La CIA alimentait des détenus par voie rectale
Posté : 11 décembre 2014 02:28
Privation de sommeil, coups ou alimentation rectale: l'agence américaine a eu recours à un large éventail d'actes de torture, comme le confirme le rapport du Sénat publié mardi.
Une faute?
Le rapport accablant contre l'agence américaine, publié mardi par la commission du Renseignement du Sénat, accuse la CIA d'avoir soumis ses détenus durant plusieurs années à des «techniques d'interrogatoires renforcées à répétition pendant des jours et des semaines». Les captifs ont été projetés contre des murs, dénudés, jetés dans des bains glacés, empêchés de dormir pendant parfois plus d'une semaine, frappés, menacés, humiliés.
Beaucoup de supplices détaillés dans le long rapport du Sénat avaient été documentés dans des mémorandums confidentiels du ministère de la Justice en 2002 et 2005 --sous la présidence de George W. Bush-- et dévoilés par l'administration de son successeur Barack Obama au printemps 2009.
Maintenus éveillés pendant 180 heures
Le rapport égrène les multiples «gifles au visage» et coups «au ventre» infligés aux détenus de la CIA, par ailleurs copieusement «insultés». La technique du «walling» consiste à placer la personne interrogée contre un mur. L'enquêteur la tire alors vers lui avant de la repousser violemment contre le mur.
Le détenu pouvait être maintenu éveillé pendant une durée maximale d'«à peu près 180 heures», c'est-à-dire «pendant sept jours et demi», dans une position physique des plus inconfortables: «debout avec les mains au niveau ou au-dessus de la tête» enchaînées et accrochées au plafond. Le prisonnier de la CIA pouvait être aussi enfermé dans une pièce entièrement éclairée 24h sur 24h. Des enceintes crachant parfois de la musique à très haut volume.
Dans une boîte de la taille d'un cercueil pendant 266 heures
Entre juin et août 2002, le Palestinien Abou Zoubeida fut «placé à l'isolement pendant 47 jours sans être interrogé», relève le rapport. Le confinement était encore plus redoutable: Abou Zoubeida fut placé dans une boîte de la taille d'un cercueil pendant 266 heures, soit plus de 11 jours, et dans une boîte encore plus petite pendant 29 heures, où il continuait d'être interrogé. Ce prisonnier étant terrifié par les insectes, ses interrogateurs en introduisaient dans la boîte, en l'informant toutefois que les piqures ne seraient ni mortelles, ni douloureuses.
Dans un centre secret d'interrogatoires, identifié par le Sénat sous le nom de «COBALT», un détenu pouvait être maintenu dans le noir complet, debout, les mains attachées au-dessus de la tête et le plus souvent nu. Le chef des interrogatoires au «COBALT», cité dans le rapport, expliquait en 2003 que ce site secret ressemblait beaucoup selon lui à «un donjon». Dans l'obscurité totale du «COBALT», douches ou bains d'eau glacée étaient régulièrement infligés aux prisonniers.
Simulation de noyade
La simulation de noyade (waterboarding) est la technique la plus tristement connue. Le détenu était attaché à un banc incliné, ses pieds surélevés. Un linge placé sur son front et ses yeux. Puis l'enquêteur versait de l'eau sur le linge qu'on déplaçait pendant l'opération sur le nez et la bouche du prisonnier. Sa respiration était ainsi entravée pendant 20 à 40 secondes. L'opération pouvait recommencer après trois ou quatre inspirations. «La technique du waterboarding fut physiquement nuisible, provoquant convulsions et vomissements», dénonce le rapport.
Une torture souvent utilisée au «COBALT»: cinq agents de la CIA se mettaient à hurler sur un détenu, le sortaient de sa cellule, avant de le dénuder, de l'enrouler dans du film plastique et de le projeter au sol. Il était ensuite traîné dans un couloir, frappé et giflé. L'Afghan Gul Rahman, mort au «COBALT» en novembre 2002, avait été retrouvé le corps couvert de contusions.
Réhydratations et alimentation rectales
Plus classiques, les menaces psychologiques étaient largement proférées par les interrogateurs de la CIA, selon le Sénat: menaces contre les familles et les enfants des détenus. Menaces d'«agression sexuelle» sur la mère d'un prisonnier ou de «trancher la gorge de la mère» d'un autre.
Technique particulièrement humiliante, au moins cinq détenus ont subi des «réhydratations rectales» forcées et ont été «alimentés par voie rectale sans aucune nécessité médicale», souligne le rapport du Sénat. D'autres prisonniers se sont vu administrer des breuvages censés «limiter les vomissements durant les séances de waterboarding ».
source : /www.20min.ch/
Une faute?
