Le RN accusé de « déstabiliser son propre pays » avec cette photo aux côtés de l’ambassadeur américain
Posté : 14 décembre 2025 05:53
Charles Kushner a publié un cliché sur lequel il apparaît aux côtés de Marine Le Pen et Jordan Bardella qui lui ont, dit-il, exposé « leur vision de ce qui attend la France ».
13/12/2025 12:43
EN BREF
• Charles Kushner, ambassadeur américain en France, a publié une photo avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, suscitant des critiques.
• La gauche française accuse le Rassemblement National de servir les intérêts étrangers, notamment ceux de Donald Trump
• Jordan Bardella dit ne pas admirer de dirigeants étrangers, malgré ses éloges pour des leaders comme Donald Trump
Une photo très décriée où rien n’a été laissé au hasard. Vendredi 12 décembre, l’ambassadeur des États-Unis en France Charles Kushner a publié sur ses réseaux sociaux un cliché où il apparaît, tout sourire, aux côtés de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. L’émissaire de Donald Trump à Paris écrit en légende avoir « apprécié cette opportunité d’en savoir plus sur le programme économique et social du Rassemblement national », qui lui a permis, explique-t-il, de mieux connaître « leur vision de ce qui attend la France ».
L’homme n’en est pas à sa première rencontre avec des personnalités politiques puisque quelques jours plus tôt, c’étaient Édouard Philippe, Bruno Retailleau ou Laurent Nuñez qui étaient reçus dans les mêmes circonstances.
Mais le rendez-vous avec les deux leaders de l’extrême droite française revêt une autre dimension, alors que les États-Unis de Donald Trump s’acharnent à remodeler leurs alliances à l’échelle internationale. Le 5 décembre était notamment publié un document sur la stratégie de sécurité nationale du pays, dans lequel la nouvelle doctrine trumpienne est explicitée. L’Union européenne y est largement décriée, décrite comme « faible » et « déclinante ». Sa supposée « perte d’identité » est aussi pointée : le Vieux continent serait en proie à « un effacement civilisationnel » notamment dû à ses « politiques migratoires ». Une vision pas si éloignée du concept conspirationniste de « grand remplacement ».
Pour empêcher l’Europe de prendre cette pente catastrophiste, le président américain assume de soutenir des candidats qu’il décrit comme nationalistes, en fait d’extrême droite. Ainsi érige-t-il en modèle le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, proche de Vladimir Poutine et adversaire de l’aide à l’Ukraine, qui s’en prend régulièrement aux droits des femmes et des personnes LGBT+.
« Ingérence de Trump » selon LFI
Le fait de voir réunis sur la même photo l’un de ses très proches, en l’occurrence l’ambassadeur Charles Kushner, et deux leaders de l’extrême droite européenne, Marine Le Pen et Jordan Bardella, n’est donc pas anodin. Et cela n’a pas manqué de faire réagir certains responsables politiques de gauche.
« Le Rassemblement national au service de l’étranger », fustige la députée européenne de La France insoumise Manon Aubry. Elle accuse la formation d’extrême droite « d’accourir servilement pour déstabiliser son propre pays au profit de la doctrine d’ingérence de Trump ». La crainte exprimée par de nombreux acteurs de la vie publique est en effet que les prochaines élections organisées en France, et notamment la présidentielle prévue en 2027, soient le théâtre d’ingérences et de pressions extérieures.
Le député insoumis Aurélien Saintoul ironise sur le même cliché, moquant « Marine Le Pen et son stagiaire venus prendre leurs ordres auprès du représentant de Donald Trump ». « Ils sont ravis : ils n’auront pas besoin de se fâcher avec leur banquier Vladimir Poutine », ajoute-t-il. Même avis pour le secrétaire général du Parti socialiste Pierre Jouvet, selon qui Marine Le Pen et Jordan Bardella ne sont rien d’autre que « les candidats de Trump et de Poutine » en France.
Bardella jure n’avoir « aucune admiration »
Jeudi 12 novembre, soit la veille de sa rencontre avec Charles Kushner, le patron du RN avait pourtant affirmé n’entretenir aucune proximité particulière avec l’administration américaine. « Je n’ai aucune admiration pour un dirigeant étranger quelconque », a-t-il déclaré sur BFMTV lors d’une discussion portant notamment sur la guerre en Ukraine. Jordan Bardella, qui n’en est pas à une approximation près, expliquait quelques minutes plus tôt, qu’il était « très heureux que dans le camp occidental il y ait des leaders courageux comme Georgia Meloni [en Italie], ou comme Donald Trump, qui veulent arrêter la guerre et qui sont capables de se mettre autour d’une table pour décréter les conditions de la paix ».
