelles ou des verres, ça m’embêtait parce qu'à chaque fois, je devais remonter. Je ne pouvais pas avoir accès à cette sortie-là", explique l'ancien employé à RTS. De fait, la seule voie d’évacuation du bar est accessible par l'escalier étroit menant au rez-de-chaussée où une porte de terrasse, jugée non conforme par RTS, donne vers l'extérieur.
Les propriétaires du lieu font depuis samedi l'objet d'une enquête pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence" qui devra faire la lumière sur ces nombreuses questions. Ce lundi, le long travail d'identification des victimes de l'incendie a pris fin. Au total, 40 personnes sont mortes et 116 autres ont été blessées."
https://www.bfmtv.com/international/eur ... 60306.html