Le rapport accablant contre l'agence américaine, publié mardi par la commission du Renseignement du Sénat, accuse la CIA d'avoir soumis ses détenus durant plusieurs années à des «techniques d'interrogatoires renforcées à répétition pendant des jours et des semaines». Les captifs ont été projetés contre des murs, dénudés, jetés dans des bains glacés, empêchés de dormir pendant parfois plus d'une semaine, frappés, menacés, humiliés.
Beaucoup de supplices détaillés dans le long rapport du Sénat avaient été documentés dans des mémorandums confidentiels du ministère de la Justice en 2002 et 2005 --sous la présidence de George W. Bush-- et dévoilés par l'administration de son successeur Barack Obama au printemps 2009.
Maintenus éveillés pendant 180 heures
Le rapport égrène les multiples «gifles au visage» et coups «au ventre» infligés aux détenus de la CIA, par ailleurs copieusement «insultés». La technique du «walling» consiste à placer la personne interrogée contre un mur. L'enquêteur la tire alors vers lui avant de la repousser violemment contre le mur.
Le détenu pouvait être maintenu éveillé pendant une durée maximale d'«à peu près 180 heures», c'est-à-dire «pendant sept jours et demi», dans une position physique des plus inconfortables: «debout avec les mains au niveau ou au-dessus de la tête» enchaînées et accrochées au plafond. Le prisonnier de la CIA pouvait être aussi enfermé dans une pièce entièrement éclairée 24h sur 24h. Des enceintes crachant parfois de la musique à très haut volume.
Dans une boîte de la taille d'un cercueil pendant 266 heures
Entre juin et août 2002, le Palestinien Abou Zoubeida fut «placé à l'isolement pendant 47 jours sans être interrogé», relève le rapport. Le confinement était encore plus redoutable: Abou Zoubeida fut placé dans une boîte de la taille d'un cercueil pendant 266 heures, soit plus de 11 jours, et dans une boîte encore plus petite pendant 29 heures, où il continuait d'être interrogé. Ce prisonnier étant terrifié par les insectes, ses interrogateurs en introduisaient dans la boîte, en l'informant toutefois que les piqures ne seraient ni mortelles, ni douloureuses.
Dans un centre secret d'interrogatoires, identifié par le Sénat sous le nom de «COBALT», un détenu pouvait être maintenu dans le noir complet, debout, les mains attachées au-dessus de la tête et le plus souvent nu. Le chef des interrogatoires au «COBALT», cité dans le rapport, expliquait en 2003 que ce site secret ressemblait beaucoup selon lui à «un donjon». Dans l'obscurité totale du «COBALT», douches ou bains d'eau glacée étaient régulièrement infligés aux prisonniers.
Simulation de noyade
La simulation de noyade (waterboarding) est la technique la plus tristement connue. Le détenu était attaché à un banc incliné, ses pieds surélevés. Un linge placé sur son front et ses yeux. Puis l'enquêteur versait de l'eau sur le linge qu'on déplaçait pendant l'opération sur le nez et la bouche du prisonnier. Sa respiration était ainsi entravée pendant 20 à 40 secondes. L'opération pouvait recommencer après trois ou quatre inspirations. «La technique du waterboarding fut physiquement nuisible, provoquant convulsions et vomissements», dénonce le rapport.
Une torture souvent utilisée au «COBALT»: cinq agents de la CIA se mettaient à hurler sur un détenu, le sortaient de sa cellule, avant de le dénuder, de l'enrouler dans du film plastique et de le projeter au sol. Il était ensuite traîné dans un couloir, frappé et giflé. L'Afghan Gul Rahman, mort au «COBALT» en novembre 2002, avait été retrouvé le corps couvert de contusions.
Réhydratations et alimentation rectales
Plus classiques, les menaces psychologiques étaient largement proférées par les interrogateurs de la CIA, selon le Sénat: menaces contre les familles et les enfants des détenus. Menaces d'«agression sexuelle» sur la mère d'un prisonnier ou de «trancher la gorge de la mère» d'un autre.
Technique particulièrement humiliante, au moins cinq détenus ont subi des «réhydratations rectales» forcées et ont été «alimentés par voie rectale sans aucune nécessité médicale», souligne le rapport du Sénat. D'autres prisonniers se sont vu administrer des breuvages censés «limiter les vomissements durant les séances de waterboarding ».
source : /www.20min.ch/