Comme pour éteindre la polémique, l’ambassade américaine en France assure à l’AFP qu’elle « s’entretient régulièrement avec un vaste éventail de partis politiques et de responsables, et qu’elle entend continuer à le faire ».
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 58184.html
13/12/2025 12:43
EN BREF
• Charles Kushner, ambassadeur américain en France, a publié une photo avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, suscitant des critiques.
• La gauche française accuse le Rassemblement National de servir les intérêts étrangers, notamment ceux de Donald Trump
• Jordan Bardella dit ne pas admirer de dirigeants étrangers, malgré ses éloges pour des leaders comme Donald Trump
Une photo très décriée où rien n’a été laissé au hasard. Vendredi 12 décembre, l’ambassadeur des États-Unis en France Charles Kushner a publié sur ses réseaux sociaux un cliché où il apparaît, tout sourire, aux côtés de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. L’émissaire de Donald Trump à Paris écrit en légende avoir « apprécié cette opportunité d’en savoir plus sur le programme économique et social du Rassemblement national », qui lui a permis, explique-t-il, de mieux connaître « leur vision de ce qui attend la France ».
L’homme n’en est pas à sa première rencontre avec des personnalités politiques puisque quelques jours plus tôt, c’étaient Édouard Philippe, Bruno Retailleau ou Laurent Nuñez qui étaient reçus dans les mêmes circonstances.
Mais le rendez-vous avec les deux leaders de l’extrême droite française revêt une autre dimension, alors que les États-Unis de Donald Trump s’acharnent à remodeler leurs alliances à l’échelle internationale. Le 5 décembre était notamment publié un document sur la stratégie de sécurité nationale du pays, dans lequel la nouvelle doctrine trumpienne est explicitée. L’Union européenne y est largement décriée, décrite comme « faible » et « déclinante ». Sa supposée « perte d’identité » est aussi pointée : le Vieux continent serait en proie à « un effacement civilisationnel » notamment dû à ses « politiques migratoires ». Une vision pas si éloignée du concept conspirationniste de « grand remplacement ».
Pour empêcher l’Europe de prendre cette pente catastrophiste, le président américain assume de soutenir des candidats qu’il décrit comme nationalistes, en fait d’extrême droite. Ainsi érige-t-il en modèle le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, proche de Vladimir Poutine et adversaire de l’aide à l’Ukraine, qui s’en prend régulièrement aux droits des femmes et des personnes LGBT+.
« Ingérence de Trump » selon LFI
Le fait de voir réunis sur la même photo l’un de ses très proches, en l’occurrence l’ambassadeur Charles Kushner, et deux leaders de l’extrême droite européenne, Marine Le Pen et Jordan Bardella, n’est donc pas anodin. Et cela n’a pas manqué de faire réagir certains responsables politiques de gauche.
« Le Rassemblement national au service de l’étranger », fustige la députée européenne de La France insoumise Manon Aubry. Elle accuse la formation d’extrême droite « d’accourir servilement pour déstabiliser son propre pays au profit de la doctrine d’ingérence de Trump ». La crainte exprimée par de nombreux acteurs de la vie publique est en effet que les prochaines élections organisées en France, et notamment la présidentielle prévue en 2027, soient le théâtre d’ingérences et de pressions extérieures.
Le député insoumis Aurélien Saintoul ironise sur le même cliché, moquant « Marine Le Pen et son stagiaire venus prendre leurs ordres auprès du représentant de Donald Trump ». « Ils sont ravis : ils n’auront pas besoin de se fâcher avec leur banquier Vladimir Poutine », ajoute-t-il. Même avis pour le secrétaire général du Parti socialiste Pierre Jouvet, selon qui Marine Le Pen et Jordan Bardella ne sont rien d’autre que « les candidats de Trump et de Poutine » en France.
Bardella jure n’avoir « aucune admiration »
Jeudi 12 novembre, soit la veille de sa rencontre avec Charles Kushner, le patron du RN avait pourtant affirmé n’entretenir aucune proximité particulière avec l’administration américaine. « Je n’ai aucune admiration pour un dirigeant étranger quelconque », a-t-il déclaré sur BFMTV lors d’une discussion portant notamment sur la guerre en Ukraine. Jordan Bardella, qui n’en est pas à une approximation près, expliquait quelques minutes plus tôt, qu’il était « très heureux que dans le camp occidental il y ait des leaders courageux comme Georgia Meloni [en Italie], ou comme Donald Trump, qui veulent arrêter la guerre et qui sont capables de se mettre autour d’une table pour décréter les conditions de la paix ».
Comme pour éteindre la polémique, l’ambassade américaine en France assure à l’AFP qu’elle « s’entretient régulièrement avec un vaste éventail de partis politiques et de responsables, et qu’elle entend continuer à le faire ».
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 58184.html