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coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 08:34
par tisiphoné

Les 700 000 bacheliers planchent depuis 8h du matin sur l'emblématique épreuve de philosophie, lors d'une session placée sous surveillance renforcée après les fraudes de l'an dernier.

Le bac 2012 est ouvert. Les élèves des trois séries du baccalauréat général, S (scientifique) ES (économique et social) et L (littéraire), seront les premiers à passer l'épreuve inaugurale de l'examen, dès 8h, avec la philo.

Les candidats au bac professionnel leur emboîteront le pas à 9h30, avec le français, tandis que les candidats au bac technologique plancheront aussi sur la philosophie, mais à partir de 14h.

Près de la moitié des 703 059 candidats (+6,91% sur un an) passeront le bac général et environ un sur cinq le bac technologique, qui ouvrent la voie à la poursuite d'études. Près d'un tiers des candidats se présenteront au bac pro, tremplin vers la vie active.

4 millions de copies seront corrigées


Le plus jeune candidat n'a que douze ans et un mois, dans l'Académie de Montpellier, et le plus âgé 87 ans, en Dordogne.

L'année dernière en philo, les lycéens avaient disserté sur des sujets comme "La liberté est-elle menacée par l'égalité'", "Peut-on avoir raison contre les faits'" ou "Est-ce la loi qui définit ce qui est juste'".

L'édition 2012 du bac devrait générer 4 millions de copies, qui seront corrigées par 175 390 examinateurs et correcteurs. Chaque candidat présent "coûte" 82,2 euros.

Renforcement de la lutte contre la fraude

La lutte contre la fraude a été érigée en priorité, après les fuites qui ont ébranlé l'examen en 2011. La fraude n'est pas un phénomène récent, mais les nouvelles technologies ont ouvert la voie à de nouvelles méthodes de "triche". Selon une circulaire spéciale, les téléphones portables, "smartphones" et tablettes tactiles devront notamment être "éteints et rangés dans le sac du candidat ou remis aux surveillants de salle".

Le ministère de l’Éducation nationale a aussi annoncé la présence de détecteurs de portables dans certains centres d'examen, sans préciser leur nombre ni leur localisation. Une façon de faire en sorte que tous les candidats se sentent potentiellement concernés.

En 2011, le pourcentage de bacheliers d'une génération s'est hissé à 71,6%, et devrait connaître encore cette année "une légère augmentation", selon Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire.

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 08:39
par sacamalix
On a déjà le sujet de la filière SG (Socialiste Geek) : Tweeter, c'est tromper ? :mdr3:

Bon courage à tous les bacheliers... Tous ceux qui y sont passé vous diront qu'avec le recul, c'est une très belle semaine... puisqu'elle amène à fêter l'obtention, ou à faire la fête pour oublier qu'on l'a pas !!!! ::d ::d

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 08:44
par LOFOTEN
En 2011, le pourcentage de bacheliers d'une génération s'est hissé à 71,6%, et devrait connaître encore cette année "une légère augmentation", selon Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire.
Oui mais le pourcentage est toujours supérieur à 80 % si l'on considère les inscrits...

Donc pourquoi critiquer l'action de l'EN...??? :content36 :content36

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 09:59
par sacamalix
L'emblématique épreuve de philosophie a donné aujourd’hui le coup d'envoi du baccalauréat, qui concerne plus de 700.000 candidats toutes séries confondues, lors d'une édition 2012 placée sous surveillance renforcée après les fraudes de l'an dernier.

A 8 heures, les élèves des trois séries du baccalauréat général, S (scientifique) ES (économique et social) et L (littéraire) ont ouvert le bal avec l'épreuve emblématique de philosophie qui va durer quatre heures.

Les lycéens de Terminale L ont le choix entre ces sujets : « Que gagne-t-on en travaillant ? », « Toute croyance est-elle contraire à la raison ? » ou l’explication d’un texte de Spinoza extrait du "Traité théologico-politique".

En terminale S, les sujet sont les suivant : « Serions-nous plus libres sans l'Etat ? » ou « Avons-nous le devoir de chercher la vérité ? » . Les lycéens peuvent aussi plancher sur l’explication d’un texte de Rousseau, «Emile».

