Mesoke a écrit : ↑15 mars 2025 22:28
Les PUF sont une maison d'édition qui publie des livres scientifiques. Un livre qui critique un concept qui n'existe pas ET dont les auteurs ont un gros conflit d'intérêt n'est pas un livre scientifique. Il n'a donc rien à faire dans le catalogue des PUF.
Mais ne vous inquiétez pas ce livre pourra tout à fait sortir chez Hachette, Bolloré est moins regardant sur ses publications de désinformation.
Les Puf publient des ouvrages de toutes les disciplines du champ universitaire et que je sache, la littérature ou la philo ne sont pas des sciences.
Malgré ses contours imprécis, la pensée, ou culture woke existe bel et bien mon bon Mesoke.
Elle est lisible dans l'esprit de ceux qui voudraient en faire taire toute critique en pratiquant sa négation et en tentant de la réduire à une vaine poussée réactionnaire, histoire de décrédibiliser ses auteurs, selon le bon vieux terrorisme intellectuel d'usage.
Quelques éclairages, (J-D Ponci) :
Les principaux éléments de la culture woke sont déjà présents dans l’exemple souvent cité de ce qu’il s’est passé à l’université d’Evergreen en 2017, estime le jeune philosophe Jean-David Ponci dans la revue suisse Le Regard libre. Ces événements ont fait suite à la décision prise en 2015 par le nouveau président de l’université d’instaurer un plan pour l’équité, dans le but de lutter contre toute forme de racisme, alors qu’il n’y avait « pas de signes clairs de racisme » sur ce campus situé dans l’État de Washington, à l’extrême nord-ouest des États-Unis.
Deux ans plus tard, sur des indices ténus, un professeur de biologie est accusé de racisme par des étudiants et certains enseignants : « Quand il demande des preuves, on lui répond que le fait même qu’un Blanc exige des preuves, c’est du racisme avec un R majuscule. » Des étudiants ont alors « pris le pouvoir », empêchant certains enseignants de donner leur cours, faisant la police, armés de battes de baseball. L’enseignant incriminé a dû démissionner sans avoir pu se défendre.
La principale conception en cause, écrit Ponci, est le « racisme systémique », l’idée qu’il « existerait des discriminations inscrites au cœur de l’organisation sociale et que toute personne blanche perpétuerait sans le vouloir ce système d’oppression ». C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les multiples traits de la « culture woke » : toute catégorie jugée défavorisée est de ce fait victime de discrimination, toute « minorité fragilisée » doit disposer « d’outils pour assurer sa sécurité » et notamment se protéger des « micro-agressions ». Des qualificatifs péjoratifs, comme « raciste », « transphobe », etc., servent à « disqualifier toute opinion déplaisant au groupe ». Ce ne sont pas des mots pour engager un débat, mais pour « empêcher la discussion ».
Fondée sur « une bonne intention », celle de « protéger les plus faibles » et « rétablir l’égalité », la culture woke, qui est une « idéologie », ouvre en fait la voie à de nouvelles formes de domination, car elle « fait passer l’appartenance [au groupe] avant les actes et les mérites concrets de chaque personne ». C’est une manifestation du « communautarisme » et le ressort de la cancel culture, « stratégie visant à boycotter les adversaires idéologiques ». Pour Jean-David Ponci, « la confiscation de la liberté de parole et la gratuité des accusations rappellent la dynamique des régimes totalitaires ».
https://shs.cairn.info/dossiers-2023-49-page-1?lang=fr
Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve.
Hölderlin