Violences, attouchements… Treize plaintes, dont onze concernant l’établissement « SFX » d’Ustaritz, déposées ce jeudi
Posté : 10 avril 2025 08:31
Il sera au tribunal de Bayonne ce jeudi à 10 heures. Gilles Parent, 63 ans, porte-parole du collectif des anciens élèves de l’établissement privé catholique Saint-François Xavier (SFX) d’Ustaritz, au Pays basque, va déposer auprès du procureur treize plaintes d’anciens élèves, dont onze concernant cet établissement catholique. Une autre concerne une école catholique située à Domezain, près de Saint-Palais ; et la dernière, déposée par Gilles Parent, porte sur des faits de violence commis au sein de l’école primaire publique Jean-Jaurès, à Anglet.
Trois des plaintes concernant « SFX » portent sur des faits d’attouchement sexuel, et huit pour des faits de violence, sur une période courant de 1960 à 2005. En dehors de ce corpus de plaintes, une autre sera déposée le 15 avril - à titre individuel - par un ancien élève scolarisé à Ustaritz qui a aussi connu Bétharram par la suite, Cyril Ganne. Il y dénonce des faits de viol, commis par d’autres élèves alors qu’il avait 9 ans.
D’anciens élèves qui décrivent une violence gratuite
Les plaintes déposées ce jeudi seront donc les toutes premières concernant « SFX ». « J’ai attendu d’en avoir une dizaine pour les porter au procureur de la République », explique à 20 Minutes Gilles Parent, qui a créé le groupe Facebook des anciens élèves de Saint-François Xavier le 22 février. Il compte désormais près de 180 membres. L’ancien élève, lui-même victime de violence au sein de cet établissement, ne se fait pas d’illusion : « Je pense que tous les faits tombent sous le coup de la prescription. Mais à titre personnel, cela ne change pas grand-chose : ce qui est important, c’est de déposer plainte pour valider nos témoignages. Au bout de tout cela, ce que j’espère, c’est que les victimes soient reconnues. »
Baffes monumentales, coups de baguette ou de règle en bois, tirage de cheveux, d’oreille… Ces anciens élèves décrivent une violence gratuite, de la part de surveillants et d’enseignants, quasi quotidienne. « C’était le mode de fonctionnement de cet établissement » nous dit l’entre eux. Il y a également le cas des violences sexuelles, notamment des attouchements qui auraient été commis par des enseignants.
Après Ustaritz, « quand je suis entré à Bétharram, je savais dans quoi je mettais les pieds… »
Cyril Ganne, 51 ans, déposera donc de son côté une plainte pour viol, commis par un autre élève en 1983, mardi prochain à la gendarmerie. Il avait déjà adressé une plainte au procureur de Pau le 17 février pour des violences subies à Bétharram, établissement qu’il a fréquenté entre 1987 et 1991 après Ustaritz.
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« Les deux affaires sont liées » explique à 20 Minutes le quinquagénaire, aujourd’hui résidant en Suisse. « Quand j’ai écrit au procureur de Pau pour parler de Bétharram, j’ai dû évoquer Ustaritz, car j’ai eu une réaction de défense à Bétharram liée à mon passé à SFX. » Il nous raconte qu’un jour, le surveillant surnommé « Cheval », la « terreur » des internes à Bétharram, « après m’avoir frappé, a commencé à poser ses mains sur moi. Et comme à Ustaritz, j’ai vécu un viol. Cette fois-ci je me suis défendu et je l’ai repoussé. »
Ce viol, selon son récit, a été commis alors qu’il venait tout juste d’entrer à Saint-François Xavier. « J’ai été coincé dans la cour par des élèves et j’ai été violé, en public. Et après je me suis retrouvé étiqueté et harcelé : j’ai été traité de « pédé » - je condamne ce terme - pendant toute l’année. »
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