Enfin, en terminale ES : « Peut-il exister des désirs naturels ? », «Travailler, est-ce seulement être utile ? », ou l’explication d’un texte de George Berkeley extrait de "De l'obéissance passive".
«Travailler, est-ce seulement être utile ? », ou le retour du "vrai travail"...
« Serions-nous plus libres sans l'Etat ? », ou l'approche d'un libéralisme débridé...
Le sarkozysme renaît temporairement grâce à la philo du bac... :?

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 10:27
par Arf844
sacamalix a écrit : Le sarkozysme renaît temporairement grâce à la philo du bac... :?
Bien sur et il les a lui même choisi les sujets... :roll:
C'est absurde, comme s'il n'y avait qu'une seule réponse à ces questions... S’interroger sur le travail c'est donc du sarkosisme? Tout comme s’interroger sur l'immigration relève du fascisme?
Soyons sérieux...

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 11:28
par sacamalix
Arf844 a écrit : Bien sur et il les a lui même choisi les sujets... :roll:
C'est absurde, comme s'il n'y avait qu'une seule réponse à ces questions... S’interroger sur le travail c'est donc du sarkosisme? Tout comme s’interroger sur l'immigration relève du fascisme?
Soyons sérieux...
Bien sûr que non, c'est pas Sarko qui a écrit les sujets :mdr3: :mdr3:
Mais je remarque que les thèmes "récurrents" (la beauté, la raison, l'intelligence, l'Histoire...) disparaissent au profit de ces thèmes de travail et d'Etat qui sont quand même des lignes fortes des 5 dernières années...
Maintenant, je reconnais que c'est un point de détail, et je n'oublie pas que le but de la philo, c'est de développer aussi bien la thèse que l'antithèse et la foutaise... ::d ::d

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 11:39
par dinosaure
L'épreuve 2012 de branlette intellectuelle est donc commencée.

Au fait, vous ai-je dit que je haïssais la philo ? :confus12

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 11:49
par Jarod1
dinosaure a écrit : L'épreuve 2012 de branlette intellectuelle est donc commencée.

Au fait, vous ai-je dit que je haïssais la philo ? :confus12
Ce qui nous fait un point commun.

Ou le don de dire des choses très simples de manière incompréhensible.

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 12:00
par tisiphoné
Jarod1 a écrit : Ce qui nous fait un point commun.

Ou le don de dire des choses très simples de manière incompréhensible.
depuis le république de Platon, tout le monde se pose des questions et vous êtres tous les deux, une belle démonstration, aussi vous m'étonnez :?

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 12:18
par Jarod1
Ben non ma biche, c'est pas le fait de se poser les questions qui m'ennuie justement, c'est la façon de les poser et surtout d'y répondre.

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 19:25
par Crapulax
:XD: Tout dépend des références sur "la psychologie". :content79

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 19:33
par tisiphoné
j'aurai choisi ce sujet : avons nous le devoir de chercher la vérité
Problématique : la formulation du sujet peut étonner. La vérité est une valeur de la connaissance, relevant du domaine de la science, la notion de devoir est une valeur de l'existence, relevant du domaine de la morale ou de l'éthique. Donc l'idée d'un devoir de chercher la vérité peut paraître étrange, d'autant qu'on recherche la vérité en science et ailleurs. Il y a un désir de vérité, un devoir éventuel de la dire quand on la connaît mais pourquoi un devoir de la chercher ? Pour comprendre cette notion de devoir, il faut se rendre compte que contrairement à ce qu'on croit , l'homme ne cherche pas la vérité spontanément ou pour elle-même ( confort de l'illusion) et que si désir, s'il y a nécessité peut-être même, ce n'est pas un désir comme les autres : peut-être que l'homme en tant qu'être de raison se doit de chercher la vérité, même si celle-ci est contraire à ses désirs et à son intérêt immédiat. Ce sujet pose donc le problème de notre rapport à la vérité, de sa valeur et de notre liberté face à elle et aussi des sources de ce devoir. D'où nous vient ce devoir ? De la raison, de la société ?

I. Si nous avons le devoir de dire la vérité, nous semblons libres de chercher ou non la vérité :
A - la morale nous impose de dire la vérité, d'être vérace dans nos déclarations ( mais dans certaines limites, n'en déplaise à Kant et au rigorisme de sa morale)
B- la société reposant sur des contrats et une confiance réciproque exige également cette véracité ( sauf quand elle menace la vie en commun : dire la vérité à celui qui veut nuire à autrui : B. Constant, ou petits mensonges du quotidien, la comédie sociale)
C - la recherche de la vérité est un désir naturel de l'homme, qui fait qu'il condamne le mensonge et qui le pousse à accroître ses connaissances, d'autant que celles-ci lui permettent d'acquérir une puissance sur lui-même et sur ce qui l'entoure. « science d'où prévoyance, prévoyance d'où action »
D - On pourrait penser que la recherche de la vérité ne vaut que « pour ses suites », sur les pas d'Epicure qui a renoncé à une recherche de la connaissance en soi et pour soi. Si la vérité ne permet pas de mieux vivre, elle serait donc inutile et à ne pas rechercher.


