le communautarisme at le sport
Posté : 03 septembre 2009 05:12
Repli et activisme identitaires menacent certains clubs. Un rapport de la Licra, dont L'Express dévoile le contenu, trahit l'inquiétude de nombreuses communes.
Le communautarisme gagne du terrain dans le sport. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) conclut au "net renforcement" de cette tendance dans un rapport dont L'Express révèle ici le contenu.
Pour la quatrième année d'affilée, l'organisation a enquêté sur les "dérives racistes dans le sport" en sollicitant 589 communes françaises. 152 d'entre elles, dont la Licra s'est engagée à taire les noms si elles le souhaitent, ont répondu aux questions. Résultat : un tableau d'ensemble plutôt préoccupant, surtout en ce qui concerne le "repli communautaire". 40 % des communes assurent en effet avoir constaté soit son augmentation, soit une confirmation du phénomène, depuis un an.
Il n'empêche que les élus s'inquiètent. Même ceux de départements réputés paisibles. " Le repli communautaire est très présent, ce qui est un frein au développement de certains clubs et pose problème à la collectivité", fait savoir une commune de Dordogne.
Un tournoi féminin interdit aux hommes
A Lons-le-Saunier (Jura), le responsable du service des sports, Patrick Roy, est confronté à l'émergence de groupes de jeunes qui "squattent" les gymnases et se rassemblent de plus en plus en fonction de leurs origines. "Les Turcs refusent de jouer au foot avec les Marocains et inversement, explique-t-il à L'Express. Nous n'avons pas constaté de récupération politique ou religieuse, mais l'agressivité dont certains font preuve va nous obliger à intervenir avec fermeté".
La Licra avait déjà pointé cette évolution dans ses enquêtes précédentes. En 2005, elle avait évoqué l'activisme d'intégristes musulmans auprès des sportifs des cités. En 2006, un maire du Rhône avait indiqué s'être opposé à la création d'un "club à caractère ethnique". D'autres élus, notamment dans le Var, s'étaient élevés contre les "prières dans les vestiaires". En 2007, une commune du Pas-de-Calais avait souligné le "rôle prépondérant des imams intégristes sur les terrains de quartier". Plus récemment, en juin, la mairie de Vigneux-sur-Seine (Essonne) a annulé au dernier moment un tournoi féminin de basket-ball "intermosquées", strictement interdit aux hommes.
"Le sujet n'est plus tabou, les communes osent en parler, précise Carine Bloch, présidente de la commission "sport" de la Licra, mais elles sont souvent démunies face à ces phénomènes. Notre enquête prouve leur inquiétude".
Le communautarisme gagne du terrain dans le sport. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) conclut au "net renforcement" de cette tendance dans un rapport dont L'Express révèle ici le contenu.
Pour la quatrième année d'affilée, l'organisation a enquêté sur les "dérives racistes dans le sport" en sollicitant 589 communes françaises. 152 d'entre elles, dont la Licra s'est engagée à taire les noms si elles le souhaitent, ont répondu aux questions. Résultat : un tableau d'ensemble plutôt préoccupant, surtout en ce qui concerne le "repli communautaire". 40 % des communes assurent en effet avoir constaté soit son augmentation, soit une confirmation du phénomène, depuis un an.
Il n'empêche que les élus s'inquiètent. Même ceux de départements réputés paisibles. " Le repli communautaire est très présent, ce qui est un frein au développement de certains clubs et pose problème à la collectivité", fait savoir une commune de Dordogne.
Un tournoi féminin interdit aux hommes
A Lons-le-Saunier (Jura), le responsable du service des sports, Patrick Roy, est confronté à l'émergence de groupes de jeunes qui "squattent" les gymnases et se rassemblent de plus en plus en fonction de leurs origines. "Les Turcs refusent de jouer au foot avec les Marocains et inversement, explique-t-il à L'Express. Nous n'avons pas constaté de récupération politique ou religieuse, mais l'agressivité dont certains font preuve va nous obliger à intervenir avec fermeté".
La Licra avait déjà pointé cette évolution dans ses enquêtes précédentes. En 2005, elle avait évoqué l'activisme d'intégristes musulmans auprès des sportifs des cités. En 2006, un maire du Rhône avait indiqué s'être opposé à la création d'un "club à caractère ethnique". D'autres élus, notamment dans le Var, s'étaient élevés contre les "prières dans les vestiaires". En 2007, une commune du Pas-de-Calais avait souligné le "rôle prépondérant des imams intégristes sur les terrains de quartier". Plus récemment, en juin, la mairie de Vigneux-sur-Seine (Essonne) a annulé au dernier moment un tournoi féminin de basket-ball "intermosquées", strictement interdit aux hommes.
"Le sujet n'est plus tabou, les communes osent en parler, précise Carine Bloch, présidente de la commission "sport" de la Licra, mais elles sont souvent démunies face à ces phénomènes. Notre enquête prouve leur inquiétude".