II. Transition : si nous aspirons presque naturellement à la vérité, quand nous ne pensons pas déjà la posséder, peut-on se contenter de ce rapport « utilitariste » à la vérité ?
A - Il y a un devoir de chercher la vérité
B - en tant qu'être de raison,même si la vérité dérange et n'apporte rien, on ne peut lui préférer l'illusion réconfortante ou le mensonge avantageux.
C - en tant qu'être humain, doué de conscience réfléchie, on se doit de sortir de l'inconscience et de l'ignorance pour accéder au savoir. Noblesse oblige.
D - la vérité vaut pour elle-même, comme la connaissance. Elle est une valeur au même titre que le Bien et le Beau. On se doit de tendre vers elle. Elle vaut pour elle-même et nous relativement à nos intérêts et désirs.
E - faire de la recherche de la vérité un devoir et pas seulement une nécessité, c'est se contraindre à ne pas se contenter de connaissances mêmes efficaces. C'est ce sens de la valeur de la vérité, qui anime le scientifique et fait qu'il ne se contente pas ce qu'il a découvert, vérifié, prouvé et qu'il qualifie seulement de probabilité, de vérités provisoires,pratiques. La Vérité reste l'horizon de sa recherche. On retrouve la même chose chez le philosophe, que cherche sans cesse la vérité, et ne prétend jamais l'avoir trouvé.
F - Donc poser la vérité, comme objet d'un devoir, c'est la poser comme une exigence imposant à l'homme des exigences.

Transition : il semble que la recherche de la vérité nous soit imposée en tant qu'homme, mais on peut cependant se demander si ce devoir de rechercher la vérité n'est pas discutable


III. Un devoir de chercher la vérité discutable
A - Nietzsche voit dans cette exigence de vérité, posée comme valeur de l'existence, une position socratique « L’énonciation de la vérité à tout prix est socratique » écrit-il dans Le livre du philosophe. Cette exigence de vérité peut avoir des effets pervers, comme le rejet de l'art réduit à une puissance d'illusion, puissance salvatrice qui sauve de la vérité.
B - Ce devoir de vérité posée comme valeur absolue entraîne aussi la dévaluation d'autres valeurs vitales. Au nom de ce devoir de vérité, on congédie le monde sensible, « philosopher, c'est apprendre à mourir »
C - ce devoir de chercher la vérité masque son origine purement sociale, utilitariste : « L’homme exige la vérité et la réalise dans le commerce moral avec les hommes; c’est là-dessus que repose toute vie en commun. On anticipe les suites malignes des mensonges réciproques. C’est de là que naît le devoir de vérité. » et de la rechercher. Mais si on admet cette origine, on admet aussi que le mensonge et l'illusion sont acceptables si avantageux et agréable, ce qu'interdit un devoir de vérité.
D - cette recherche de la vérité peut détourner de la vie.

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 22:49
par Steph
Serions-nous plus libres sans l'Etat ?
Je trouve se sujet particulièrement intéressant, il traite les notions d'anarchie, d'économie de marché, de néolibéralisme,
l' homme soumis aux marques, dépendant des marchés sans contrôle.
Le fait qu'un état démocratique surveille et contrôle les dérives humaines au nom de la liberté me rassure.

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 18 juin 2012 23:07
par Steph
dinosaure a écrit : L'épreuve 2012 de branlette intellectuelle est donc commencée.

Au fait, vous ai-je dit que je haïssais la philo ? :confus12
Tu t'ai mangé un 4/20 au bac ?
Je comprend que tu n'aimes pas cette matière :content36

Re: coup d'envoi du Bac 2012 avec la philo

Posté : 19 juin 2012 04:42
par mordred
Que l'on enseigne cette matière à petite dose, oui. Mais est-il nécessaire d'en faire une épreuve au BAC ? Une dictée ne serait-elle pas préférable ? :icon_winks: